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Analyse

Risque pays: Le Maroc tient le lead régional

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5016 Le 04/05/2017 | Partager
Il affiche la meilleure note (A4) Coface en Afrique du Nord
Un bémol dans l’environnement des affaires: les délais de paiement
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Sofia Tozy, économiste du groupe Coface chargée de l'Afrique du Nord, l'Europe du Sud et la zone euro (Ph. Jarfi)

Basée à Paris, Sofia Tozy fait partie de l’équipe des économistes du groupe Coface. Elle est chargée de la veille et du suivi de l’Afrique du Nord, de l’Europe du Sud et de la zone euro. Au regard du groupe d’assurance-crédit, le Maroc apparaît comme un pôle de stabilité dans sa région. On a souvent tendance à l’oublier, insiste l’experte de la Coface. C’est à cette stabilité politique et à ses perspectives économiques que le Maroc doit sa note risque pays (A4), la plus élevée de tous les pays en Afrique du Nord. Elle pourrait s’améliorer s’il parvient à décrocher son PIB de la météo dans l’agriculture, c’est-à-dire qu’il enchaîne plusieurs années de croissance soutenue. Ce n’est pas encore le cas car la croissance est encore trop volatile. Les différentes stratégies sectorielles lui en ouvrent l’opportunité.

■ Appréciation du risque pays: La note du risque pays que produit Coface est fondée sur une évaluation de plusieurs piliers: l’environnement macroéconomique, l’expérience de paiement, l’environnement des affaires et le risque politique et bancaire. La grille des risques de l’assureur-crédit va de la note A1 à E, celui-ci correspondant à des situations caractérisées par une situation économique dégradée et de grosses incertitudes et menaces politiques.  Ce sont des pays que l’assureur-crédit ne couvre pas ou peu.

Depuis plusieurs années, le Maroc maintient la note A4. C’est le seul pays en Afrique du Nord à garder encore ce niveau de risque pays. L’Egypte est en C, l’Algérie, engluée dans les difficultés économiques dues à la chute du cours du pétrole et l’incertitude  liée à la succession d’Abdelaziz Bouteflika, a été rétrogradée en C. La Tunisie est notée B.

L’évolution du risque pays du Maroc a très peu changé depuis plusieurs années. Qui n’avance pas recule? C’est bien plus complexe que cela, tempère Sofia Tozy, économiste chez Coface.  Malgré une croissance économique fluctuante et très dépendante de la pluviométrie (différentiel de 2 points de croissance minimum entre une bonne et une moins bonne année agricole). Normalement, dans une économie avancée, un ralentissement de l’activité déboucherait sur une dégradation de la note du risque pays. Mais pour le Maroc, cette approche est inopérante du fait de la variabilité de la progression de son PIB qui est un paramètre presque structurel. C’est cela qui explique le maintien de sa notation.

Dans sa région, l’économie marocaine se démarque très clairement. Sauf que les pays de benchmark (Egypte, Algérie, Tunisie) ne sont pas des références au regard de leur situation actuelle. L’économiste de la Coface justifie: «Ce n’est pas une question de référence mais de résistance et de trajectoire sachant que l’économie marocaine a été exposée aux mêmes types de risques (printemps arabe et sa suite).

On a souvent tendance à l’oublier, fait-elle remarquer avec insistance. C’est ce qui explique la stabilité de la note risque pays du Maroc. En revanche, pour que cette note s’améliore, il faudrait plusieurs années consécutives de croissance stable et que l’on observe un vrai décrochage du PIB de l’agriculture. Pour l’instant, ce n’est pas encore le cas. La consommation de 40% de la population étant étroitement liée à la campagne agricole, le moindre problème de pluviométrie ralentit toute l’économie

La Banque mondiale dit, elle, que si le Maroc n’arrive pas à accélérer sa croissance, ce n’est pas qu’un problème de pluies, mais de réformes structurelles qui ne sont pas menées. Quelle est l’analyse de la Coface? Il y a deux types d’approches. La première, l’analyse structurelle, est celle de la Banque mondiale. Elle insiste, à juste titre, sur une croissance inclusive sur des tendances de long terme de façon à créer plus d’emplois et relever le niveau de vie général.

La deuxième approche est celle de Coface, elle est de type conjoncturel. Elle consiste à analyser la situation d’un pays à un instant «T» avec des facteurs environnementaux qui l’entourent. Et au final, à donner aux entreprises des éléments d’appréciation pour exporter ou investir dans le pays.

■ Environnement des affaires: Globalement, celui-ci est en amélioration tant sur le cadre réglementaire que sur les délais d’instruction des procédures, analyse Sofia Tozy. Avec la note A4, la situation marocaine est relativement positive sur ce plan. Mais il y a quand même un bémol, à savoir les délais de paiement des marchés publics. Que veut dire une note A4 à un fournisseur de l’Etat qui se fait payer à plus d’un an? Pas grand-chose probablement. L’experte de la Coface tempère: l’environnement des affaires intègre aussi le cadre réglementaire. «Quand on travaille avec le secteur public, les délais de paiement sont traditionnellement longs. L’avantage avec l’Etat est qu’on est sûr d’être payé mais on ne sait pas quand», tranche l’économiste de Coface.   

■ Risque politique: Toutes les officines d’analyse du risque pays ont scruté la longue période des négociations qui avait précédé la formation du gouvernement au Maroc. Le pays est en transition, et c’est assez intéressant de se retrouver dans des problématiques classiques observées dans les pays de longue tradition démocratique, notamment les tractations en vue de constituer une coalition gouvernementale, analyse Sofia Tozy. Chez Coface, c’est surtout l’impact de cette période de flottement précédant la formation du gouvernement sur le projet de loi de finances et la poursuite des réformes qui a été passée au crible. Au final, au niveau régional, le Maroc se démarque plutôt pour sa stabilité. C’est ce qu’il faudrait retenir car, bien souvent, l’on a tendance à l’oublier, fait remarquer l’économiste de la Coface. Le pays était exposé aux mêmes risques que les autres Etats de la région.

■ Les investisseurs sont en apnée en Europe
La succession des échéances électorales en Europe place les opérateurs économiques en situation d’attentisme. Les entreprises sont quasiment en apnée et attendent tous avec impatience les résultats des élections en France, en Allemagne et en Italie.

■ Une nouvelle enquête sur les délais de paiement
Coface est sur le point de lancer une troisième enquête sur les délais de paiement au Maroc. En tant qu’assureur, nous couvrons les entreprises qui exportent vers le Maroc et des entreprises marocaines qui exportent. Nous enregistrons des impayés et des sinistres et pas les délais.

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