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Politique

Lutte contre le terrorisme: La recette de De Villepin

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4906 Le 28/11/2016 | Partager
Le recours à la guerre fragilise les Etats et prépare le terrain aux terroristes
L'ex 1er ministre français pour une vision fondée sur la politique et la diplomatie
Une plus grande coopération entre l’Europe et les pays africains pour réduire l'injustice
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Son discours à l’ONU en 2003, était lucide et visionnaire. Dominique de Villepin était fort convaincu que la guerre de l’Irak n’aboutira pas à la paix et qu'elle aurait par contre des conséquences néfastes sur ce pays et toute la région du Moyen-Orient. Le temps lui a donné raison (Ph L'Economiste)

La guerre entraîne d’autres guerres. La politique et la diplomatie restent les moyens privilégiés pour résoudre les conflits internationaux et instaurer une paix durable. C’était l’un des messages clés délivrés par l'ancien premier ministre français, lors de la conférence sur les «Enjeux de la paix dans le monde» qu'il a animée jeudi dernier à Rabat.
Une rencontre modérée par le politologue et universitaire Mohamed Tozy qui n'a pas manqué d'interpeler l'ancien homme d'Etat français sur de nombreux points abordés dans son dernier livre «Mémoires de paix pour temps de guerre». Un véritable réquisitoire contre la guerre en Irak, qu'il a vécue alors en tant que ministre des Affaires Etrangères (2002-2004).
Pour étayer l’approche développée dans son livre, de Villepin fait un rappel historique en revenant au débat entre les différentes puissances au sein du Conseil de Sécurité à la veille de l’invasion de l’Irak. L'argument des dirigeants conservateurs américains et à leur tête le président George W. Bush, était que cette guerre avec à la clé le départ de Saddam allait permettre de constituer un cercle vertueux pour la région du Moyen-Orient et ses populations, rappelle le conférencier. Dans son discours historique à l’ONU à la veille de l’invasion de l’Irak et précisément en février 2003, l'ex ministre des AE a défendu l’option du renforcement du rôle des inspecteurs et le désarmement de l’Irak au lieu de se lancer dans la guerre. De Villepin a attiré l’attention de la communauté internationale à l’époque sur le fait qu’une «telle intervention pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d'injustice, aggraverait les tensions et risquerait d'ouvrir la voie à d'autres conflits». Et c'est exactement ce qui se produit actuellement dans la région. En effet, la fin de l’invasion militaire menée par la coalition de plusieurs pays conduite par les États-Unis a entraîné la fragilisation du pouvoir de l’Etat irakien, ce qui a ouvert la porte à l’émergence de nouvelles forces sous forme d’alliances entre courants religieux  avec de nombreux ténors de l’ancienne armée de Saddam. Les conséquences ravageuses de cette guerre ne se sont pas limitées à l’Irak. Elles ont contribué
au déclenchement des conflits armés dans plusieurs pays du Moyen-Orient et même en Libye au Nord de l’Afrique. Pour de Villepin, un pays affaibli ressemble à une plaie qui est facilement envahie par des virus. Ce choix de la force et la guerre est également adopté aujourd'hui pour lutter contre le terrorisme. Pour de Villepin, littéralement contre, cette guerre ne fait que renforcer l’adversaire en lui donnant un statut et un rôle à jouer dans la région. Ce qui lui permet d’acquérir une légitimité et effectuer des recrutements à tout va dans le monde arabe et aussi dans certains pays occidentaux.    
«Chaque fois que l'on utilise l’outil militaire contre le terrorisme, on se retrouve au contraire avec le risque qu’il se propage davantage. C’est exactement comme de jeter de l’huile sur le feu», souligne à très juste titre Dominique de Villepin.
Les groupes terroristes sont formés de noyaux composés d’un nombre limité d’extrémistes. Ce noyau d’individus agrège des forces sympathiques attirées par le terrorisme comme cela est le cas pour l’Etat islamique qui est arrivé à drainer des groupes marginalisés que ce soit  par le pouvoir chiîte à Bagdad ou celui de Bachar Al Assad en Syrie. Pour asphyxier et isoler le terrorisme, l’ex-ministre des affaires étrangères préconise une stratégie fondée sur le politique. Cette approche politique conjuguée à la diplomatie et la coopération permet de lutter contre l’injustice et la marginalisation dans ses différentes formes que ce soit en interne d’un pays ou sur le plan international. Mais le contexte actuel ne favorise pas ces initiatives à cause de la dégradation du politique et l’émergence du discours passionné et émotionnel au lieu de celui de la raison et les valeurs humaines.

La coopération Sud-Nord essentielle

Le conférencier soulève aussi l’absence de coopération de grande envergure entre les pays de l’Europe et les pays africains. Celle-ci pourra contribuer au règlement des principaux problèmes posés dans les deux continents. Le développement des pays africains va permettre ainsi de réduire l’injustice et la marginalisation au sein de leur société, ce qui va contribuer à atténuer les fléaux de l’immigration et du terrorisme devenus une source d’inquiétude pour l’Europe. De même, le continent africain pourra constituer une opportunité pour les entreprises du Nord à un moment où la croissance économique dans certains pays d’Europe a atteint un niveau de saturation ne dépassant pas 2%.

 

 

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