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Economie

Mémorandum Banque mondiale/Croissance: Les scénarios possibles à l'horizon 2040

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5009 Le 24/04/2017 | Partager
Un rattrapage économique accéléré possible
L'amélioration de la productivité et du taux d'emploi incontournable
Le maintien du modèle actuel impliquerait un déficit de la balance de paiement de 20% du PIB
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Le maintien du scénario de croissance actuel se traduirait par des gains de productivité et une croissance de l'emploi faible.  Une croissance forte n’est pas envisageable à long-terme au Maroc sans des gains de productivité sensiblement plus rapides que ceux observés actuellement

A quoi ressemblera l'économie du Maroc en 2040? Tout dépendra de la qualité des politiques publiques et de la stratégie de développement qui seront poursuivies. L'atout pour les 25 prochaines années sera incontestablement la transformation démographique jugée porteuse d'un potentiel de croissance élevé. Mais à condition de le saisir. La Banque mondiale a réalisé les projections et identifié trois scénarios.

Le plus favorable et souhaitable se base sur des changements jugés ambitieux mais réalistes: C'est un scénario de rattrapage économique accéléré.  Il préconise une rupture totale avec le schéma de croissance  actuel et se baserait sur la combinaison de trois éléments: amélioration de la productivité de 2% par an contre 1,2% actuellement, du taux d'emploi et de l'investissement.

«La stratégie de développement et les politiques publiques devraient se focaliser sur l'amélioration de la productivité. Ceci suppose que la priorité soit donnée à l'investissement dans le capital immatériel et à la modification de la stratégie de développement basée principalement sur des politiques sectorielles», souligne l'institution internationale.

Les politiques sectorielles sont certes ambitieuses et mobilisent des moyens budgétaires importants mais elles peinent à atteindre leurs objectifs. «Le point commun à l’ensemble de ces plans est l’absence d’expérimentation initiale. La mise en place de projets pilotes avant la généralisation aurait permis d’identifier les difficultés, d’acquérir de l’expérience et d’améliorer la conception des interventions», soutiennent les experts de l'institution internationale.

L'amélioration de la productivité nécessite ainsi des transformations structurelles profondes comme cela a été constaté dans les pays qui ont réussi le décollage économique. Elle doit s'accompagner d'une amélioration du taux d'emploi de la population en âge de travailler de 10 points pour atteindre 55% en 2040.

Recentrer le modèle de croissance sur les gains de productivité

Les gains de productivité cumulés à un taux d'emploi plus élevé se traduiraient par une croissance moyenne durablement forte, autour de 4,5% par an pendant 25 ans. Un rythme qui serait légèrement supérieur à la tendance observée au cours des dernières années.

«A la différence du modèle de croissance actuel fondé sur l'accumulation de capital, ce modèle de croissance s'appuierait sur des gains de productivité et des créations d'emplois, ce qui le rendrait parfaitement soutenable à long terme», estime la Banque mondiale.

Dans ce scénario, le taux d'investissement serait maintenu à un niveau stable pour préserver les équilibres macroéconomiques. Ce qui impliquerait un affaiblissement de la contribution du capital à la croissance qui serait plus que compensé par le redressement de la productivité et de l'emploi.

Sans l'accélération de la productivité, le scénario le plus plausible serait celui d'une lente convergence. Elle permettrait de restaurer les fondamentaux et de ramener le déficit de la balance de paiement autour de 2% du PIB. Cela nécessiterait de stabiliser l'investissement à 29% du PIB. Le stock de capital se réduirait mécaniquement ainsi que sa contribution à la croissance du PIB.

Dans ses projections, la Banque mondiale estime que le taux de croissance du capital passerait de 5,4% en 2000-2015 à 3% en 2015-2030 avant de ralentir à 2,4% en 2030-2040. L'impact négatif sur la croissance du PIB s'élèverait donc à plus de 1%. Le taux de croissance s'essoufflerait à environ 3% alors que le taux d'emploi gagnerait 3%, pour atteindre 48%.

Dans ce scénario de convergence lente, les perspectives d'emplois seraient peu satisfaisantes avec plus de la moitié de la population en âge de travailler dans l'inactivité. Selon la Banque mondiale, les conséquences d'un ralentissement de la croissance seraient importantes sur le niveau de vie, la réduction de la pauvreté et le rythme de convergence du Maroc vers les pays émergents à haut revenu et vers les pays d'Europe du sud. Ainsi sur la période 2015-2040, le PIB par habitant ne serait multiplié que de 1,8 et le niveau de vie des Marocains représenterait à peine 32% de celui des pays d'Europe du Sud en 2040.

Pour l'institution internationale, la dynamique macroéconomique des années récentes est une préfiguration de ce scénario. Or la restauration des équilibres ne pourrait résister longtemps à une reprise économique portée par la demande intérieure, avertit l'institution internationale.

Pourquoi le modèle actuel est insoutenable

Le maintien du scénario de croissance actuel se traduirait par une multiplication du revenu par habitant par 2,5 et donc par un gain substantiel de niveau de vie. Le Maroc convergerait relativement rapidement vers les économies européennes: son PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat pourrait atteindre 40% du niveau européen à l'horizon 2040, contre 22%aujourd'hui. Sauf que, la croissance de l'emploi et les gains de productivité resteraient faibles. Et donc la source principale de la croissance proviendrait de celle du stock de capital. Par conséquent, le taux d'investissement devrait continuellement augmenter pour compenser la dépréciation du capital accumulé. Ainsi un rythme de progression du capital de 5,4% par an durant la période 2015-2040 nécessiterait une hausse graduelle du taux d'investissement pour dépasser 50% du PIB en 2040. Or, en supposant que le taux d'épargne reste à son niveau actuel relativement élevé, le déséquilibre épargne-investissement se traduirait par un déficit croissant de la balance des paiements courants, qui atteindrait plus de 20% du PIB. «Un tel niveau de déficit est tout simplement irréaliste et le pays se verrait confronté à une crise profonde de la balance des paiements bien avant d'atteindre ce niveau de déficit», soutient la Banque mondiale.

                                                                             

Une société ouverte, la recette

Comment modifier les règles du jeu pour réussir l'émergence? «L'accélération du processus endogène de transition du Maroc vers une société ouverte», répond la Banque mondiale. Cela passe par une meilleure application des règles existantes. Car la  capacité d’une société à mettre en œuvre et faire respecter les règles communes constitue un élément essentiel du capital social des nations.

Deux circonstances exceptionnelles pourraient déclencher cette accélération de la transition du Maroc: la mise en œuvre rapide et complète de l’esprit et des principes de la Constitution de 2011 et l'application non moins rapide et complète du Statut avancé et d’un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) avec l’Union européenne. «Dans les deux cas, la portée et l’ampleur des changements pourraient de manière endogène et irréversible faire évoluer l’Etat, l’économie et la société marocaine vers un équilibre supérieur à l’équilibre actuel», souligne la Banque mondiale.

L'institution estime que l'émergence du nouveau contrat social envisagé dans la Constitution de 2011 pourrait ouvrir la voie au type de transformation historique qui s’est produit dans d’autres parties du monde au cours des dernières décennies.

 

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