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    Régions

    Fès-Meknès: Les nouvelles batailles de Laenser

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4952 Le 02/02/2017 | Partager
    Le président du conseil régional réclame plus de pouvoir
    Selon lui, la région n’a pas d’interlocuteur au Parlement

    Près d’un an et demi après l’élection du nouveau conseil régional Fès-Meknès, celui-ci ambitionne d’élaborer un plan de développement régional inédit. Il a confié sa préparation au géant mondial du conseil et de l’audit KPMG. En fait, l’étude devrait être ficelée d’ici quelques semaines. En attendant, la région cherche encore sa vocation.

    Entre culture, artisanat et tourisme, ou encore industrie et services, les décideurs ne savent pas à quel saint se vouer. C’est ce qui ressort en effet d’une intervention de Mohand Laenser, président du conseil régional, devant les étudiants de l’institut supérieur HEM. Dans son diagnostic, ce dernier a noté que la région qu’il dirige a de grandes potentialités, mais souffre de plusieurs maux. «Elle n’évolue pas très vite, n’attire plus de nouveaux investissements, et est enclavée par rapport à la mer».
    Avec 40.000 km2 de superficie, Fès-Meknès est la 4e région par son poids démographique.

    En revanche, celui-ci a tendance à la baisse (4.236.892 habitants, 12,52% de la population du Maroc). Elle est certes située géographiquement au carrefour de plusieurs régions et pôles de croissance. Toutefois, elle n’est plus une zone d’accueil, mais plutôt d’émigration. En outre, le tiers de sa croissance naturelle alimente l’émigration. A noter aussi que la réduction du poids démographique régional dans le temps est révélatrice de la baisse de son attractivité économique.
    Pour Laenser, «les réformes territoriales entamées en faveur des nouvelles régions, la régionalisation avancée notamment, s’inspirant du modèle français, visent à remédier aux disparités régionales, surtout par rapport à la dimension économique». A cet effet, de nouvelles batailles seront déclenchées afin d’être «un facilitateur et ne pas décevoir». «C’est une affaire de progressivité dans le temps et un travail de longue haleine qui doit être perçu comme un gage de notre action évolutive», dit le responsable régional.

    Entre la commune et l’Etat, la région est une bonne proportion pour le développement. Elle devrait assurer une équité spatiale pour éradiquer les déséquilibres, même à l’intérieur de la région. «La vision de notre région est simple: attirer des investissements et créer des richesses», souligne le doyen des présidents de régions. Et de poursuivre, «il faudrait créer une inclusion entre les différentes provinces et assurer leur attachement et la communication entre elles, via les routes non classées notamment». A côté de l’inclusion des composantes, il y a la jonction entre les régions enclavées. Pour le cas de Fès-Meknès, le renforcement, à terme, des liaisons avec Draâ-Tafilalet, Taza-Taounate et Khénifra-Beni Mellal, serait d’un grand apport.

    Pour commencer, il faut développer un axe de grande circulation entre Fès et Marrakech, via Ifrane et Beni Mellal. «Il en est de même avec les sorties les plus intéressantes du Royaume, Nador Med-Ouest, TangerMed et Kénitra-Med, avec qui notre région devrait tendre vers des routes de communication», propose Laenser. Et d’ajouter, «le réalisme doit prôner toute action de développement». Ainsi, si l’on veut rendre la région plus dynamique, compétitive et attractive économiquement, il faut y travailler avec les conditions du Maroc de 2017. En clair, il faut doter la région d’une vocation en se basant sur ses atouts et ses avantages comparatifs. Par ailleurs, l’espace régional est parfois le théâtre de tiraillements entre les projets structurants et les besoins quotidiens des populations des petites communes. A ce titre, les choix devraient se faire d’une manière judicieuse. Surtout si l’on sait que les ressources ne peuvent pas satisfaire tout le monde.

    A noter que la région de Fès-Meknès dispose, au titre de 2017, d’un budget région de 588 millions de DH. Un «petit» montant qui ne peut pas financer tous les projets. D’où d’ailleurs les partenariats développés avec les collectivités territoriales et départements ministériels. A ce titre, Laenser reconnaît la difficulté de défendre les projets de la région surtout «en l’absence d’interlocuteur». Outre un gouvernement à la traîne, le statut des présidents de régions leur interdit de cumuler les «fonctions». Ils ne peuvent plus briguer un mandat de ministre ou de député.

    Ce qui constitue, selon le président de l’association des régions du Maroc, un frein au développement. «La région doit être écoutée. Pour cela, elle doit porter ses problèmes devant le Parlement et le Gouvernement. Les pouvoirs régionaux doivent convaincre aussi», affirme-t-il. Mais aurait-il oublié au passage que nombre de conseillers régionaux sont députés, dont, entre autres, ses vice-présidents Mohamed Skali, Majda Benarabia et Mohamed Ouzzine? Pas sûr. Signalons enfin qu’Ouzzine est aussi vice-président de Lahbib El Malki, au Parlement.

    «Task force»

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    Lors de son intervention devant les invités de HEM, Laenser a évité de se prononcer sur des projets structurants. «D’ici 2021, je vais mettre la région sur la bonne voie», a-t-il répondu à L’Economiste. Les clés de la réussite de sa mission se résument, selon lui, «en la création des richesses dans les villes, puis les diffuser vers les centres ruraux. Il faut également assurer un développement urbanistique maîtrisé et convaincre les élites». Pour ce dernier volet, Laenser promet de créer des systèmes de dialogue et de concertation. «La task force permettra de mieux bâtir l’avenir, à travers une réelle démocratie participative», conclut-il.

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

     

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