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    International

    Violences sexuelles en Allemagne: Les Maghrébins n’y étaient pour rien

    Par Reda BENOMAR | Edition N°:4963 Le 17/02/2017 | Partager
    Séisme dans la presse germanique
    Le tabloïd Bild avoue s’être appuyé sur de fausses informations
    Une erreur qui avait pourtant mis à l’index toute une communauté
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    Le célèbre tabloïd allemand a admis avoir publié une fausse information. Deux témoins avaient inventé des violences sexuelles commises par des «Arabes» (AFP)

    Comment dit-on «fake news» en allemand? Le célèbre tabloïd Bild, quotidien le plus lu outre-Rhin, a publié le 6 février deux témoignages affirmant que des jeunes femmes avaient été agressées la nuit du Nouvel an (31 décembre 2016) dans un quartier de Francfort. Repris par quelques médias, et par les réseaux d'extrême-droite allemande, les témoignages ont depuis été démentis par la police. Les deux témoins  ne se trouvaient même pas en Allemagne ce jour-là...

    La rédaction de Bild s'est excusée pour «ce journalisme imprécis et les accusations formulées» en publiant un démenti et a supprimé les articles sur le sujet. «Ce journalisme ne correspond en rien aux standards déontologiques de Bild», a indiqué le rédacteur en chef. Peut-être, mais le mal est fait.
    L'article, publié dans les pages de l'édition locale de Francfort et sur internet, était intitulé «37 jours après, les victimes parlent. Déchaînement d'agressions sexuelles dans le quartier des restaurants». Le papier reposait sur deux témoignages. Celui d'une jeune femme de 27 ans, Irina, qui racontait avoir été agressée par plusieurs hommes.

    Et celui d'un chef cuisinier, Jan Mai, patron de restaurant qui décrivait avoir vu «près de 50 hommes arabes se saouler et agresser sexuellement des femmes le soir de la Saint-Sylvestre». Dans son article, Bild évoquait des «Africains du Nord» et ajoutait que d'après ses informations «900 réfugiés» étaient arrivés ce jour-là à la gare de Francfort. L'article affirmait que ces réfugiés, ayant été refoulés d'autres parties de la ville, ont atterri à la Frebgass, la zone où les deux pseudo-témoins situaient les agressions. Quelques jours plus tard, le tabloïd accentuait le malaise en publiant des réactions politiques après la «nuit traumatisante».

    Après enquête, la police de Francfort a, pour sa part, déclaré mercredi 15 février 2017 que les supposées agressions sexuelles de la nuit du 31 janvier n’avaient en réalité jamais eu lieu. Les enquêteurs ont expliqué avoir passé en revue les différents procès-verbaux et appels d’urgence avant de conclure que ces «agressions» étaient totalement fictives. En outre, il faut rappeler que ces fausses accusations interviennent un an après un scandale similaire, ayant eu lieu durant le réveillon 2015, à Cologne cette fois. Si les faits avaient été avérés et bien évidemment condamnés à l’époque, les réfugiés avaient été injustement pointés du doigt par des opposants à l’accueil des migrants, puisque seuls trois d’entre eux étaient en réalité impliqués.

    La question de l’accueil des réfugiés sur le territoire allemand divise et, malgré le démenti publié par Bild, de telles accusations sont dommageables, car elles contribuent, d’une part, à créer un climat anxiogène, entre racisme, méfiance et repli sur soi. Et donne du grain à moudre à des politiciens d’extrême droite, d’autre part. Marine Le pen fait partie de cette catégorie, tout comme Trump avant elle.

     

     

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