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Economie

Mémorandum Banque mondiale/Santé: Pronostic vital engagé!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5009 Le 24/04/2017 | Partager
Un quart de la population n’a pas accès aux soins
Moins de 35% des dépenses de santé sont mutualisées
6,2 médecins pour 10.000 habitants, l’Algérie et la Tunisie en ont le double!
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Par rapport à ses concurrents directs dans la région, le Maroc enregistre le pire ratio de mortalité maternelle. Selon la Banque mondiale, avec une meilleure prise en charge et une meilleure répartition des soins, 90% des décès maternels seraient évitables. Le Maroc est, également, classé dernier en matière de mortalité infanto-juvénile

Cela va sans dire, un capital humain bien dans son corps et son esprit ne peut être que performant et productif. La santé a un effet certain sur le développement économique. Le mémorandum que la Banque mondiale a remis au gouvernement, et que L’Economiste a publié en exclusivité (voir L’Economiste N° 5008, du 21 avril 2017) relève que la santé compte pour 20 à 30% dans la variation des revenus entre les pays (son apport immatériel est encore plus difficile à mesurer).

Trois mécanismes peuvent expliquer cela: les retombées démographiques et de fertilité, les effets sur la productivité et la formation du capital humain, et enfin, sur l’épargne et l’investissement. En effet, l’allongement de l’espérance de vie encourage davantage l’épargne et l’investissement.

Au Maroc, même si beaucoup de progrès ont été réalisés depuis l’indépendance, les performances restent bien en dessous de celles de la région (voir illustration). Les Marocains bénéficient, par exemple, de seulement 6,2 médecins par 10.000 habitants (le double en Algérie et en Tunisie, 37,1 en Espagne). En termes de santé mentale, ils disposent de moins d’un lit pour 10.000 habitants, contre une moyenne internationale de 4,4 lits.

Par ailleurs, en raison du poids de l’informel, de la faiblesse des affiliations des travailleurs agricoles et de la couverture des indépendants, uniquement 60% de la population, selon les estimations les plus optimistes, bénéficient d’un financement mutualisé des soins de santé (entre Ramed et AMO). La contribution directe à la charge des ménages reste donc importante.

La part des dépenses mutualisées dans les dépenses totales de santé est inférieure à 35%, contre une moyenne de 50% dans la région Mena. Conséquence, près du quart des habitants ne se font pas soigner lorsqu’ils tombent malades (le tiers en milieu rural)! De manière générale, la demande de soins par personne est de seulement 0,6 consultation médicale par an, alors que la moyenne dans la zone OCDE est de 6,6. L’accès est aussi fortement inégalitaire. Les catégories les plus pauvres ne représentent que 11% dans les demandes de soins à l’hôpital et 13% dans celles de soins de santé primaires.

Le secteur souffre aussi de nombreux dysfonctionnements, tels que «l’absentéisme élevé du personnel, l’incapacité à mettre en place une politique de rétention et de gestion active des carrières,  la double pratique et l’inadaptation des formations», fustige la Banque mondiale. Sans compter le problème de gouvernance, la centralisation du système, le manque de coordination des politiques publiques, les paiements informels, la faible implication des usagers, communautés et collectivités locales dans l’élaboration des politiques de santé…  

Les services de soins primaires (basés sur la prévention) en sont, par ailleurs, encore aux balbutiements, alors que le pays est en pleine transition épidémiologique, avec une prévalence de maladies chroniques dont le traitement est coûteux (diabète, hypertension, …). «L’importance historiquement accordée aux structures tertiaires au détriment des services de soins primaires et de prévention constitue un challenge pour la soutenabilité financière du secteur sur le long terme», prévient la Banque mondiale.

Les disparités régionales, en termes d’allocation des ressources et de répartition du personnel sont, en outre, énormes. Le privé, pour sa part, se développe, même si le public reste dominant, mais de manière «peu organisée et peu réglementée».

De fortes inégalités

En moyenne, l’on compte 2.107 personnes par médecin au Maroc. Néanmoins, la répartition est plus que déséquilibrée en fonction des régions. La Banque mondiale livre des chiffres édifiants là-dessus (en utilisant l’ancienne répartition administrative des régions). Dans celle de Taza-Al Hoceima-Taounate, par exemple, cette part est multipliée par deux. A Casablanca, elle est divisée par deux! Le nombre d’habitants par infirmier(ère) est également très inégal. Il est de 2.147 à Casablanca, contre seulement 571 à Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra. Les habitants des zones rurales sont les moins bien servis. Par exemple, seule la moitié des accouchements des femmes rurales s’opère en présence d’un personnel médical qualifié. Pour les femmes urbaines, le taux est de 92%. En Jordanie, par exemple, l’accès à des accouchements assistés est quasiment égal entre les villes et les campagnes. Côté secteur privé, près de 50% des médecins sont basés dans l’axe Casablanca-Rabat (2009). Au-delà de l’enjeu de l’équité sociale, «une réorganisation profonde du système pourrait conduire à des gains économiques importants», souligne la Banque mondiale.

 

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