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    Mixité: «La justice du processus RH, essentielle»

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4985 Le 21/03/2017 | Partager
    De même que la culture d’entreprise
    Pays du nord: la France et les Etats-Unis à la traîne
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    Sandra Sancier-Sultan, directeur associé senior chez McKinsey & Company (bureau de Paris), propose  la mise en place de politiques publiques destinées à améliorer la présence des femmes dans le monde du travail (Ph. NEA)

    - L’Economiste: Près de 50% des diplômés des grandes écoles sont des filles, mais elles n’accèdent pas aux postes de décision. Comment expliquer cela?  
    - Sandra Sancier-Sultan:
    Cela peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Il y a d’abord ce que l’on appelle le pipeline de talents. Quand vous recrutez des femmes, il faut du temps pour qu’elles grandissent et qu’elles puissent prétendre à des postes de direction. En parallèle, même si vous en recrutez plus, il faut vous assurer par la suite d’avoir un système de promotion adéquat.
    A partir de mon expérience, j’ai pu constater des cas d’entreprises qui ont un problème de recrutement de femmes, particulièrement dans le secteur industriel, par manque de diplômées dans le domaine. Alors que d’autres en recrutent beaucoup, notamment dans le commerce, mais avec moins de femmes qui arrivent aux postes de management. Ce qui laisse s’interroger sur la justice du processus RH en interne, ainsi que sur la culture de l’entreprise et jusqu’à quel point elle est propice au développement des femmes.

    - Ne pensez-vous pas qu’il s’agit d’une question de temps, et que la mixité s’améliorera avec le temps, comme pour l’alphabétisation?
    - Non, je ne crois pas. Le cas de la France est de ce point de vue éloquent. Dans les années 1970, 48% des diplômées de l’enseignement supérieur étaient des femmes. 40 ans après, nous nous  retrouvons avec une seule femme CEO d’une entreprise du CAC 40.
    Les choses ne se sont pas améliorées, même lorsque nous avons atteint plus de 50% de diplômées de l’enseignement supérieur durant les années 2000.

    - Comment la situation évolue-t-elle sur le plan international?
    - Il y a des pays en Europe du Nord qui enregistrent de forts taux de participation des femmes dans les équipes dirigeantes. Ces dernières années, l’on a relevé une évolution très positive en Angleterre. Par contre les Etats-Unis et la France ont du mal à améliorer leur situation, avec une évolution très faible.

    - Qu’en est-il de l’Afrique?
    - C’est la première fois que nos études intègrent les pays de ce continent qui se trouvent en tête, avec un taux de participation des femmes entre 4 et 5%. Mais avec un  petit nombre d’entreprises étudiées dans notre échantillon, il serait difficile de dégager une situation statiquement  représentative.   

    - Quelle est la méthodologie adoptée pour la réalisation de votre étude?
    - Nous avons constitué un échantillon comprenant les 55 plus grandes entreprises africaines, dont quelques sociétés marocaines. Cela dit, une étude focalisée sur le Maroc a été préparée afin d’être présentée lors de la rencontre organisée par l’ambassade de France. Dans un premier temps, nous avons visé les 48 plus grandes entreprises, avant de passer par la suite à 150 sociétés.

    Propos recueillis par
    Noureddine EL AISSI 

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