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    Contrôle des stupéfiants: Le Maroc durcit la traque

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4973 Le 03/03/2017 | Partager
    Après une baisse entre 2012 et 2014, les saisies ont rebondi en 2015
    Rabat a réussi à éradiquer plus de 1.345 hectares selon le rapport de l’OICS
    Multiplication des coups de filet des drogues dures acheminées vers l’Europe via le Maroc
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    Le Maroc poursuit sa traque des réseaux de trafic illicite des drogues, particulièrement le cannabis. Les saisies ont connu un rebond en 2015, avec plus de 235 tonnes, après une baisse durant les deux années précédentes (Ph. Bziouat)

    «Les substances psychoactives seront le principal défi des prochaines années. Toutes les drogues seront fabriquées par des chimistes dans des laboratoires clandestins. Les commandes seront faites en un clic via Internet». Le constat établi par les responsables de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) donne un avant-goût des difficultés qui vont compliquer davantage la traque du trafic de drogue. Si les Etats sont appelés à se préparer à cette reconfiguration du trafic mondial, d’autres challenges sont encore à relever pour faire face au développement soutenu du marché mondial des stupéfiants.

    Le Maroc, qui mène une bataille contre la production et le trafic de cannabis, a «continué à diminuer les surfaces exploitées», selon le rapport 2016 de l’OICS. En 2015, Rabat a réussi à éradiquer plus de 1.345 hectares, est-il indiqué. Curieusement, au moment où les efforts du Maroc pour en venir à bout de cette culture sont très suivis par ses partenaires européens, aucune étude n’a permis de donner une idée des superficies cultivées «in-door» en Europe.
    La traque des trafiquants de cette plante illicite a été aussi renforcée, comme en témoigne la hausse des saisies signalées par le Maroc. «Si elles avaient baissé au cours de la période 2012-2014, elles ont rebondi à environ 235 tonnes en 2015».
    Au-delà du trafic «classique» de cannabis, le Maroc figure depuis quelques années comme un passage obligé des autres drogues dures à destination de l’Europe. Sa position géographique en fait une plateforme pour plusieurs réseaux de trafic de drogues. Les autorités marocaines en sont conscientes. Cela est confirmé par la multiplication des coups de filet. Les autorités ont signalé à cet organe onusien la saisie de plus de 120 kg de cocaïne.

    En 2016, les services sécuritaires avaient annoncé des saisies record, en partenariat avec les autorités espagnoles (cf. www.leconomiste.com). En face, les quantités saisies d’héroïne en 2015 restent modestes, se limitant à 4,5 kg. Le Maroc, à l’instar d’autres pays africains, souffre de plus en plus du trafic illicite des substances psychotropes. Le développement de laboratoires clandestins en Afrique et le changement des routes d’acheminement des drogues vers l’Europe placent le pays au cœur de la bataille de lutte contre les réseaux de trafic des stupéfiants. Que ce soit pour l’héroïne, la cocaïne ou les autres drogues psychoactives, le Maroc et le reste des pays de l’Afrique du Nord sont devenus très exposés.

    Les trafiquants ont opté pour de nouvelles routes, dont celle allant de l’Afghanistan, en passant par des pays du Golfe, puis par la corne de l’Afrique avant de passer par l’Afrique du Nord pour être acheminée vers l’Europe. Ce qui a favorisé le développement de marchés de consommation au niveau local.

    Les risques de la légalisation

    LE débat sur la légalisation de la culture et de l’exploitation du cannabis continue de susciter la polémique. C’est un sujet souvent exploité dans des batailles électorales. Même si des expériences internationales prouvent que c’est un domaine créateur de valeur ajoutée. Mais cela concerne essentiellement les utilisations à des fins industrielles, médicales ou scientifiques. Certains Etats ont franchi le pas de la légalisation de l’utilisation du cannabis même à des fins non thérapeutiques. Ce qui a poussé l’OICS à tirer la sonnette d’alarme. Cet organe a rappelé les Etats ayant légalisé l’utilisation du cannabis de leurs engagements en vertu des conventions internationales. Surtout que «vu les risques pour la santé publique liés à sa consommation, le cannabis est soumis aux degrés de contrôle les plus élevés prévus par les traités internationaux». L’OICS rappelle que les défenseurs de la légalisation de la consommation du cannabis à des fins non médicales avancent que la création d’un marché licite contribuerait à réduire le trafic par des réseaux criminels. Or, «les Etats où des mesures législatives visant à autoriser et à réglementer l’usage du cannabis ont été adoptés devraient bien savoir qu’ils risquent d’être la cible des réseaux criminels cherchant à en faire des pays de transit pour poursuivre leur trafic vers d’autres pays».

     

     

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