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1er salon du Sardi: «La commercialisation hors Aïd Al Adha peu développée»

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:4990 Le 28/03/2017 | Partager
Les intermédiaires, principale cause
Labéliser la race pour d’autres débouchés
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Pour Abderrahim Asri, docteur vétérinaire, acteur associatif et président de l’Association du salon national professionnel du Sardi, il faudrait penser à des dispositions complémentaires au Plan Maroc vert en faveur de cette race (Ph. JEH)

- L’Economiste: Un salon exclusif pour le Sardi. Pourquoi et qu’en attendiez-vous?
- Abderrahim Asri: Ce 1er salon professionnel est d’abord destiné à honorer la race Sardi dans son berceau qui est le plateau des Béni Meskine qui relève territorialement de la province de Settat. C’est aussi pour rendre hommage aux éleveurs qui, en dépit d’années successives de sécheresse, ont pu, quand même, continuer à maintenir l’élevage de cette race unique en Afrique du nord, voire dans toute l’Afrique et le monde arabe. Il faut l’avouer, ils l’ont préservée, amélioré sa productivité et sont en passe de lui donner une valeur commerciale et génétique assez confortable par rapport aux autres races. D’autant plus que le Sardi a connu un gain de productivité, mais qui, malheureusement, se heurte encore à un problème commun à tous les produits agricoles, celui de la commercialisation, de la valeur ajoutée. Il faut aller au-delà de la production, il faut valoriser le Sardi et le salon est une ébauche dans ce sens.  

- La commercialisation de cette race reste toujours liée à Aîd Al Adha. Pourquoi?
- Absolument. Le marché du Sardi se limite actuellement à hauteur de 90% à la préparation des animaux pour l’abattage de l’Aïd. Mais ces ovins, il faut les préparer à partir de femelles et de la génétique. C’est ce qui fait qu’il existe dans les régions d’élevage une décomposition du secteur en deux catégories: les naisseurs, qui sont les éleveurs qui ont fourni un important effort en génétique et les multiplicateurs qui préparent les animaux pour l’Aïd. Ces derniers se doivent donc de sécuriser leur marché et cela ne peut se faire que si on régule, un tant soit peu, la demande par rapport à l’offre. Il y a des années où l’on se retrouve en situation de surproduction et ce sont les éleveurs et les multiplicateurs qui en bavent. D’autres années, on est en sous-production, mais ce n’est pas l’éleveur qui en profite mais les intermédiaires. Donc, il faut instaurer un système de commercialisation qui profite à tous et de manière régulière. Mais cela ne peut se faire que si on préserve la race, on la labélise et on lui trouve un débouché autre que le marché local. Je pense au monde arabe, à l’Europe, à l’Afrique de l’ouest…   

- Le Plan Maroc vert a-t-il prévu quelques dispositions particulières en faveur de cette race?
- Ce sont des dispositions générales qui ont été prévues pour tout le cheptel ovin. Il n’y en a pas spécifiquement pour chaque race. Et cela se limite à un soutien à la production. Et nous estimons aujourd’hui que le soutien à la production est dépassé du moment que les éleveurs et producteurs ont su apprivoiser la sécheresse et assurer la continuité de leur production. Par contre, leur souci principal demeure les débouchés, la commercialisation des ovins Sardi. S’il y a un vœu, c’est qu’il y ait des dispositions complémentaires au Plan Maroc vert qui permettent d’organiser et d’améliorer au fur et à mesure le circuit de commercialisation et aussi l’abattage et la distribution.
Il faut dire que l’éleveur ne sait actuellement «faire» que le mouton de l’Aïd. Et personne ne s’est posé la question pourquoi ne pas abattre le Sardi quand il est encore plus jeune. Les agneaux et les agnelles peuvent fournir épaules et gigots à longueur d’année et qui peuvent être commercialisés avec un label. Le fait de ne produire que pour l’Aïd prouve qu’il y a une déficience dans la valorisation du produit. Il y a aussi d’autres volets qui ne sont pas pris en compte dans la valorisation du Sardi. Il s’agit de la laine et des peaux. Les métiers autour de leur traitement sont de plus en plus rares. Il faut penser à fédérer autour de ces métiers par exemple dans le cadre de coopératives notamment féminines.
Propos recueillis par Jamal Eddine HERRADI

 

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