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    Mixité: 2% de femmes PDG de grandes entreprises!

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4985 Le 21/03/2017 | Partager
    Les conseils d’administration aussi leur sont toujours hermétiques
    Avec une part de 8%, contre une moyenne de 14% sur le continent
    La faible intégration de la gent féminine coûte 30 milliards de dollars au Maroc
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    La part des dirigeantes dans les grandes entreprises au Maroc est de manière générale moins bonne que sur l’ensemble du continent. A l’exception du secteur de l’industrie lourde, où l’on enregistre un taux égal à celui de la moyenne africaine, soit 9%

    Toutes les études le confirment, une meilleure intégration de la femme dans le monde du travail aura des retombées positives sur la performance de l’entreprise et de l’économie de manière générale. C’est ce que confirme aussi le dernier rapport Women Matter 2016, réalisé par le cabinet McKinsey & Company.
    Les principaux résultats de ce rapport ont été dévoilés dernièrement à Rabat, lors d’une rencontre organisée par l’ambassade de France, en présence de femmes dirigeantes au sein d’entreprises marocaines et françaises. C’est la première fois que le rapport  Women Matter intègre dans son étude le continent africain. Le premier constat de l’étude révèle qu’une meilleure intégration de la femme dans le monde du travail représente une véritable aubaine pour l’économie mondiale.

    Elle pourrait générer, à l’horizon 2025, un PIB additionnel estimé à 12 trillions de dollars pour l’économie mondiale, de 310 milliards de dollars pour l’Afrique subsaharienne et 30 milliards de dollars pour l’économie marocaine. Le rapport constate, en outre, que «dans le secteur privé, l’Afrique compte davantage de femmes dans les comités de direction, les conseils d’administration, et à des postes de PDG, que la moyenne mondiale». Mais cette performance varie selon les secteurs et les pays. Le déficit de représentation des femmes dans les équipes dirigeantes figure parmi les aspects analysés par le rapport Women Matter Africa 2016.

    En comparaison avec les autres régions du monde, le continent africain se positionne mieux. Ainsi, 5% de femmes occupent le poste du PDG dans l’échantillon des grandes entreprises sélectionnées. C’est le même taux enregistré dans les entreprises américaines, contre 4% en Asie et moins en UE, soit 2%. Au Maroc, le taux est inférieur à la moyenne africaine, avec seulement 2% des femmes au poste de PDG dans les 48 entreprises marocaines ayant le chiffre d’affaires le plus élevé (supérieur à 2 milliards de DH en 2015). Le taux passe à 4% pour les 150 grandes entreprises marocaines (sociétés cotées en Bourse, non cotées faisant parties du top 100 et principales entreprises publiques). La même tendance est enregistrée pour le positionnement des femmes dans les équipes de direction d’entreprises et dans les conseils d’administration (CA). 13% des femmes marocaines font partie de l’équipe de direction, contre une moyenne africaine de 23%.

    De même, au niveau des CA, leur part est de 8%, pour une moyenne continentale de 14%. Selon le rapport Women Matter Africa 2016, la mixité des cadres dirigeants au Maroc n’est pas aussi reluisante comparée à d’autres pays africains dans les différents secteurs. Le taux le plus élevé est enregistré dans le secteur des services d’assistance et de conseil aux entreprises, soit  25%,  contre une moyenne de 33% en Afrique. La situation se dégrade dans les secteurs pointus comme ceux de l’énergie, mines et traitement des métaux, avec une part de seulement 9%. Alors que sur le continent, cette part culmine à 22%.

    «En plus du renforcement de la participation des femmes dans le monde du travail, il faudrait aussi s’assurer qu’elles s’orientent vers les secteurs les plus productifs», recommande Georges Desvaux, DG de McKinsey Afrique, co-auteur des rapports Women Matter. Desvaux invite les pays à mettre en place des politiques publiques et des systèmes de soutien destinés à libérer les potentialités des femmes, notamment les micro-entrepreneurs. Toutefois, beaucoup reste à faire pour changer les mentalités et les cultures. En matière de travaux domestiques, par exemple, l’on relève encore de grandes disparités. A l’échelle du continent, les femmes consacrent 4h05 minutes par jour à ces tâches, contre uniquement 1h30 minutes pour les hommes. Au Maroc, la situation est beaucoup plus déséquilibrée, avec uniquement 43 minutes pour les hommes et 5 heures pour les femmes.

    Deux fois plus de femmes parlementaires

    Le rapport Women Matter Africa s’est également intéressé à la place des femmes africaines dans la politique. Le document enregistre une amélioration progressive en faveur du positionnement de la gent féminine dans la sphère politique. Ainsi, le nombre de femmes parlementaires a pratiquement doublé au cours des 15 dernières années, tandis que celui de celles ayant décroché le poste de ministre a quintuplé en 35 ans. La situation varie selon les pays. Pour les femmes parlementaires, 15 pays sur les trente étudiés se situent au-dessus de la moyenne mondiale. L’on explique cette amélioration essentiellement par la mise en place du système des quotas en faveur des femmes, afin qu’elles puissent mieux accéder aux institutions politiques et constitutionnelles. Cela leur permettra de faire passer plus de lois en faveur de la promotion de la parité et de la mixité.

     

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