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    France: Les immigrés plus instruits qu’on ne l’imagine

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4963 Le 17/02/2017 | Partager
    Ils font partie des groupes les plus éduqués de leur pays d’origine
    Ils ont souvent des diplômes en poche
    Une nouvelle étude brise un mythe tenace
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    Certains groupes d’immigrés vivant en France ont plus de diplômes de l’enseignement supérieur que la moyenne de la population française. Elle est estimée à près de 43% pour les Chinois, 37% pour les Roumains, 35% pour les Vietnamiens et 32% pour les Polonais, contre 27% pour les Français. D’autres diasporas du Maghreb sont en revanche en dessous de ce taux comme les Tunisiens, les Marocains et les Algériens

    L’une des idées fausses à propos des immigrés est qu’ils seraient en général peu instruits. Si c’est le cas d’une partie d’entre eux, la plupart ont fait des études et sont souvent plus éduqués que la majorité des personnes vivant dans leur pays d’origine. C’est ce que révèle Mathieu Ichou, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED) dans une étude intitulée «Le niveau d’instruction des immigrés: varié et souvent plus élevé que dans les pays d’origine», publiée dans le dernier numéro de Population et Sociétés (1).

    En général, les personnes qui émigrent vers la France sont plus souvent diplômées du supérieur et moins souvent sans instruction que les individus du même âge et du même sexe dans leur pays de naissance. Ce constat se traduit par le fait que la plupart des immigrés ont un niveau d’instruction relatif élevé. «Effectivement, les représentations dominantes des immigrés donnent l'image d'individus peu instruits et sans ressources. Cette image ne correspond pas à la réalité», confie à L'Economiste le chercheur Mathieu Ichou. D'une part, «parce qu'elle homogénéise beaucoup trop une population qui est en fait très diverse». D'autre part, «parce qu'elle ignore que la migration internationale, surtout quand elle est inter-continentale, est une entreprise difficile et coûteuse: les personnes qui quittent leur pays pour s'installer en France sont rarement celles qui ont le moins de ressources».

    Allant à rebours des idées reçues, les immigrés chinois ou roumains sont même plus souvent diplômés du supérieur que les personnes nées en France (voir infographie).
    En effet, sauf pour les quatre pays (Serbie, Turquie, Portugal et Roumanie), la majorité des immigrés ont donc des niveaux d’instruction relatifs supérieurs à 50. Ils sont plus instruits que la moitié de la population de leur pays de naissance. Pour certains pays comme le Royaume-Uni, le Vietnam ou le Sénégal, les individus qui émigrent et s’installent en France font même presque tous partie des groupes les plus instruits de leur pays d’origine. Ils ont des niveaux d’instruction relatifs très élevés.

    Dans d’autres groupes, la répartition des niveaux d’instruction est plus contrastée avec une surreprésentation à la fois des individus sans instruction et des diplômés du supérieur. Par exemple, près d’un immigré marocain ou sénégalais sur cinq n’a jamais fréquenté l’école (19% et 17%), mais entre un sur cinq et un sur quatre a un diplôme universitaire (19% et 27%).
    La deuxième partie de l’étude s’est penchée sur le niveau d’instruction des réfugiés arrivés en Autriche en 2015. La proportion de personnes très instruites (ayant suivi des études post-secondaires) est plus élevée chez les déplacés que dans la population générale du même âge: 27% contre 10% pour les Syriens, 11% contre 3% pour les Afghans. Les Irakiens déplacés en Autriche sont 31% à avoir un niveau d’instruction élevé.

    Portrait d’immigrés marocains

    D’après l’enquête de l’INED, un immigré marocain sur cinq n'a aucune instruction. Près de 19% n’ont jamais fréquenté l’école contre 1% pour les personnes nées en France. Ils sont également 19% à avoir un diplôme de l'enseignement supérieur (la moyenne nationale française est de 27%). «Au-delà d’une situation moyenne de désavantage relatif par rapport aux natifs, les immigrés constituent donc une population aux niveaux d’instruction très divers», relèvent les auteurs de l’étude.
    Les immigrés marocains de 18 ans ou plus (et ayant effectué leur scolarité au Maroc et venus adultes en France) sont dans une fourchette de 30% à n'avoir reçu aucune instruction au Maroc.  Ils sont également plus de 30% à avoir été à l'école primaire, contre 15% dans le pays de naissance. Environ 20% ont été au collège (contre 5% de leurs concitoyens restés au Maroc). Quant au taux de bacheliers marocains ou de personnes ayant un diplôme de l'enseignement supérieur marocain, il s'élève à près de 10% pour les immigrés en France (contre 5% pour l’autre profil).

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    (1) La première partie est consacrée aux immigrés vivant en France. La méthodologie consiste à comparer leur niveau d’études à celui des natifs (personnes nées en France) mais aussi à celui des personnes restées dans leur pays d’origine. Le deuxième volet rédigé par Anne Goujon et l’équipe de l’enquête DiPAS (Enquête sur les personnes déplacées en Autriche) concerne les réfugiés arrivés en Autriche en 2015.

     

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