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Culture

Mehdi Qotbi: L'architecte culturel de la capitale

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4990 Le 28/03/2017 | Partager
L’Afrique en Capitale: un mois d’intenses activités culturelles à partir d’aujourd’hui
Picasso, une exposition mondiale au MMVI
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En véritable architecte de la culture, Mehdi Qotbi multiplie les manifestations artistiques et les expositions internationales faisant de la capitale un pôle culturel au niveau du continent  (Ph. FNM)

C’est un homme très affairé que nous avons reçu il y a quelques jours au siège de L’Economiste à Casablanca. Mehdi Qotbi, le président de la Fondation nationale des musées (FNM), mettait les dernières touches à un évènement culturel majeur de la ville de Rabat. L’Afrique en Capitale, que le Souverain a inauguré jeudi 23 mars en présence du Roi Abdallah de Jordanie. Un mois d’intenses activités culturelles: Art contemporain, cinéma, musique, débats d’idées, art urbain et mise en lumière du patrimoine, l’événement, qui ouvre ses portes au public aujourd’hui 28 mars, se veut une célébration de la convivialité, la création et la culture africaine. Affable comme à l’accoutumée, Mehdi Qotbi ne peut s’empêcher, entre deux réponses à nos questions, de répondre au téléphone. «C’est le directeur de la douane», dit-il comme pour s’excuser. Il faut dire que L’Afrique en Capitale coïncide avec  un autre événement de taille organisé par le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI): la toute première exposition marocaine consacrée à Picasso (du 19 avril au 31 juillet 2017). Réunissant plus de cent œuvres, tableaux, sculptures, céramiques, photographies, dessins et estampes issus des collections du Musée national Picasso-Paris, l’exposition exceptionnelle, en Afrique et dans le monde arabe. Le président de la FNM, qui prépare également l’ouverture prochaine du musée de l’Histoire des civilisations, promet également  Claude Monet et Eugène Delacroix en 2019 et 2020. De quoi confirmer la capitale du Royaume dans son rôle de «ville lumière».

- L’Economiste: «L’Afrique en Capitale» est un événement artistique pluridisciplinaire qui célèbre le continent au sein de la capitale.  Quelle est la genèse de ce projet?
- Mehdi Qotbi: C’est le souhait de Sa Majesté qui a voulu que  Rabat soit  au cœur culturel de l’Afrique. Sa Majesté m’a demandé d’organiser cet évènement il y a plus de six mois. Il savait que le timing était bon pour que l’Afrique soit célébrée à Rabat. Plus de 30 pays seront représentés à travers les conférences, expositions, concerts, ou autres performances de street-art. Le cinéma et le foot seront également à l’honneur. C’est toute la ville de Rabat  et, à travers elle, le Maroc, qui célèbre son africanité, son appartenance au continent.

- Vous annoncez Delacroix en 2020 au MMVI. Un grand maître du romantisme a-t-il sa place dans un musée d’art moderne et contemporain?
- Oui, tout à fait. Il faut savoir que Delacroix a été l’inspirateur de la modernité. D’ailleurs, je refuse qu’on dise que Delacroix est un peintre orientaliste. Il ne la jamais été. Delacroix a été l’ambassadeur de la lumière et de la couleur du Maroc. Delacroix a également beaucoup inspiré les peintres impressionnistes à commencer par Van Gogh. Degas avait également 6 peintures de Delacroix qu’il admirait  tout comme Mon net et Cézanne. Delacroix, pour moi, était réellement dans la modernité.

- Récapitulons: César en 2015, Giacometti en 2016, Picasso en 2017, une exposition consacrée à la Méditerranée en 2018, Monet en 2019, et donc Delacroix en 2020. Le MMVI enchaîne les grandes expositions internationales… Comment faites-vous pour attirer ces expositions au Maroc, en Afrique?
- D’abord il faut avoir la chance de rencontrer les personnes qui ont les clés qui ouvrent certaines portes. Une chance que j’ai eu car, comme vous le savez, j’ai vécu 37 ans à Paris et j’y ai tissé des liens. La deuxième chance c’est d’avoir une équipe extrêmement professionnelle, à leur tête M. Idrisi, le directeur du musée à qui je rends hommage. Une équipe qui détient un grand savoir qui rassure nos interlocuteurs étrangers. Par ailleurs, le musée dispose aujourd’hui d’un «facility report»  (système qui renseigne sur l'organisation et les conditions dans lesquelles les collections sont conservées: le bâtiment qui abrite le musée, les salles de stockage, de quarantaine, d'emballage,... ainsi que les moyens affectés à la sécurité. Ndlr) qui nous place dans les standards internationaux. Il faut ajouter également que le Maroc jouit d’une réputation de sécurité et de stabilité sans laquelle nous n’aurions jamais pu faire venir des œuvres telles que la collection Giacometti, qui n’ont tout simplement pas de prix. En revanche, l’organisation de ces évènements en a un. A charge pour nous de trouver des financements pour payer les assurances, les transports… auprès des institutions publiques et privées. Il y a aujourd’hui des personnes qui ont l’intelligence de croire en l’importance de la culture pour le développement du pays.

- Le MMVI est-il aujourd’hui inscrit dans le circuit des grands musées?
- Nous avons aujourd’hui moins de trois ans d’existence et le musée est respecté à travers le monde. C’est l’exposition Giacometti qui a assuré notre renommée et c’est ce qui a décidé le président du Musée national Picasso-Paris de nous faire confiance. Car, il faut le dire, les responsables du Musée national de Picasso-Paris ont immédiatement dit oui à notre requête, ce qui est une fierté pour nous. L’exposition sera un événement non seulement marocain ou africain mais mondial! Si aujourd’hui nous tenons la même cadence, nous aurons la même programmation que les plus grands musées internationaux.
- Un grand musée mais qui ne dispose toujours pas d’une collection permanente?
- Effectivement, mais sachez que nous venons d’obtenir l’accord du ministère des Finances pour créer une commission d’acquisition.

- Pour quel budget?
- Nous disposons de quelque 20 millions de DH, je sais que c’est peu mais l’Etat ne peut pas tout faire. Nous allons bien sûr explorer d’autres pistes notamment à travers le mécénat. Nous sommes également en train d’aider à constituer l’association des amis du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, qui pourra nous aider dans ce sens.

- En même temps, il existe un véritable trésor dans les ministères et les établissements publics qui peuvent constituer une collection nationale importante!
- Oui, vous avez raison, alors aidez-moi!!! Vous évoquez quelque chose de grave. Il y a effectivement des œuvres d’artistes de grand renom dans des hôpitaux et autres institutions dont certains ont déjà disparu! Il faut une décision du chef du gouvernement pour répertorier tout ce trésor qui est en train de s’abîmer dans certains ministères. Il faut une loi également qui nous permette de les récupérer et de les mettre à la disposition de tous les Marocains et à la place qui leur convient. C'est-à-dire dans les musées.o
Propos recueillis par
Amine BOUSHABA

 

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