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Economie

Transit portuaire: Soupçon d’entente sur les prix

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5002 Le 13/04/2017 | Partager
La CGEM exige du régulateur de clarifier la facturation
Ses parlementaires veulent une loi sur les agents maritimes
Le Conseil de la concurrence en veilleuse depuis octobre 2013
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 La Banque mondiale avait estimé les coûts logistiques au Maroc à près de 20% du PIB. Le contrat-programme signé entre le gouvernement et la CGEM avait pour objectif de les ramener à 15% à fin 2015. Aucune étude n’est venue mesurer la performance logistique depuis cette date (Ph. Jarfi)

Après son coup de gueule sur la hausse des frais portuaires, la CGEM a tenu, mardi 11 avril, sa première réunion avec le management de l’Agence nationale des ports (ANP). Le patronat était représenté par sa commission logistique, la Fédération du transport et l’Association marocaine des freight forwarders.

Les débats étaient focalisés sur la grille tarifaire de la chaîne logistique dont les tarifs portuaires, de manutention, les prestations des agents maritimes… «Il  apparaît qu’il y a eu effectivement une réduction des frais de magasinage avec un retour de la franchise à 5 jours depuis le 14 novembre 2016 et que les concessionnaires des terminaux à conteneurs n’ont fait qu’opérer la régularisation de la révision de 2%, prévue par les tarifs publics plafonnés en 2007 par l’ANP et qui n’avait pas été effectuée depuis dix ans», explique Mohammed Talal, président de la Commission logistique de la CGEM.

Ce qui n’a pas manqué de susciter la colère des opérateurs du commerce extérieur tant à l’import qu’à l’export. «Le réajustement des tarifs par les manutentionnaires et surtout les agents maritimes a conduit à des coûts très importants. C’est la raison pour laquelle la CGEM et l’ANP ont convenu d’ouvrir un chantier commun portant sur l’analyse des tarifs des différents maillons de la chaîne pour revoir l’ensemble du système de facturation et éliminer des charges sans aucune création de valeur telles que les frais divers, la taxe handling charge, les frais documentaires…», ajoute Abdelilah Hifdi, président de la Fédération du transport.

Pour comprendre la problématique de la relation au sein de la trilogie «opérateurs du commerce extérieur, manutentionnaires et agents maritimes», il faut remonter à la période d’avant la réforme de 2006. A l’époque, les transactions relatives à la manutention terre étaient réalisées directement avec les manutentionnaires sans passer par les intermédiaires. D’où d’importantes économies. La réforme mise en œuvre par Karim Ghellab, ministre du Transport de l’époque, dans un souci d’efficacité, avait pour objectif de déboucher sur l’unicité de l’interlocuteur au niveau de la facturation. Un réaménagement qui a permis aux agents maritimes de se positionner en passage obligé pour la facturation.

En principe, la dématérialisation de l’essentiel des procédures liées au commerce extérieur via la plateforme PortNet devait introduire de nouvelles règles du jeu et se traduire par des économies grâce à la suppression des formalités papier assez coûteuses. Mais à en croire les opérateurs, l’impact économique se fait toujours attendre. Pis encore: «La comparaison entre les factures laisse apparaître une forte présomption d’entente sur les tarifs», confie Hifdi. Sur ce point, l’on s’interroge sur la passivité du Conseil de la concurrence, en veilleuse depuis octobre 2013. En tout cas, le patronat compte demander officiellement la remise à plat et la refonte totale de tout le système de facturation du transit portuaire.

L’analyse des fondements de la réforme portuaire de 2006 indique également que la polémique autour des coûts ne concerne que le transit du trafic par container. En effet, pour le vrac, le sucre ou les céréales par exemple, les manutentionnaires facturent directement leurs prestations aux clients sans passer par les agents maritimes. Et visiblement ici, les tarifs ne suscitent pas de remous.

Il faut donc conclure que des chantiers méritent d’être ouverts pour démystifier le système de facturation mis en place avec la réforme, cerner la quote-part de chaque intervenant dans le coût global comparativement à la nature de ses prestations et de sa valeur ajoutée dans le processus de transit portuaire. Le but étant de revoir le système de facturation en vigueur en vue d’éliminer les interventions qui ne font que renchérir le coût de passage. La CGEM demandera également un projet de loi pour encadrer le métier des agents maritimes.

Régulateur, mais pas global

Les disparités de tarifs des services portuaires procèdent d’une divergence au niveau de l’encadrement des différentes activités au sein des ports. Certains prix sont réglementés par l’ANP, d’autres sont libres car ils sont appliqués par des intervenants hors du champ d’intervention du régulateur. Les différents intervenants ne sont pas tous sous la même tutelle. Les deux manutentionnaires portuaires, Marsa Maroc ou Somaport, dépendent de l’ANP, qui est en même temps régulateur, tandis que les agents maritimes relèvent de la Direction de la marine marchande (ministère de l’Equipement). Mais vu qu’ils interviennent dans les ports, l’ANP a toujours son mot à dire dans la mesure où elle est chargée de veiller à la concurrence loyale au sein du marché. Comment expliquer cet immobilisme?

 

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