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Economie

Mémorandum Banque mondiale: Elargir l’AMO aux populations exclues

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5009 Le 24/04/2017 | Partager
Offrir une couverture aux indépendants et professions libérales
Confier la gestion du Ramed à un autre organisme
Le ministère de la Santé doit se concentrer sur le pilotage et la régulation
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Le système de santé repose d’abord sur des hommes et des femmes. Le secteur a besoin de plus de ressources formées et, surtout, motivées (Ph. L’Economiste)

La santé n’est pas un secteur comme les autres. L’intervention de l’Etat y reste incontournable. C’est en substance ce que pensent les experts de la Banque mondiale. Cela est d’autant plus vrai dans le cas du Maroc, où les inégalités dans l’accès aux soins, entre régions et couches sociales, sont encore trop prononcées.

L’élargissement de la couverture maladie mutualisée fait partie de ses principaux défis. Mais il ne suffit pas d’élargir, encore faut-il que l’offre de soins puisse répondre à la demande, à la fois en quantité et en qualité. Cela implique, pour la Banque, l’intégration de l’offre privée, à condition qu’elle soit «mieux régulée».  

Pour la réforme de la couverture médicale, un comité de pilotage et un comité technique interministériels (placés sous l’autorité du chef du gouvernement) ont bien été mis en place. «Cette vision commune et cohérente devra nécessairement faire l’objet de consultations avec les autres parties prenantes, notamment la société civile, en particulier les patients», souligne-t-on.

L’accent est, également, mis sur l’harmonisation des régimes existants, à travers la définition d’un panier de soins essentiels et de prestations universelles. L’on suggère, aussi, que les régimes dédiés aux salariés soient étendus au secteur libéral, tout en harmonisant les taux de couverture et les tickets modérateurs. L’institution relève, en outre, la nécessité d’élargir la couverture à de nouvelles catégories. L’AMO pourrait, par exemple, profiter aux indépendants et professions libérales. Les critères d’éligibilité au Ramed pourraient, également, être revus.

La gouvernance, c’est l’autre grand challenge du système de santé. C’est en fait ce qui permettra de faciliter l’extension de la couverture médicale. La recette de la Banque mondiale pour la gouvernance comprend plusieurs ingrédients. Il s’agit principalement de coordonner les différentes modalités de financement de la couverture médicale (budget de l’Etat, cotisations sociales, primes d’assurance) et de limiter sa fragmentation en vue de réaliser des économies d’échelle.

«En d’autres termes, une structure institutionnelle intégrée et appuyée par un système d’information performant permet de réduire les coûts de gestion de la couverture médicale», explique l’institution. Elle suggère, aussi, la séparation entre les fonctions de gestion financière et de prestation de soins.

Cette séparation permettrait d’éviter que les organismes gestionnaires orientent les assurés vers leurs propres services de soins au lieu de les envoyer dans des services externes plus efficients. D’un autre côté, elle empêcherait que l’institution en charge du pilotage et de la régulation du système (le ministère de la Santé, en général) ne dévie de sa mission. L’on recommande, ainsi, que la gestion des ressources du Ramed soit confiée à un autre organisme, nouveau ou déjà existant.

Il est, par ailleurs, préconisé que le ministère de la Santé délègue la gestion de ses établissements de santé ou les rende autonomes. Il pourrait donc se concentrer sur le pilotage et la régulation, le contrôle de la quantité et de la qualité de l’offre, les négociations multipartites, la veille et la promotion de la santé. Cela est d’autant plus important qu’il n’existe pas de système généralisé de régulation et de contrôle des fournisseurs de soins de santé au Maroc.

Des statistiques vieilles de deux ans

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Il n’existe toujours pas de système d’information et de gestion sanitaire intégré dans le secteur. Les données, collectées par chaque entité, sont souvent redondantes. Les statistiques nationales, pour leur part, sont publiées avec un retard de deux ans. La prise de décision se base donc sur des informations vieilles de deux ans… Le secteur privé, lui, ne participe pas au SI géré par le ministère de tutelle.
Pour la Banque mondiale, «la rareté des données contribue au manque de transparence et de redevabilité dans le secteur. Elle complique, en outre, la tâche du gouvernement pour évaluer le succès des réformes». Il faut donc, d’abord, commencer par la mise en place d’un SI intégré.

                                                                             

Mieux investir et mieux dépenser

IL en va sans dire, le Maroc, toujours à la traîne par rapport aux autres pays de la région, doit investir davantage dans la santé. «Les crédits budgétaires devront évoluer en fonction des besoins réels», insiste la Banque mondiale. Des besoins qui restent «relativement mal connus, du fait du manque d’informations sur l’état de la santé et l’accès aux soins de la population».

Les dépenses, elles, doivent être réalisées sur la base de l’activité et des effectifs de la population et non en fonction des dépenses des années précédentes. Un premier pas a été franchi avec la réforme budgétaire basée sur la «programmatique», encourageant la transparence et la redevabilité.

Il est possible d’économiser des ressources budgétaires grâce au développement des soins primaires (préventifs). Les traitements préventifs étant moins coûteux que les traitements curatifs. D’autant plus que les Marocains sont de plus en plus victimes de maux chroniques nécessitant un suivi médical sur le long terme. Les maladies non transmissibles constituent, actuellement, les premières causes de décès au Maroc (75%). Les soins primaires doivent être considérés comme une priorité.   

Afin de mieux cibler les investissements, l’institution suggère l’élaboration d’une carte sanitaire, avec les maladies qui affectent le plus les personnes résidant en milieu rural. Les services de santé mobiles (testés dans de nombreux pays), en particulier pour les populations enclavées, peuvent également être une source d’efficacité.

Les établissements de santé, pour leur part, sont appelés à plus de discipline et de «redevabilité» envers les populations, et à enrayer la corruption qui les gangrène. Cela passe par un fort leadership de médecins chefs, un esprit d’équipe, une volonté de coordination entre les services locaux et régionaux, ainsi qu’un «système complet de doléances».       

Le personnel de santé, quant à lui, devrait être à la fois compétent et motivé, grâce à des incitations financières, des opportunités alléchantes de carrière, des évaluations récompensant la performance de manière «transparente et juste» et des formations continues. Cela aurait, par la même occasion, le mérite d’améliorer la qualité des prestations et de réduire le taux d’absentéisme.

 

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