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    Analyse

    Les nouveaux aéroports de l’ONDA

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4961 Le 15/02/2017 | Partager
    Des ruptures esthétiques et architecturales
    Et un modèle économique qui permet d'amortir l'infrastructure en moins de 8 ans
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    Pour Mohammed Zouhair El Aoufir, DG de l’ONDA, les prochains aéroports nouvelle génération pour Casablanca et Agadir se feront à l’image de Marrakech (Ph Mokhtari)

    - L’Economiste: Amortir une extension d’aéroport comme celle du terminal en moins de 8 ans est une nouveauté…
    - Mohammed Zouhair El Aoufir:
    Cela tient justement de l’efficacité de ce nouveau modèle qui est en rupture totale avec ce qui se faisait avant comme les espaces commerciaux un concept innovant, le Walkthrough commercial à l’image d’une rue commerçante piétonne où les boutiques sont implantées sur le circuit du passager. Notre démarche est innovante également par l’adoption d’une «master concession» où le concessionnaire adjudicataire se charge de ramener le maximum de marques et de produits à succès. Cela tient également aux exigences des cahiers de charges et la rigueur dans tous les processus. Cependant, pour attirer les grands acteurs, ce concept nécessite des aéroports à taille critique de trafic, au-delà du million de passagers.

    - La capacité actuelle de l’aéroport est de 9 millions. Ces changements en 2017 vont-ils déboucher sur de nouvelles rotations? Et quid des bases aériennes?
    - Nous avons été heureux d'accueillir Qatar airways, qui est le premier vol de long courrier qui dessert Marrakech. Il y a également le retour d'Iberia et d’Air France avec diverses destinations, Lufthansa, Air Arabia qui développe son programme, Brussels airlines… vous savez, les compagnies aériennes suivent les besoins du marché. Et la bonne nouvelle est que nous avons enregistré une forte croissance –à deux chiffres- sur les 3 derniers mois, alors que l’an précédent la baisse a été stabilisée à moins de 2% pour une destination majeure comme Marrakech. En novembre, nous avons enregistré +14,2%, décembre +12,6% et janvier +10%. On voit le regain d'intérêt de la destination qui se renouvelle en permanence. Je reste convaincu que nous allons rester sur ce trend haussier pour le reste de l’année. Maintenant, les bases aériennes dépendent de la volonté des compagnies aériennes.

    - Quelles sont les mesures incitatives que met en place l’ONDA pour attirer plus de vols?
    - Il existe trois champs d’action pour augmenter la croissance du transport aérien. D’abord, le développement des capacités aéroportuaires, avoir le volume, les surfaces et les équipements pour répondre à la croissance. La qualité de services et le confort du passager. Marrakech est d’ailleurs un bon exemple sur ce dernier point, devenant une référence à décliner ailleurs. Et puis les incitations tarifaires. Vous savez, nos mesures incitatives et tarifaires sont transparentes et consultables sur notre site internet. Nos mesures sont extrêmement agressives pour pouvoir attirer des compagnies aériennes et développer le secteur avec des tarifs compétitifs, qui n’ont pas changé depuis 10 ans, une politique incitative renouvelée tous les 3 ans. Autres exemples, les réductions ou avoirs que nous accordons aux nouvelles fréquences, ou aux nouvelles lignes, plus pour les nouvelles compagnies qui arrivent au ciel marocain, ou même pour des bases aériennes. Nous savons que nous restons les plus compétitifs de la région. Je rappelle que le trafic domestique est totalement exonéré de la part de l’ONDA.
     
    - Jusqu’où êtes-vous prêts à aller pour attirer de nouveaux entrants aux aéroports? Et notamment à Marrakech, destination qui dépend fortement d’un trafic aérien intense?

    - Qui dit création de valeur, dit dynamisation et développement de marchés, rajouts de capacité, etc. maintenant, il faut éviter la cannibalisation des marchés existants. C’est dans cet esprit que nous allons chercher de nouveaux acteurs. Les benchmarks se font régulièrement et croyez-moi nous sommes très compétitifs grâce à un travail professionnel et raisonnable qui porte ses fruits. Tenez, bien que l’environnement ait été morose pour le tourisme, le Maroc a démontré sa résilience et a maintenu ses résultats. Pour notre part, si l’on se réfère au trafic sur les 20 dernières années, nous constatons que nous doublons tous les 10 ans. En 2005, nous avions 7,7 millions de passagers et en 2016 nous sommes à 18 millions.
    - Restons sur Marrakech, le second aéroport annoncé en grande pompe à l’horizon 2030, est-il un projet viable?
    - Il faut d’abord savoir que si le calendrier des compagnies aériennes se mesure par saisons avec des variations et fluctuations très importantes dues à des facteurs exogènes tels que le baril de pétrole ou les problématiques d’économie ou d’environnement, pour les aéroports, les échelles de temps sont différentes. Aujourd’hui, ce nouveau terminal de Marrakech est mis en œuvre pour répondre aux besoins de 9 millions de passagers sur les dix prochaines années. Au-delà de 9 millions, nous avons la possibilité de faire une jonction entre l’ancien et le nouveau terminal pour augmenter la capacité jusqu’à 12 millions. Au-delà encore, l’aéroport étant encerclé par la ville, une autre extension est difficile. Il faut donc réfléchir dès maintenant à un nouvel aéroport, ce qui demande un long travail. Donc l’horizon 2030/2035 est tout à fait jouable. C’est une réflexion sur le long terme mais qu’il faut initier aujourd’hui.
     
     - Quels sont les prochains programmes d’investissements de l’ONDA?
    - Il faut noter que nous sommes à la fin d’un cycle d’investissements. Un autre sera bientôt adopté. Maintenant, nous avons achevé de nouveaux terminaux comme à Fès ou à Guelmim, qui sera l’aéroport majeur de la région Guelmim-Oued Noun pour 700.000 passagers, nous travaillons actuellement sur l’extension de Nador, et avons des investissements en cours importants dans la navigation aérienne, qui représente 40% de nos activités, avec le nouveau centre de contrôle aérien basé à Agadir, en cours de finition. Il y a aussi les aéroports dont nous allons reconfigurer les espaces commerciaux, dans une échelle de temps adaptée, pour pouvoir introduire le même concept qu’à Marrakech à Agadir et Casablanca. Enfin, beaucoup de pays partenaires africains s’intéressent au modèle de l’aéroport de Marrakech pour comprendre les modèles innovants de qualité de services, de confort, et les modèles économiques qui permettent de rentabiliser ces infrastructures. Ainsi nous avons entamé des démarches multiples, partager ce nouveau modèle ainsi que notre expertise avec nos collègues africains qui le désirent.

    - Il n’en reste pas moins qu’il y a eu des chantiers interminables de l’ONDA comme celui de l’extension de Casablanca qui présentent de gros désagréments. Quelques mots sur ce retard.
    - Il y a un seul chantier en retard et c’est le terminal de Casablanca. Ce chantier a connu plusieurs points d’arrêt avant d’être relancé en octobre 2014. Personnellement et sans démagogie, je préfère regarder l’avenir et non le passé. Aujourd’hui reconfiguré, réorienté et optimisé, ce projet est en phase finale avec la fin des gros œuvres et des finitions qui interviendront dans les quelques mois prochains. Le chantier avance de manière constante, sans plus d’entraves. Et nous pouvons avancer que ce terminal sera complètement terminé au cours de ce trimestre, avec l’entame des tests techniques et opérationnels en vue de son ouverture pour le second trimestre.
    Propos recueillis par
    Badra BERRISSOULE

     

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