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    Politique

    Gouvernement: El Othmani remet les compteurs à zéro

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4985 Le 21/03/2017 | Partager
    Il rencontre tous les partis représentés au Parlement, le PAM en premier
    Le nouveau chef du gouvernement change de méthode et envoie des signaux d’apaisement
    L’ambiguïté marque encore la position du PJD concernant le RNI et l’USFP
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    Saâdeddine El Othmani, chef du gouvernement, a tenu une réunion avec les membres du secrétariat général du PJD, hier à Rabat. L’objectif, définir la feuille de route des rencontres de consultation, prévues à partir d’aujourd’hui (Ph. Bziouat)

    Saâdeddine El Othmani réussira-t-il là où Abdelilah Benkirane a échoué? Les premiers signaux envoyés par le nouveau chef du gouvernement laissent espérer un nouveau mode opératoire dans la gestion des négociations. Contrairement à son prédécesseur, El Othmani n’est pas porté sur la confrontation. Dans un signal d’apaisement, il a annoncé qu’il rencontrera les chefs de tous les partis représentés au Parlement. Hier, lundi, tout le monde s’attendait à une première prise de contact avec les potentiels alliés du PJD. Le nouveau chef du gouvernement a plutôt choisi de temporiser.

    Après une rencontre avec Abdelilah Benkirane dans son domicile au quartier des Orangers, El Othmani s’est dirigé, en fin de matinée, au siège du PJD pour une réunion du secrétariat général. L’objectif de cette rencontre, qui intervient après la dernière session du Conseil national, est de «définir la feuille de route des prochaines rencontres de consultation avec les responsables des autres partis», a expliqué le chef du gouvernement. L’ordre des réunions est déterminé par le poids de la représentativité de chaque formation à la Chambre des représentants. Il s’agit là de l’un des principaux indices du changement de méthode par El Othmani. Contrairement à Benkirane, il n’a pas cherché à diaboliser le PAM, en annonçant que c’est une ligne rouge, comme l’affirmaient plusieurs responsables Pjdistes.

    Aujourd’hui, le parti du tracteur, arrivé 2e lors des dernières législatives, sera le premier à être reçu par le nouveau chef du gouvernement. Annoncée initialement pour hier lundi, elle a été finalement programmée aujourd’hui. Ilyass El Omari, secrétaire général du PAM, participait hier à des activités royales dans la région de Tanger, dont il est président. L’initiative d’El Othmani de rencontrer le PAM constitue-t-elle une première étape pour normaliser les relations avec ce parti pouvant aboutir à sa participation au gouvernement? Rien n’est encore sûr.

    Mohamed Yatim, membre du secrétariat général du PJD, a estimé qu’il s’agit uniquement d’un «premier round de consultation, qui permettra par la suite de connaître les partis qui composeront la majorité». Rien n’est encore tranché concernant cette question. De l’autre côté, le parti du tracteur avait, dès le lendemain des élections, précisé qu’il se positionne dans l’opposition. La rencontre prévue entre El Othmani et El Omari sera donc décisive pour donner une plus grande visibilité concernant l’entrée du PAM au gouvernement. Pour son patron, ce sont les institutions de cette formation, ayant décidé de camper dans l’opposition en octobre dernier, qui sont habilitées à trancher dans le changement de position.

    Parallèlement, la relance des consultations pour la formation du gouvernement permettra également un repositionnement de l’Istiqlal. C’est le 2e parti qui sera reçu par El Othmani, à un moment marqué par les préparatifs du prochain Congrès. Pour l’instant, aucune information ne filtre sur les personnes qui devront conduire les négociations avec le nouveau chef du gouvernement. Lors de l’annonce de son retrait de la gestion de l’Istiqlal, Hamid Chabat avait confié la mission de mener les consultations avec Abdelilah Benkirane à un comité composé de Mohamed Soussi, Hamdi Ould Errachid et Bouameur Taghouane. Saâdeddine El Othmani devra par la suite rencontrer les autres formations. En tête, le RNI et les autres partis de la majorité sortante. Le nouveau chef du gouvernement arrivera-t-il à apaiser les relations avec l’un des piliers du gouvernement précédent? Pour l’instant, le PJD continue de semer la confusion, avec des positions ambiguës, contenues notamment dans le dernier communiqué de son Conseil national.

    Dilemme

    Saâdeddine El Othmani se retrouve face à un véritable dilemme. Faire des concessions et accepter les conditions du RNI ou reproduire le même scénario ayant conduit au blocage. Lors de la dernière réunion du Conseil national du PJD, des voix se sont élevées pour exiger le maintien de la position excluant l’Usfp de la majorité. Le communiqué publié à l’issue de cette session extraordinaire prête à confusion. D’un côté, il appelle à «accélérer la formation du gouvernement, conformément aux orientations royales, pour aboutir à une équipe forte, cohérente et efficiente». Il s’agit du même argument défendu par le RNI et ses alliés, à savoir le MP, l’UC et l’USFP. Or, en même temps, le parlement du PJD a chargé le secrétariat général, présidé par Abdelilah Benkirane, à «accompagner le nouveau chef du gouvernement, dans le cadre de la méthodologie annoncée». C’est justement le secrétariat général qui avait levé le veto face à l’entrée de l’USFP. El Othmani sera-t-il pris en otage par le secrétariat général de son parti, dont les positions rigides avaient conduit au blocage? Il faudra attendre les prochains jours pour avoir plus de visibilité. D’autant que le Conseil national du PJD a aussi appelé à «prendre en considération les résultats des prochains rounds de consultations».

     

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