Economie

L’emploi des jeunes, l’urgence absolue

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
Améliorer le climat des affaires et promouvoir la concurrence
Les gains d’un régime de change plus flexible
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Shanta Devarajan: «Encourager les exportations et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales constitue un autre levier important pour accroître la compétitivité…»  (Ph. Bziouat)

Les transformations que connaît le Maroc appellent à l’élaboration de réformes structurantes. L’objectif est de permettre au pays de gagner en compétitivité et en productivité, tout en assurant une croissance inclusive. Shanta Devarajan, économiste en chef pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, Banque mondiale, revient sur les enjeux.

- L’Economiste: Quels sont à votre avis les réformes que le nouveau gouvernement doit accélérer?
- Shanta Devarajan:
Le Maroc connaît des transformations importantes de son économie et de sa société qui appellent à l’élaboration de réformes structurantes permettant au pays de gagner en compétitivité et en productivité, tout en assurant une croissance inclusive. Concernant les réformes les plus pressantes, je pense qu’une des priorités serait la lutte contre le chômage, surtout celui des jeunes et des femmes. Et cela passe par la mise en place d’un environnement favorable pour permettre une création importante d’emplois dans le secteur formel.
Cet objectif passe à son tour par des réformes liées à la compétitivité pour améliorer le climat des affaires et promouvoir la concurrence.
Enfin, qui dit compétitivité dit niveau d’éducation. Ancrer l’enjeu de l’éducation dans celui de la croissance est essentiel pour renforcer les compétences, notamment techniques et scientifiques dans le marché de l’emploi et favoriser ainsi l’émergence de secteurs innovants à plus forte valeur ajoutée. Cela commence dès la petite enfance en mettant l’accent sur le renforcement des capacités non-cognitives chez l’enfant, tel que démontré par le rapport de la Banque mondiale intitulé: «Développement de la petite enfance dans la région Moyen-Orient Afrique du Nord».

- Le passage progressif à un régime de change plus flexible annoncé par la Banque centrale contribuera-t-il à renforcer la compétitivité du Maroc?
- Effectivement, un régime de change plus flexible aiderait l’économie marocaine à maintenir ou à augmenter sa compétitivité face aux chocs externes et à la concurrence internationale.  A titre d’exemple, en cas de chute du prix du phosphate sur le marché international, l’économie peut rebondir plus vite avec un ajustement du taux de change qu’avec un régime de taux de change fixe.

- Quels sont les facteurs de risque?
- Un des principaux risques liés à un régime de change plus flexible est que l’économie soit confrontée à de plus fortes pressions inflationnistes par rapport à un régime de change fixe. La contrepartie d’une plus grande flexibilité du taux de change est en effet la maîtrise de la politique monétaire de façon à trouver le meilleur équilibre possible entre croissance et inflation. Etant donné le taux d’inflation global faible, et l’impératif de booster la croissance pour générer de l’emploi, il me semble que le risque inflationniste est aujourd’hui plus faible que le risque associé à une faible croissance.
Propos recueillis par
Fatim-Zahra TOHRY

 

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