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    Fès/Marchands ambulants: La mairie veut créer des marchés pilotes

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4965 Le 21/02/2017 | Partager
    Trois plateformes pour réinsérer les vendeurs à la sauvette
    Budget et nombre de bénéficiaires, le grand mystère
    Une expérience vouée à l’échec comme les précédentes?
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    À la place Florence, en face de la mosquée Tajmouaâti, les marchands ambulants occupent tous les trottoirs. Piétons et automobilistes prennent leur mal en patience (Ph. YSA)

    Le conseil communal de Fès veut réinsérer les vendeurs à la sauvette dans trois marchés pilotes. Ces plateformes de commerce de proximité (PCP) seront aménagées dans les quartiers de Sidi Brahim, route de Meknès et Bab Es-sifer. C’est ce qu’a annoncé le maire PJD, Driss El Azami El Idrissi, pour qui «la réorganisation de l’exploitation du domaine public figure parmi les priorités». En tout cas, c’est ce qui ressort des travaux de la dernière session du conseil communal. Celle-ci était l’occasion d’approuver l’acquisition de trois parcelles devant abriter les marchands ambulants de la capitale spirituelle.

    Selon la note de présentation relative à cette opération, le premier terrain d’une superficie de 1,2 ha qui sera acquis par la mairie est situé à Bab Es-sifer, avenue Loudaya. Le deuxième, sis sur la route de Meknès, s’étend sur 1,21 ha et appartient à la CDG. Le dernier est situé à Sidi Brahim et accueille d’ores et déjà un souk hebdomadaire. A noter qu’aucune indication n’est donnée ni par rapport au coût de ces acquisitions, ni le nombre des marchands ambulants qui devraient accepter leur recasement dans les futurs marchés pilotes.

    En attendant, le domaine public de la ville de Fès est totalement, ou presque, occupé par ces colons. Si ce n’est pas le marchand à la sauvette, c’est le commerçant ou le propriétaire de café qui en fait sa propriété. Ainsi, du côté de la mosquée Imam Malik (Tajmouaâti), rien ni personne ne semble pouvoir arrêter la prolifération des marchands ambulants. La lettre adressée par le wali au conseil communal, il  y a plus d’un an, et la décision de celui-ci d’étudier la possibilité d’aménager des aires dédiées n’étaient finalement que jeter de la poudre aux yeux pour cacher l’inefficacité des autorités quant à imaginer une solution définitive et pérenne pour ce problème complexe et épineux.

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    En plein centre-ville, le commerce informel a proliféré d’une façon flagrante. Il est des endroits où, en plus d’une circulation très dense, s’ajoute l’anarchie qui règne sur les lieux, sans oublier les cris ennuyants de certains jeunes (Ph. YSA)

    Devant l’ampleur du phénomène des marchands ambulants, le Conseil de la ville tente in extrémis d’organiser ce commerce informel mais pour quels résultats. Car, aujourd’hui, les principales artères de la ville (boulevard Mohammed V, avenue Hassan II, Saâda, Mentfleuri, Narjiss, la médina) sont envahies par le commerce informel. «Vue du ciel, Fès est un hypermarché à ciel ouvert», ironise un associatif. «Le phénomène des marchands ambulants est devenu ingérable», déplore-t-il.

    En fait, il est des endroits où la pollution visuelle et l’occupation du domaine public battent leur plein. «Il faut lutter contre ces souks improvisés sur les principales artères, devant les maisons, boutiques, établissements scolaires, mosquées, etc.», estiment les habitants de la ville. «Une ville qui se ruralise au détriment de son histoire ancestrale et l’organisation de ses marchés et commerces d’antan», martèle un sexagénaire. Ce dernier rappelle les opérations de recasement des marchands ambulants conduites par les anciens conseils communaux et qui avaient toutes échoué. Se réunissant au début dans la place de Bab Mahrouk donnant sur Bab Boujloud, les vendeurs qui avaient profité de magasins dans un marché aménagé l’avaient quitté, cédant la place à d’autres. Il en est de même pour le marché communal de l’Atlas ou encore d’autres marchés aménagés à Bensouda et Zouagha.

    Résultat: dans certaines avenues, en plein centre-ville, notamment Florence, boulevards Mohammed V et Hassan II, Essaada…, le commerce informel a proliféré d’une façon flagrante. Il est des endroits où, en plus d’une circulation très dense, s’ajoute l’anarchie qui règne sur les lieux, sans oublier les cris ennuyants et les tas d’ordures laissées sur les trottoirs et la chaussée.

    La peur du «20 février»

    Certains agents d’autorité craignent les interventions pour libérer le domaine public. Au risque de voir un marchand ambulant s’immoler par le feu et essuyer la colère de la hiérarchie, l’autorité traite ce dossier avec une grande flexibilité. Pour rappel, depuis le «20 février» 2011, de nombreux quartiers de la ville de Fès (comme partout dans d’autres agglomérations) ont été pris d’assaut par le commerce informel. «Si des marchands occupent le domaine public, c’est au ministère de l’Intérieur de les déloger», affirmait un élu face aux critiques des commerçants formels.

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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