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    Economie

    Ces inégalités qui s’aggravent au Maroc

    Par Soufiane NAKRI | Edition N°:4945 Le 24/01/2017 | Partager
    Les riches consomment 13 fois plus que les pauvres
    La campagne abrite 85% des populations en état de pauvreté absolue
    L’efficacité des politiques publiques mise en cause
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    Entre le troisième trimestre de 2015 et celui de 2016, le taux de chômage des diplômés d’université s’élève à 22,7%. Les techniciens occupent la deuxième position avec 24%

    Les inégalités freinent le développement de la richesse globale au Maroc. Selon le Rapport sur le capital immatériel élaboré par Bank Al-Maghrib et le CESE, (Voir aussi nos analyses dans les éditions n°4943 et 4944 du 20 au 23 janvier 2017), les riches consomment 13 fois plus que les pauvres. En 2014 (dernières données disponibles), les dépenses des 10% des ménages les plus aisés représentaient plus du tiers des dépenses totales de consommation (33,8%) contre seulement 2,6% pour les 10% les moins aisés. Ces chiffres brûlants devraient alimenter le débat sur la capacité des pouvoirs publics à garantir l’égalité des chances et des opportunités à l’ensemble des citoyens.

    En effet, les inégalités sociales restent particulièrement perceptibles entre le milieu urbain et rural.  La campagne concentre plus de 85% de la population en état de pauvreté absolue et 60% de la population se trouvant dans une situation de vulnérabilité. Cette disparité sociale  touche essentiellement les personnes âgées, les enfants, les adolescents, et les personnes en situation de handicap.

    Pour lutter contre la pauvreté et réduire les inégalités sociales, des avancées ont été réalisées entre 1993 et 2013, grâce à l’initiative nationale du développement humain (INDH). Sur cette période, la dépense annuelle moyenne par habitant s’est nettement améliorée de plus de 50%, passant d’environ 10.000 dirhams à plus de 15.000 dirhams par personne (en dirhams constants de 2014). En parallèle, le niveau de vie des catégories sociales les plus modestes a progressé en moyenne annuelle de 3,6% que celui des catégories intermédiaires (+3,3%) ou aisées (+3,2%). Cela a fait chuter le taux de pauvreté absolue de 15,3% en 2001 à 4,2% en 2014.

    Double peine pour les femmes

    Côté emploi, malgré une transition démographique favorable, le taux d’activité demeure faible. Au troisième trimestre 2016, il est passé de 47,9% à 46,7%, enregistrant une diminution de 1,2 point. Les inégalités d’emploi touchent particulièrement les femmes avec un taux d’activité qui reste particulièrement faible (23,4% au premier trimestre 2016). Cela pèse fortement sur la dynamique de la croissance et par la suite la richesse globale. Le taux de chômage des femmes (11,2% au premier trimestre 2016) est plus élevé que celui  des hommes (9,6%). Paradoxalement, elles sont de plus en plus diplômées.

    Le  rapport s’inquiète du chômage des jeunes contre lequel aucun remède ne semble efficace. D’une part, plus des deux tiers de la tranche 15-24 ans est sans emploi depuis un an et la situation ne cesse de s’aggraver. D’autre part, le chômage reste fortement corrélé au niveau d’éducation de la population active.  Entre le troisième trimestre de l’année 2015 et celui de 2016, le taux de  chômage des diplômés (niveau supérieur) représentait 22,3% (voir l’infographie). La fragilité du tissu productif national, le faible niveau d’investissements, notamment dans les secteurs industriels, les rigidités du marché du travail, et la faiblesse structurelle de la demande restent des obstacles très forts à la résorption du chômage des jeunes et à la création de nouvelles opportunités durables

    Le poids de la précarité, notamment au sein du secteur informel reste important. Ce qui impacte négativement l’efficacité des politiques menées par l’Etat, ainsi que la compétitivité des opérateurs.  Pour la qualité de l’emploi, elle demeure fragile avec plus de 62% des salariés qui exercent sans contrat de travail.

    Peu de confiance en la justice

    La confiance des citoyens vis-à-vis des institutions publiques est un aspect de la dimension sociale du capital immatériel et donc la richesse globale d’une nation. Les enquêtes menées dans ce sens indiquent qu’en dehors des institutions régaliennes qui bénéficient de la confiance de la population, le sentiment de la défiance s’accentue.  En effet, les études montrent que le gouvernement, le parlement, les syndicats bénéficient d’un niveau de confiance relativement faible. Pareil pour les partis politiques. Par ailleurs, les faibles taux de participation enregistrés, lors des différents scrutins, confirment la désaffection des citoyens pour l’offre politique.

     

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