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    Politique

    Gouvernement: Les enseignements des 5 mois de blocage

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4985 Le 21/03/2017 | Partager
    La bataille entre Benkirane et les autres chefs de parti n’a pas favorisé un débat autour des programmes
    La méthodologie pour nommer le nouveau chef du gouvernement est un acquis
    Le blocage, qui s’est traduit par un ralentissement de l’activité économique, coûte cher au pays

    La personnalisation à outrance de la vie politique a donné le spectacle d’un butin électoral que certains chefs de parti ont voulu partager. Ce qui a porté atteinte à la crédibilité de la pratique politique, a tenu à préciser Abdelmounaim Dilami, président du groupe Eco-Médias, éditeur de L’Economiste, Assabah et Atlantic-Radio. Cet avis est partagé par Younès Masskine du journal Akhbar al Youm qui considère que la personnalisation est devenue une mode, particulièrement durant le mandat politique d'Abdelilah Benkirane.

    D’ailleurs, des formations ont cherché à promouvoir des profils comparables, avant que cela ne soit démodé. L’émission Confidences de presse sur 2M de dimanche dernier était consacrée à l’actualité brûlante de la nomination du nouveau chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani. Elle est animée par Abdallah Tourabi. Dans le débat, les journalistes invités ont analysé  les causes qui expliquent l’échec de Benkirane dans sa mission de former un gouvernement. Pour le Pr Dilami, cette impasse s'explique d'abord par la personnalité de Benkirane et la nature de ses relations avec ses partenaires politiques, sans pour autant aborder le fond  des programmes et des projets de société. «La méthodologie  suivie peut être considérée comme un acquis. Ainsi, puisque la première personne a échoué dans la formation du gouvernement, on passe à une autre...»,  explique Pr Dilami. 

    Entre Benkirane et le nouveau chef du gouvernement, la différence dans la méthode est de taille. Mais attention! prévient le directeur de publication d’Assabah: c’est bien El Othmani et non le secrétariat général du parti qui doit négocier avec les partis politiques, y compris le PJD, qui veut visiblement garder la main sur le dossier.  Pour sa part, Younès Masskine abonde dans le même sens: décider de voir aussi le PAM est le signal d’un changement de méthode. Sur ce point précis,  Mohamed Haddad, du journal Al Massaa, n’est pas du même avis.

    Pour ce jeune journaliste, le PJD a construit son argumentaire contre le PAM. Comment El Othmani va-t-il expliquer et convaincre son électorat, surtout que celui qui était hier diabolisé est devenu subitement un parti politique «fréquentable»? Pr Dilami rappelle qu’on commence à entrer dans une méthodologie efficiente où le chef du gouvernement prend de la distance avec son parti. El Othmani incarne plutôt le rôle d'un chef qui est président de la majorité et qui dirige le pays. Et c’est l’esprit de la Constitution, rappelle Pr Dilami.
    Sur le coût des 5 mois de blocage des négociations, l'animateur a mis sur la table l’argumentaire développé dernièrement sur l’absence du gouvernement et du Parlement sans que cela n’affecte la marche du pays. Aux yeux du Pr Dilami, «ce discours est dangereux. Si les effets négatifs ne sont pas très visibles en raison d’un Etat fort, il n’empêche que la loi de finances n’a pas été adoptée, la situation économique est au ralenti et tout cela coûte cher  au pays», relève le président du groupe Eco-Médias. Selon lui, Benkirane a échoué dans la formation du gouvernement mais au niveau politique, il a réussi à hisser sa formation, le PJD, en tête de l’échiquier politique.

    El Othmani a des chances de réussir et peut dépasser cette étape, soutiennent à l'unanimité les invités de l’émission. «Tout le monde a pris conscience que le Maroc a perdu 5 mois et sans que le blocage ne soit sur les programmes», a ajouté le Pr Dilami. Pour Masskine, le nouveau chef de gouvernement a beaucoup de chances, d’autant que les autres partis  considèrent Benkirane comme un politique qui cherche toujours la confrontation. Mais vu que cet obstacle est désormais levé, il n’y a plus de raison de persister dans le blocage.

    Par rapport à l’USFP, l'on s'attend à des concessions de part et d'autre. Sauf que «El Othmani n’a pas à le faire. Il doit commencer à zéro. Cela va lui faciliter le travail», insiste Pr Dilami. Tout porte à croire que dans la nouvelle configuration, le gouvernement pourrait être formé avec l’ancienne majorité plus l’UC. Le PPS, quant à lui, peut être sacrifié comme l’USFP.

    Les «non-dits»

    Le Pr Abdelmounaim Dilami déplore qu’au cours des négociations, ni Benkirane ni les autres formations n’ont abordé la question des chantiers. «Le gouvernement doit donner un nouveau souffle à l’économie. Pour l’heure, aucun parti ne nous dit comment il compte  faire pour l’économie. En effet, les points essentiels comme la femme, la parité, l’endettement… ne sont pas posés». Pour lui, la démocratie est un outil de gestion mais ne crée pas la richesse. «Le blocage de 5 mois est une expérience, la Constitution est nouvelle, avec à peine 5 ans. Ce n’est pas cher payé si nous en tirons des enseignements», fait valoir Pr Dilami. o

     

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