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    Economie

    Justice sociale: Rappel à l’ordre royal

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4965 Le 21/02/2017 | Partager
    L’institutionnalisation du dialogue social, un préalable au développement durable
    4 enjeux à prendre en considération dans la construction du modèle marocain
    Appel à tirer les leçons des échecs de l’actuel dialogue social
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    L’institutionnalisation du dialogue social est placée en tête des priorités. L’idée est de favoriser l’installation d’un meilleur climat social et atténuer les tensions qui avaient caractérisé les relations entre les syndicats et le gouvernement, qui se sont traduites par une augmentation record du nombre des journées de travail perdues  (Ph L’Economiste)

    Le message royal aux participants au 2e Forum parlementaire sur la justice sociale, organisé hier à Rabat, a sonné comme un rappel à l’ordre. Le Souverain a mis les différents partenaires sociaux devant leurs responsabilités. Si au niveau constitutionnel de grandes avancées sont enregistrées, la pratique sur le terrain est encore loin des ambitions de réalisation de justice sociale. Les relations entre le gouvernement et les syndicats sont exécrables. Le dialogue social est en panne ces dernières années. Les entreprises, elles, continuent de faire les frais des débrayages répétitifs. En 2016, le nombre de journées de travail perdues a atteint un record, avec 497.484,5 jours, soit 3 fois les pertes enregistrées en 2010.

    Aujourd’hui, le Souverain appelle à remettre de l’ordre dans les relations sociales. A commencer par l’institutionnalisation du dialogue social, «considérée comme un préalable essentiel au développement durable et à la justice sociale». C’est l’un des 4 enjeux à prendre en considération dans le processus de construction du modèle marocain de justice sociale, selon le message royal. Un autre enjeu porte sur la mise en place «des mécanismes dotés d’une procédure simplifiée et une méthodologie claire, inclusifs de tous les acteurs concernés et aptes à tenir séance de façon régulière». L’idée est de remédier aux défaillances qui avaient marqué le dialogue entre le gouvernement et les centrales syndicales durant les dernières années. Cette mise à niveau devra permettre de passer à une nouvelle génération de systèmes des relations sociales, avec des prolongements au niveau territorial. Ces mécanismes de dialogue devront aussi développer une vision prospective et avoir une capacité de médiation.

    Leur intervention ne devra plus se limiter aux affaires classiques, mais plutôt s’étendre aux nouvelles problématiques liées au système de travail décent, pris au sens large.
    D’ailleurs, le Souverain a appelé à «étendre les thématiques du dialogue social à de nouvelles problématiques». Concrètement, il s’agit des questions d’égalité effective, de lutte contre la discrimination en milieu professionnel, d’éradication du travail des enfants… Le 4e enjeu est lié à la nécessité pour le nouveau système de dialogue social à prendre en considération les objectifs du développement durable. Cela concerne l’éradication de la pauvreté, le plein emploi productif, la promotion de l’accès de tous à un travail décent…

    Ces exigences permettront «d’assurer la cohérence méthodologique et institutionnelle du nouveau système du dialogue social», peut-on lire dans le message royal. C’est décisif dans le processus de construction d’un modèle de développement durable, «propre à instaurer la justice sociale et à assurer les conditions d’une vie digne».
    L’implémentation de cette nouvelle vision des relations entre les partenaires sociaux passe également par une série de pré-requis. En tête, tirer les leçons des échecs du dialogue social actuel. Durant les dernières années, nous avons assisté essentiellement à des échanges d’accusations entre les centrales syndicales et le gouvernement plutôt qu’à des discussions sur des dossiers revendicatifs.

    Les syndicats ont régulièrement dénoncé leur «exclusion» des débats autour de certains dossiers qui les concernent directement. Par exemple, le projet de loi organique sur la grève, très attendu pour remettre de l’ordre dans l’exercice de ce droit, a été adopté en conseil du gouvernement sans une implication en amont des syndicats. Rappelons également le bras de fer autour de la réforme des retraites.

    Bataille législative

    La Chambre des conseillers veut peser dans les débats sur les relations sociales. C’est l’un des principaux objectifs de l’organisation de la 2e édition de ce Forum parlementaire, qui a connu la participation des différentes parties prenantes au monde du travail. C’était une occasion pour Abdelilah Benkirane, qui était présent à cet événement, de prendre le pouls du climat social. Il faut dire que le chef du gouvernement a entretenu des relations tendues avec les centrales syndicales durant son premier mandat. Au moment où il peine encore à former sa majorité, il a eu un avant-goût des attentes des partenaires sociaux. En tête, l’institutionnalisation du dialogue social, qui a été vidé de sa substance durant le mandat du gouvernement sortant. La prochaine équipe est aussi attendue sur des dossiers décisifs, notamment sur le volet législatif. Les débats s’annoncent houleux, particulièrement au sein de la Chambre des conseillers, composée de représentants des syndicats et du patronat. Deux textes sont particulièrement attendus. Il s’agit des projets de loi sur la grève, déjà transmis au Parlement, et celui sur les syndicats.

     

     

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