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    Enseignement supérieur: Les premiers pas de l’agence d’évaluation

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4970 Le 28/02/2017 | Partager
    L’Aneaq démarre avec l’examen des filières de formation uniquement
    Mais en utilisant d’anciens référentiels, en attendant les nouveaux
    Une mission européenne d’appui pour la rapprocher des principes du processus de Bologne
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    L’Aneaq aura du pain sur la planche. En termes de filières, l’offre s’est considérablement élargie ces dernières années. Entre 2009-2010 et 2015-2016, le nombre de filières accréditées a bondi de près de 75%

    Avec l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANEAQ), une nouvelle page s’ouvre pour la qualité de l’enseignement supérieur au Maroc. Mais l’organisme, censé jouer le rôle de promoteur de la culture de la qualité, attendu par le secteur depuis 2000, est-il aujourd’hui prêt à assurer sa mission?
    L’Aneaq démarre seulement avec l’évaluation des filières (auparavant du ressort du ministère de l’Enseignement supérieur). L’activation de ses missions sera, pour ainsi dire, progressive.
    Néanmoins, sa première activité ne se fera pas vraiment avec les standards de qualité souhaités. Si l’Aneaq dispose déjà d’un réservoir d’une centaine d’experts contractuels, elle ne possède pas encore de référentiels d’évaluation revus et corrigés, ni de démarche qualité. Sur les plus de 60 compétences prévues par son organigramme, une dizaine seulement est actuellement en poste.

    Au lieu d’attendre encore un an, le temps que tout soit en place, l’on a choisi de confier à l’agence l’évaluation des filières dès cette année, avec l’appui du ministère. L’Aneaq profite, également, du soutien d’une mission européenne d’assistance de 12 mois, menée depuis novembre 2016. Elle devrait lui permettre de s’adosser aux standards européens en matière d’assurance qualité, adoptés dans le cadre du processus de Bologne rapprochant les systèmes d’enseignement de l’UE. Un premier atelier de cette mission, qui rentre dans le cadre du programme Réussir le statut avancé (RSA), s’est tenu mardi et mercredi derniers à l’université Mohammed V de Rabat. «Beaucoup de choses ont été réalisées depuis six mois. Nous avons un organigramme, une équipe, une structure capable d’avancer, un projet européen,… je suis tout à fait confiant que d’ici novembre prochain, nous aurons un manuel de qualité et des référentiels. Nous pourrons, ensuite, commencer l’évaluation des universités vers fin 2017 ou début 2018», relève Fabrice Hénard, expert européen, membre de la mission de l’UE. «Cette première phase nous permettra, aussi, de voir ce qui fonctionne ou pas, d’identifier les besoins.

    L’agence, elle, pourra se positionner en tant qu’opérateur indépendant et reconnu. En termes de positionnement institutionnel, il nous a semblé important de démarrer en 2017», poursuit-il. Sauf que cette année, les évaluations de filières s’opéreront sur la base d’un référentiel qui ne répond pas vraiment aux normes de qualité. «Nous sommes conscients qu’il ne répond que partiellement aux standards de qualité. Mais je fais confiance à l’agence et aux universités, car elles ont la pratique d’autres projets européens. La culture qualité n’est pas au niveau zéro au Maroc!», explique Hénard.

    Côté manuel de qualité, un premier draft a été élaboré. «Le document explique les lignes directrices que le Maroc souhaite appliquer en matière d’assurance qualité. Nous aurons un manuel propre à l’Aneaq, du sur mesure», explique Rached Boussema, expert européen. Cela prend entre 8 et 12 mois pour mettre en place la démarche qualité. Le processus comprend six étapes: l’engagement de la direction, l’évaluation de la situation actuelle, l’élaboration d’un plan d’action, la mise en œuvre du système de management de la qualité, la vérification interne de l’implantation du système, et enfin, la confirmation externe, à travers l’évaluation de l’Aneaq par un organisme tiers. «Nous en sommes aux quatre premières étapes. La vérification interne du système pourrait être réalisée d’ici un ou deux ans. La confirmation externe, pour sa part, interviendrait dans quatre ou cinq ans, lorsque l’agence demandera à être évaluée», précise Boussema.

    Tout est donc mis en œuvre pour que l’Aneaq dispose des outils lui permettant de mener à bien son rôle. Toutefois, il faudrait aussi la doter d’un budget adéquat. Surtout qu’elle se donne pour mission d’évaluer également des organismes de formation et de recherche étrangers, notamment en Afrique où un énorme marché est à prendre.

    Activation progressive

    A l’issue de sa première expérience d’examen des filières de formation, l’agence s’attaquera à l’évaluation des établissements d’enseignement et de recherche. «Dès octobre prochain, nous pourrons appréhender trois à cinq établissements volontaires. En montrant que ses méthodes sont transparentes et professionnelles, l’agence pourra en attirer d’autres», confie Fabrice Hénard. Il s’agira, ensuite, d’évaluer l’activité des centres d’études doctorales, la recherche scientifique, les programmes de coopération universitaire et les dossiers des équivalences de diplômes.

     

     

     

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