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    Rétrospective 2016

    Des rendez-vous électoraux à haut risque en Europe

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4928 Le 30/12/2016 | Partager
    Un calendrier normal, des scrutins anticipés et des référendums…
    Le niveau de risque politique inégalement réparti entre les pays
    Le Maroc devrait se montrer attentif aux évolutions
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    Le niveau de risque restera élevé et très inégalement réparti entre les différents pays. Trois groupes sont distingués: les pays exposés à un risque faible (ou mineur), c’est le cas de l’Allemagne, la France et l’Irlande, les pays dans une position intermédiaire ou post-crise politique (Espagne, Portugal, Pays-Bas et Grèce) ainsi que les pays très exposés au risque politique avec une probabilité d’instabilité gouvernementale élevée (Royaume-Uni, Autriche et surtout l’Italie)

    Processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, investiture de Donald Trump et prochaines échéances électorales en Europe… sont autant d’événements qui marqueront l’année 2017. Déjà ébranlée par les crises de l’euro et des réfugiés, le continent européen reste vulnérable. Aussi, chaque pays fera face à un contexte politique bien spécifique. En plus du calendrier normal des élections (France, Allemagne, Pays-Bas), un certain nombre de pays restent très exposés au risque d’élections anticipées (Italie, Autriche) et des souhaits de référendums s’annoncent (Ecosse, Irlande du Nord).
    Plusieurs de ces pays comptent parmi les partenaires économiques du Maroc. La revue du paysage politique en 2017 réalisée par l’équipe de Natixis (1) reflète l’expansion géographique de l’incertitude politique et confirme le retour du risque en Europe comme une variable clé pour les décisions d’investissement et l’évolution des notations souveraines par les agences.

    ■ Royaume-Uni: Quand l’Union divise!
    La nomination des principaux fervents du Brexit à des postes clés dans la gestion de la transition jusqu’à la sortie de l’UE et le discours du nouveau Premier ministre du pays, Theresa à la conférence annuelle du Parti conservateur présagent d’un Brexit difficile. Elle a fermement indiqué vouloir reprendre le contrôle intégral de la politique d’immigration et a exclu tout maintien du Royaume-Uni au sein de la Cour européenne de justice, rejetant ainsi deux des piliers essentiels du marché unique européen. Ceci laisse prédire une issue plutôt défavorable aux négociations conduisant au Brexit. Ce scénario est estimé comme très probable, «notamment parce que le retournement de la conjoncture britannique sera atténué par un policy mix expansionniste confortant de fait les positions des Brexiters purs et durs», relèvent les experts de Natixis. Par conséquent, la probabilité reste forte que le mandat de cinq ans du gouvernement conservateur prenne fin comme prévu en 2020 et que les prochaines élections générales se tiennent le 7 mai 2020. Les négociations ne dureront pas plus de deux ans, ni les Brexiters purs et durs, ni la majorité qualifiée des membres de l’UE n’ayant intérêt à les prolonger. En conséquence, le Royaume-Uni devrait sortir de l’Union d’ici l’été 2019, après la conclusion au moins d’un accord commercial. La reprise en main de la politique d’immigration coûtera la perte des droits associés au passeport unique au Royaume-Uni.

    ■ France 2017: Aux urnes citoyens!
    Jusqu’ici, 2016 tient ses promesses en termes d’enjeux politiques: trois primaires aux présidentielles étant programmées d’ici fin janvier 2017. Pour autant, le risque de fragmentation du paysage politique s’élève, favorisant un maintien du Front national au second tour de la présidentielle sans qu’une victoire ne soit actuellement plausible.
    Du côté du gouvernement, les réformes déjà engagées en début d’année (Loi El Khomri sur le marché du travail) ont été dans l’ensemble conduites ou sont en passe de l’être (Loi Sapin II sur la transparence de la vie financière) à l’exception de la Loi Macron II (portant sur les nouvelles opportunités économiques (NOÉ)) reprise pour partie seulement dans d’autres lois. A presque 5 mois de la remise en jeu du mandat présidentiel, il est vraisemblable qu’une période de pause en matière des réformes structurelles s’instaure progressivement, pas moins de 3 élections ayant lieu en 2017: la présidentielle, les législatives et les sénatoriales. François Hollande a finalement renoncé à postuler à sa propre succession, après un mandat marqué par un effritement constant de sa majorité depuis son élection en 2012. L’année 2017 pourrait de ce fait engendrer une volatilité croissante sur les marchés financiers alors même que les risques politiques s’avèrent en réalité relativement contenus en raison notamment des modes de scrutin en place qui devraient garantir l’émergence d’une majorité au parlement pour le prochain gouvernement.

    ■ Allemagne: Période délicate pour Angela Merkel
    Malgré la chute du nombre de réfugiés arrivant en Allemagne, la pression est de nouveau montée pour Angela Merkel après les deux défaites qu’elle et son parti CDU ont essuyées lors des élections régionales et le récent attentat sur le marché de Noël à Berlin. Les plus fortes pressions auxquelles elle est soumise viennent des conservateurs du parti allié bavarois de la CSU, qui critiquent la politique d’accueil des réfugiés du gouvernement Merkel. C’est lors des élections législatives de septembre 2017 qu’Angela Merkel devrait à nouveau se lancer et briguer un quatrième mandat. Un retrait allemand de l’UE «Dexit» semble toutefois hautement improbable, les Allemands étant massivement favorables à l’appartenance du pays à l’Union européenne.

    ■ Portugal: Sur le fil du rasoir
    Le Portugal a réussi à ramener son déficit public à 2,5% du PIB sur les neuf premiers mois de l’année, en nette baisse par rapport aux 3,4% enregistrés à la même période de 2015, selon l’Institut national des statistiques (Ine). Sur l’ensemble de l’année, le gouvernement socialiste prévoit un déficit de 2,4% du PIB, contre 4,4% en 2015. Ce qui permettrait à Lisbonne de passer pour la première fois en dessous de la barre des 3% fixée par les règles européennes. Menacé de sanctions européennes après avoir manqué en 2015 son objectif de ramener son déficit sous les 3% du PIB, le Portugal, tout comme l’Espagne, y a finalement échappé. Les faiblesses structurelles du pays demeurent donc un point majeur de préoccupation. Du côté politique, le gouvernement d’Antonio Costa a montré une résistance remarquable mais ne s’est pas pour autant renforcé. Les fragilités dont il souffre depuis sa formation continuent de constituer une menace pour sa stabilité et sa viabilité pour toute la durée de la législature n’est absolument pas garantie. Le risque politique est resté stable depuis un an mais à un niveau toujours élevé.
    ■ Grèce: Le temps passe, la dette reste
    La Grèce ne devrait pas d’ici mi-2017 faire beaucoup parler d’elle en ce qui concerne la question de ses finances publiques. Le programme d’ajustement devrait suivre son cours. Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a indiqué il y a quelques jours qu’Athènes avait levé les doutes sur sa détermination à engager des réformes pour réduire sa dette, ouvrant la voie à un allègement de la dette. Les responsables de la zone euro décideront officiellement, lors d’une réunion en janvier, s’ils appliqueront le léger toilettage accordé début décembre, des mesures dites «de court terme», car elles pouvaient être prises rapidement. L’Allemagne pourrait s’y opposer. Sur le front macroéconomique, hors choc exogène, la timide reprise de la croissance qui pointe aujourd’hui se poursuivrait à un rythme lent. Sur le front politique, aucune initiative spectaculaire ne se devrait surgir sur la période. Toujours pieds et poings liés par le programme d’assistance jusqu’en 2018, quel que soit la couleur du gouvernement, les marges de manœuvre n’existent pas ce qui incite peu à tenter de renverser le gouvernement actuel avant ce terme.
    ■ Italie: Vers des élections anticipées?
    Aussitôt en place, le nouveau Premier ministre Paolo Gentiloni a été chargé de former son gouvernement. Son prédécesseur, Matteo Renzi, a remis sa démission trois jours après le «non» des Italiens au référendum sur la réforme constitutionnelle. Il a par ailleurs laissé entendre qu’il était favorable à des élections anticipées. Encore faut-il avoir réformé la loi électorale, condition indispensable pour éviter la paralysie du pays.
    La montée en puissance des populistes du Mouvement Cinq Etoiles (M5S) sera à surveiller en 2017. Le parti est toujours donné vainqueur au second tour dans les sondages en cas d’élections anticipées. Ces facteurs pèseront sur la perception du risque politique par les investisseurs et donc sur la performance des actifs italiens. Les populistes ont déjà appelé à une grande manifestation d’ici au 24 janvier, date à laquelle la Cour constitutionnelle doit se prononcer sur la loi électorale en vigueur à la Chambre des députés. Le M5S estime qu’une fois la loi amendée par la Cour, il sera possible de voter dès février. En ce qui concerne les finances publiques, la dette publique de ce pays est une véritable bombe à retardement. Cette année, elle s’établit à 133% de son Produit intérieur brut (PIB), ce qui fait d’elle la deuxième plus grosse de toute l’UE après la Grèce, selon les derniers chiffres de la Commission européenne.

    ■ Espagne: L’endettement et le déficit publics au cœur du débat
    Les questions de l’endettement et du déficit public sont au cœur du débat politique en Espagne. Ils représentent l’un des principaux défis du nouveau gouvernement conservateur, formé début novembre après dix mois de blocage politique. Mariano Rajoy a promis de ramener le niveau de la dette publique à 99,1% du PIB dès la fin de l’année, pour un déficit public de 4,6%. La dette publique espagnole s’est maintenue à un niveau élevé au 3e trimestre, à 100,3% du PIB, selon la Banque d’Espagne. Celle-ci a revu légèrement en hausse sa prévision de croissance du PIB pour 2017, à 2,5%.
    Le FMI, qui table sur 2,3% de croissance, a demandé à Madrid de poursuivre ses efforts budgétaires. Les économistes suggèrent notamment la réduction des exemptions de la TVA, de trois points inférieure en moyenne à celle des pays voisins. Une option rejetée par le ministre de l’Economie Luis de Guindos, qui estime que les mesures prévues «sont plus que suffisantes» pour tenir les promesses faites à Bruxelles. Un autre défi, le marché du travail qui reste encore excessivement déséquilibré et qui demandera de nouvelles réformes pour réduire le taux de chômage.

    2017 dans le monde en dix dates

    L'investiture de Donald Trump à la Maison-Blanche et le lancement du Brexit figurent parmi les dix événements marquants pour 2017.
    - 1er janvier: New York - Entrée en fonction du nouveau secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres
    - 20 janvier: Washington - Barack Obama quitte la Maison-Blanche, investiture de Donald Trump, 45e président
    - 31 mars: Londres - Date limite à laquelle la Première ministre britannique Theresa May a promis de déclencher l'article 50 du Traité de Lisbonne, procédure formelle qui lancera le divorce du Royaume-Uni d'avec l'Union européenne
    - 23 avril: France - Election présidentielle (second tour le 7 mai)
    - 19 mai: Iran - Election présidentielle
    - 5 août: Londres - Championnats du monde d'athlétisme (jusqu'au 13)
    - 8 août: Kenya - Election présidentielle
    - 13 septembre: Lima - Le Comité international olympique (CIO) désigne la ville organisatrice des jeux Olympiques 2024.
    - Septembre/Octobre: Allemagne - Elections législatives
    - 6 novembre: Bonn (Allemagne) - COP23 sous la présidence des Fidji (jusqu'au 17).

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    (1) Note économique de Natixis: «Autant en emportent les urnes, Risque politique et marchés obligataires souverains dans l’Union européenne en 2017», AFP et agences de presse.

     

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