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    Economie

    Crédit bancaire: Les garanties excessives écrasent les PME

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4973 Le 03/03/2017 | Partager
    Plus de 2 fois le montant du crédit!
    Des pratiques au-dessus des moyennes régionale et mondiale selon le FMI
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    Depuis 2015, la demande de crédit se redresse rapidement, mais l’offre ne suit pas le même mouvement. La demande solvable serait rare estiment les banques. La poussée des créances en souffrance et ses conséquences sur la rentabilité ont amené les banques à resserrer les conditions d’octroi surtout dans les secteurs touchés de plein fouet par la conjoncture

    Le financement, surtout la question des garanties excessives, oppose régulièrement les banques et les petites entreprises. Les conclusions du Fonds monétaire international (FMI), dans une récente analyse sur le crédit au Maroc, devraient siffler dans les oreilles des banquiers. Au moins 80% des crédits qu’ils accordent requièrent une garantie, un ratio supérieur à la moyenne mondiale et dans la région Mena.

    Bien que la valeur des sûretés est globalement plus faible que dans des pays de benchmark, elle demeure néanmoins très élevée pour les PME en particulier. Elle représente plus de deux fois le montant du crédit situant le Maroc au-dessus des moyennes mondiales et dans la zone Mena. Cette pratique se justifie en partie par le manque de transparence de nombreuses entreprises. Tous les flux ne circulent pas forcément dans les comptes de la société d’où la prudence des banques.

    Ces exigences compliquent l’accès au financement à de nombreuses PME. Seule la moitié a accès au crédit bancaire contre pratiquement 3/4 des entreprises de plus grande taille. Toutefois, ce ratio est bien plus élevé que la moyenne mondiale: 26% des petites et moyennes sociétés ont accès au crédit. Les mécanismes de la Banque centrale et la montée en régime de l’activité de la Caisse centrale de garantie ont permis de faciliter l’accès au crédit bancaire aux PME. Mais les résultats sont encore difficiles à apprécier dans les bilans des banques. Les crédits aux PME représentent 33% de l’encours des prêts aux entreprises non financières.

    Leur poids a même diminué de 3 points ces trois dernières années. Au-delà des freins habituels, le ralentissement de l’activité affecte la demande des entreprises. L’investissement est essentiellement porté par quelques grandes entreprises. Loin de cette dynamique, les PME asphyxiées par les retards de paiement sont davantage préoccupées par leur survie. Beaucoup sont aussi en phase d’assainissement de leur situation financière, surtout dans les secteurs touchés de plein fouet par les affres de la conjoncture. Sur la période 2010-2014, les PME ont ramené leur taux d’endettement de 20 à 13% alors qu’il a augmenté de 3 points à 41% pour les grandes entreprises. La baisse de l’endettement des PME s’explique aussi par le resserrement de l’offre du crédit, le risque étant plus élevé sur cette catégorie d’emprunteurs. L’accélération des impayés (les créances en souffrance culminent à 62 milliards de DH) a conduit les banques à réduire leurs expositions sur les secteurs les plus vulnérables à la conjoncture.

    A court terme, les difficultés de certains grands comptes ces dernières années et le durcissement de la réglementation pour les opérations avec ces clients, pourraient en partie profiter aux PME. Les banques seront poussées à accélérer le rééquilibrage de leur portefeuille. Auparavant, il faudra entre autres régler certains obstacles, notamment les demandes de garanties. «La réduction des délais de paiement ou encore l’adoption du projet de loi sur les sûretés permettraient d’améliorer l’accès au crédit aux PME», relèvent les analystes du FMI.

    Prise de risque modérée

    Les banquiers détestent qu’on les traite de frileux. Notre métier est de prendre du risque, mais maîtrisé, se défendent-ils. La profession attribue le ralentissement du crédit, ces dernières années d’abord, à la baisse de la demande. Certes, le rythme a significativement ralenti par rapport aux années fastes (milieu des années 2000 avec le boom immobilier), avec les ménages comme principal moteur aujourd’hui. Parallèlement, l’offre a aussi décru dans un contexte de resserrement des liquidités bancaires et de poussée des impayés. Depuis 2015, la demande se redresse rapidement mais l’offre ne suit pas le même mouvement, selon les estimations du FMI. Pour les banques, cette demande n’est pas forcément de bonne qualité. La demande solvable se serait ramollie. A l’avenir les banques seront de plus en plus sélectives. Sinon, face aux engagements les plus risqués, ils devront placer plus de fonds propres et de meilleure qualité. Même si le niveau de développement du marché financier est proche de celui des économies émergentes, le marché des capitaux joue encore un rôle limité dans le financement des entreprises. Les levées de fonds sur le marché obligataire ou bien en Bourse sont peu significatives. Il faudra accélérer la réforme pour donner plus de possibilités aux PME. Dans le même temps, beaucoup d’entre elles doivent effectuer un travail d’assainissement pour accéder à ces marchés.

     

     

     

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