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Analyse

Feux de forêt: Des enquêteurs qui doivent se réveiller...

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5019 Le 09/05/2017 | Partager
50% des cas d’incendie sont de cause inconnue
53 personnes traduites devant la justice en 2016
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Près de 170.000 ha ont été ravagés entre 1960 et 2015. Durant les deux dernières décennies, les années 2004 et 2012 ont été les plus ravageuses

«50 ans de vie, 5 minutes de feu». Le slogan de sensibilisation du Haut commissariat aux eaux et forêts sonne comme un avertissement. En 2016, un peu plus d’une cinquantaine de personnes on été appréhendées par la Gendarmerie royale et traduites en justice. Son périmètre d’intervention se limite au rural où se concentrent les forêts.  

Après enquêtes, les contrevenants ont tous été accusés d’être liés de près ou de loin à des incendies de forêt. La Gendarmerie royale ne donnera pas plus de détails lors d’une réunion tenue le mercredi 3 mai à Rabat au Centre de gestion des risques climatiques forestiers. Impossible de connaître le type d’infractions portant atteinte au domaine forestier, la nature et le nombre des condamnations, les motifs du forfait, l’évolution des délits et le taux de récidive.

«Renforcer les investigations pour l’aboutissement des enquêtes relatives aux causes des incendies» est l’une des recommandations de 2017 du Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification. A part ses agents, la Gendarmerie royale, la police judiciaire et les autorités locales sont également concernées par cette recommandation (voir ci-dessous).

Même si 50% des cas d’incendie sont d’origine inconnue, le Haut commissaire, Abdeladim Lhafi, demeure rassurant: «Nous n’avons heureusement pas chez nous de pyromanes absolus et encore moins de causes naturelles de feu comme la foudre. Ce qui est le cas par exemple en Russie et au Canada». Au Maroc, le bilan de 2016 fait état de 2.585 ha endommagés par un peu plus de 420 incendies.

«Certes, le nombre des incendies a connu une baisse de 6% par rapport à la moyenne des dix dernières années. Mais les feux de forêt restent préoccupants eu égard à l’impact du changement climatique, au taux de boisement, à l’aridité du climat et aux contraintes de la reconstitution des espaces boisés», alerte le Centre de gestion des risques climatiques forestiers. Le Maroc compte près de 9 millions d’ha de forêts, soit 12% du territoire national.

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La comparaison entre les deux décennies 1997-2006 et 2007-2016 démontre qu’il y a une amélioration dans la gestion des feux de forêt. Nous sommes passés de 9 ha brulés par incendie dans les années 1990 à 6 ha actuellement 

La négligence humaine est dans 40% des cas à l’origine des départs de feu. «Qui dit négligence, dit feu de paille allumé après une moisson, un apiculteur qui se débarrasse imprudemment de son enfumoir après la récolte du miel», relèvent les Eaux et Forêts.

Les charbonniers sont aussi à l’origine des départs de feu de forêt, et ce au même titre que les campeurs et pique-niqueurs inconscients. En termes de sensibilisation, «l’efficacité d’un canal de communication est pratiquement proche de zéro lorsque les causes d’un incendie de forêt sont purement délictuelles», précise Abdeladim Lhafi. Sur le plan réglementaire, une réflexion fait son chemin (voir page précédente).

Un autre aspect, fiscal cette fois-ci, doit être revu au nom de la cause environnementale. La sensibilisation (saisonnière) du grand public passe par les spots radio et TV, articles de presse, distribution de flyers surtout en été dans les autoroutes et les ports....

Pour les Eaux et Forêts, «même si nous bénéficions d’une réduction de 75% sur les fréquences de passage d’un spot audiovisuel, cela reste insuffisant». De la conception à la diffusion, une capsule coûte entre 5 et 10 millions de DH. «Nous ne vendons ni carte recharge (téléphonique) ni concentré de tomates. En principe, la campagne de sensibilisation doit être fiscalement exonérée», estime à juste titre Abdeladim Lhafi.

                                                                              

Spoliation des terres: Lhafi écarte tout danger 

«On peut perdre la forêt mais pas le terrain. Les délits de suppression du couvert végétal se font les jours du souk et le week-end,  surtout  le samedi entre 16h et 17h», assure le haut commis de l’Etat. Le choix de cette plage horaire n’est pas anodin: «Les contrevenants ont toute la nuit devant eux. Car les avions n’interviennent pas le soir pour éteindre les feux de forêt», précise l’administration en charge de la lutte contre les incendies. Certes, la Gendarmerie fait des efforts énormes, mais il faut encore plus pour mettre la main sur les auteurs des feux de forêt (voir ci-dessus): 10% des incendies sont dus à des actes volontaires motivés par l’exploitation des terres comme pour la plantation de cannabis, particulièrement au nord du pays.

La vigilance de quelque 2.000 guetteurs d’incendie a également un rôle décisif. Plus l’alerte est rapide, moins il y a de dégâts. En termes de renseignement, leur connaissance du terrain est d’un apport substantiel pour les enquêteurs.
Le domaine forestier est menacé par un autre danger: spoliation foncière et promotion immobilière. Pour les Eaux et Forêts, «ce débat est clos car ce domaine est inaliénable». Ce principe connaît par contre trois exceptions. D’abord, l’occupation temporaire de 3 ans, renouvelable deux fois. C’est le cas pour l’exploitation des carrières, les chantiers BTP...

Il y a ensuite «l’échange immobilier» qui intervient lorsqu’un terrain a perdu sa vocation forestière. Soit il sera recyclé en forêt urbaine via le plan d’aménagement de la ville et demeure ainsi dans le domaine forestier. Soit le terrain est troqué par les Eaux et Forêts contre une autre propriété. Cette procédure dite «valeur contre valeur» est actée par un décret signé par le Premier ministre. Une commission mixte détermine ainsi la valeur du domaine forestier objet d’un échange immobilier.
Il existe finalement une 3e exception à l’inaliénabilité du domaine forestier. C’est l’expropriation pour cause d’utilité publique. La construction d’un barrage ou d’une autoroute par exemple rentre dans ce cas de figure.

 

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