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    Culture

    Berlin célèbre «l’autre» cinéma marocain

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4960 Le 14/02/2017 | Partager
    Hommage à Ahmed Bouanani
    Projections de longs et courts métrages au Forum de la Berlinale 2017

    C’est à un autre cinéma marocain que le Festival international du film de Berlin qui se poursuit jusqu’au 19 février a décidé de rendre hommage. Un cinéma d’auteur, expérimental tel que le Maroc a pu produire dans les années 60/80 porté par un souffle créatif et poétique loin du cinéma commercial dominant à l’époque. Fruit du travail d’une poigné d’auteurs engagés, les films seront accueillis dans la section Forum de la Berlinale 2017.

    L’hommage est intitulé «Autour de Bouanani, another Morrocan Cinema» et est organisé en partenariat avec le Centre cinématographique marocain. Une programmation qui rend hommage à cette génération de précurseurs dont la figure emblématique reste sans conteste celui qu’on n’hésite pas à qualifier de «Jean Cocteau» marocain, Ahmed Bouanani. Trois longs métrages représentatifs de cette période florissante seront projetés, il s’agit du film culte de Hamid  Bennani Wachma (Traces-1970), Assarab ou le Mirage de Ahmed Bouanani réalisé en 1979 et puis le non-moins mythique Hallak derb Alfoukara (Le coiffeur des quartiers pauvres) de Mohamed Reggab (1982).

    Quand aux courts métrages, on retrouvera sur les écrans de la Berlinale des films qui représentent l’âge d’or du court métrage au Maroc, notamment De chair et d’acier de Mohamed Afifi (1957), Tarfaya ou le marché du poète, premier opus d’Ahmed Bouanani, Al Borak, réalisé en 1973 par Majid Mchich et enfin Six et douze cosigné par Mohamed Abderahmane Tazi, Majid Mchich et Ahmed Bouanani.

    Par ailleurs, c’est un autre réalisateur, tout aussi «alternatif» qui se retrouve dans la sélection Panorama du festival. Après The Sea is Behind en 2015 et Starve Your Dog en 2016, Hicham Lasri revient à la prestigieuse Berlinale pour son nouveau long métrage, Headbang Lullaby, qui sera présenté en avant-première mondiale. On y retrouve l’univers du réalisateur, un mélange d’absurde, de tragi-comique et d’aventures rocambolesques. Le personnage principal, campé par Aziz Hattab, est un policier paralysé du visage après avoir reçu une bouteille sur la tête pendant les émeutes du pain en 1981. Il est mobilisé  au milieu de nulle part pour sécuriser un pont où Hassan II doit – peut-être – passer, il croise une femme interprétée par Latifa Ahrare qui habite de l’autre côté du pont. Une situation qui n’est pas sans rappeler l’œuvre de Samuel Becket: En attendant Godot.

    Bouanani: un devoir de mémoire

    C’est à un véritable travail de recherche auquel se sont attelés une poignée d’artistes et de chercheurs pour exhumer l’œuvre immense de cet artiste méconnu du grand public qu’était Ahmed Bouanani. Pionnier du cinéma marocain, c’est surtout un  artiste complet, à la fois dessinateur, romancier, poète traducteur et même designer.
    Son unique roman publié «l’hôpital»: un récit tonitruant et révolté est considéré comme un monument de la littérature nationale alors qu’un trésor artistique et littéraire reste encore à découvrir? Sa fille, Touda Bouanani, artiste contemporaine, travaille depuis un moment sur la restauration de son œuvre: plus de six romans, de trois recueils de poésie ou de contes, une dizaine de scénarios, une bande dessinée et même des centaines de dessins parmi lesquels des croquis de bijoux traditionnels sont exhumés des cartons. En 2012 ses courts métrages étaient diffusés à la Tate Modern de Londres et au Palais de Tokyo à Paris.  Son roman  est réédité en français, traduit en arabe et en anglais par une maison d’édition américaine et plusieurs hommages lui sont rendus. Une belle revanche  pour  cet artiste de la mémoire «illustre inconnu» comme le décrit sa fille Touda, à la pensée libre et rebelle, censuré pour ces idées mais également brisé par une série de drames familiaux et dont l’œuvre est petit à petit tiré de l’oubli.

     

     

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