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Analyse

Comptes consolidés: Que valent les normes marocaines

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5009 Le 24/04/2017 | Partager
Les sociétés tiraillées entre les IFRS et les standards locaux
La situation financière dépend du référentiel adopté
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A l’exception des sociétés faisant appel public à l’épargne, le passage aux normes financières internationales  reste facultatif (Ph. AFP)

En matière de communication financière, le reporting financier est un instrument incontournable. Il est censé donner une image fidèle et transparente de la situation financière d’une société. Une information indispensable à la prise de décision des dirigeants, des opérateurs économiques désireux d’investir dans une entreprise ou qui l’ont déjà fait, des bailleurs de fonds...

«Les rapports financiers doivent répondre aux exigences des actionnaires, qui ont besoin de prendre une décision rapide sur la base d’informations justes et en temps réel», explique Nadia El Biaz, directrice générale du groupe l’ISCAE(1).

Il existe deux référentiels: l’un national et le second international tel que les IFRS. Un grand fossé sépare les deux. Ce qui n’est pas sans susciter l’angoisse des managers, des producteurs de chiffres, des investisseurs, des différents utilisateurs de l’information financière… Certaines entreprises, particulièrement celles faisant appel public à l’épargne ou opérant dans des secteurs régulés, se trouvent même confrontées à un triple référentiel.

Elles sont tenues de produire des rapports individuels selon la norme comptable marocaine, puis de consolider leurs comptes quand elles font partie d’un groupe et de se conformer aux principes édictés, par exemple, par un régulateur ou conformément au référentiel IFRS.

«Les référentiels comptables sont souvent divergents sur certaines notions fondamentales, telles que la prédominance du fond ou de la forme, de la substance ou de la forme prêchée par les IFRS ou encore la pertinence de la juste valeur par rapport au coût historique», signale Fawzi Brittel, président de l’Association marocaine de comptabilité (AMC).

Par conséquent, bien qu’ils soient tous censés donner une image fidèle de la situation financière d’une société, les rapports établis selon des référentiels différents donnent une vision qui peut être divergente. Ce qui donne du fil à retordre aux investisseurs et aux professionnels des chiffres qui désirent procéder à une analyse comparative ou à une appréciation correcte du «coût-rendement» en s’appuyant sur des informations financières théoriquement incomparables.

Pour Brittel, la pluralité de référentiels ne signifie pas forcément une pluralité d’images fidèles. Il s’agit en fait d’informations présentées au marché sous des perspectives différentes. Ainsi, la norme IFRS présente la situation financière d’une entreprise avec le maximum de détails. Ce qui n’est pas le cas de la norme nationale.

Par conséquent, les indicateurs d’une société peuvent apparaître sous un grand jour s’ils sont présentés selon la norme nationale et dans une situation moins valorisante lorsque les comptes sont établis selon le référentiel IFRS. D’ailleurs, les rapports élaborés sur la base de cette norme sont toujours volumineux car ils comportent plus de détails.

Une entreprise peut donc paraître plus endettée si elle se base sur cette norme que si elle adopte le référentiel national. Est-ce donc la principale raison qui explique que beaucoup de structures préfèrent s’en tenir à la norme nationale? En fait, il faut savoir qu’à l’exception des établissements de crédit, le référentiel IFRS n’est pas obligatoire. Cependant, certaines structures y adhèrent de manière volontariste. Il est probable qu’à l’avenir la norme devienne obligatoire à toutes les sociétés faisant appel public à l’épargne.

L’application des normes IFRS pour l’élaboration des comptes sociaux n’est pas un signe de prestige, mais elle informe les investisseurs, notamment étrangers, sur la situation financière de la société sur la base d’un référentiel international. En ce sens, il constitue un moyen de communication universel. Ce n’est pas par hasard si le référentiel IFRS a été adopté par plus de 80 pays et utilisé par plusieurs millions d’entreprises dans le monde.

Un investissement lourd

Par ailleurs, l’adoption des IFRS suppose un investissement conséquent car il faut passer par un conseil spécialisé et former ses effectifs appelés à produire les rapports. De plus, les IFRS sont une norme évolutive, qui est régulièrement mise à jour à l’inverse de la norme comptable marocaine. Ce qui oblige les utilisateurs à assurer la formation continue des collaborateurs. «Une modification substantielle du contenu du compte transforme l’image donnée de la santé d’une entreprise, de sa taille et de sa productivité», prévient Rachid Mrabet, vice-président de l’AMC et président du Centre d’études doctorales du groupe ISCAE. Et d’ajouter que le changement de référentiel comptable induit un changement fondamental de paradigme dans la gestion de la société. La comptabilité n’étant plus une simple formalité d’enregistrement des transactions, mais un moyen pour engager une stratégie de développement.

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(1) C’était lors d’un séminaire organisé par le Centre des études doctorales de l’ISCAE et l’Association marocaine de comptabilité.

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