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Evénement

Thon rouge, espadon : Les enjeux d’une négociation serrée

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4903 Le 23/11/2016 | Partager
Des centaines d’emplois préservés dans le secteur de la pêche
Le Maroc s’est opposé à l’OPA de Bruxelles sur la commission des thonidés
La prochaine réunion de l’institution onusienne se tiendra en 2017 à Marrakech
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Zakia Driouich, SG du ministère de la Pêche maritime: «Il faut maintenant bien travailler pour préparer les discussions de la prochaine réunion de l’ICCAT en 2017 à Marrakech» (Ph. MPM)

- L’Economiste: Comment jugez-vous le bilan de votre participation à la 20e session de la commission des thonidés?
- Zakia Driouich:
Nous pouvons considérer que nous avons fait une bonne pêche sur le thon rouge. Le Maroc a préservé ses droits avec une augmentation de son quota de 20%. Ainsi, nous passons d’un volume d’environ 1.700 tonnes en 2016 à 2.100 en 2017. Sur l’espadon de l’Atlantique, le Maroc a obtenu une augmentation suite à la reconnaissance des efforts accomplis pour respecter la consommation de son quota, plaidant pour une augmentation exceptionnelle en 2017. D’ailleurs, nous avons arrêté la pêche de l’espadon en Atlantique en juillet 2017 suite à l’épuisement du quota en attendant la réunion de 2017 qui va réviser le quota global de l’espadon de l’Atlantique. C’est ainsi que notre quota en Atlantique a été augmenté de 100 tonnes, transférées par le Japon, passant de 850 à 950 tonnes.
Concernant l’espadon de la Méditerranée, l’UE a proposé le renforcement des mesures de gestion, à savoir la réduction de l’effort de pêche, la fixation d’un quota en prenant comme référence l’année 2015 et la modification des périodes de repos biologique. Le Maroc s’est fortement opposé à cette proposition tout en soutenant les efforts entrepris pour la préservation de la ressource. Le plan Halieutis a permis de préserver la ressource puisque, aujourd’hui, 93% des pêcheries sont gérées par des plans d’aménagement.
Après des discussions de plus de cinq jours, le Maroc a réussi à faire entendre sa voix, plus particulièrement au motif que la pêche de l’espadon en Méditerranée est une pêche de subsistance. Et conformément au principe de l’ICCAT, la pêche de subsistance doit être priorisée.
La délégation marocaine a obtenu que la voix des petits pêcheurs soit entendue. C’est ainsi que nous avons réussi l’inscription à l’ICCAT, pour l’année 2017,  de toutes les barques qui veulent pêcher l’espadon en Méditerranée.
Concernant le quota, le Maroc a imposé comme référence de calcul la moyenne depuis l’année 2010. Ainsi, seront pris en considération tous les efforts entrepris pour l’élimination du filet maillant dérivant.
En 2017, le quota sera libre. Et à titre indicatif, il a été retenu un quota global de 10.500 tonnes. Pour ceux qui ont les statistiques, le calcul est vite fait et je peux dire que le quota sera conséquent puisque c’est la moyenne de 2010 à 2016.

- Comment s’effectuera la répartition des quotas?
- La distribution se fera entre le segment des madragues et des navires hauturiers qui sont limités et les segments artisanal et côtier, qui sont considérés comme pêche accessoire à ces deux derniers. La répartition se fait selon les recommandations du comité de l’ICCAT, qui préconise des pourcentages à allouer à chaque segment. S’agissant de l’espadon de l’Atlantique, et compte tenu de la faible flotte qui cible cette espèce, le quota est libre jusqu’à atteinte du quota du Maroc qui passe à 950 tonnes, puisque chaque pièce pêchée a une traçabilité ICCAT.
Au niveau de la Méditerranée, il n’y a pas de quota prédéfini actuellement, mais nous sommes tenus de déclarer toutes les prises à l’ICCAT. Autrement, elles ne pourront pas être exportées. De plus, nous devons respecter toutes les autres mesures, c’est-à-dire la taille minimale de l’espadon, le nombre d’hameçons et les repos biologiques.

- Pourquoi certains membres voulaient-ils que la commission soit rattachée à l’UE et non plus à la FAO?
- Ce point est plus politique que technique. A la demande d’une partie de l’ICCAT, le changement de dépositaire a été demandé en vue d’introduire au sein de l’ICCAT une partie non gouvernementale. Le Maroc, au même titre que d’autres membres, au motif que nous avons toujours travaillé sous l’égide des Nations unies et nous avons toujours eu de bons résultats. Le changement n’était pas opportun d’autant plus que l’UE est membre de l’ICCAT. Par conséquent, elle ne peut être juge et partie. Si l’on veut assurer nos droits, nous devons maintenir la FAO comme dépositaire.

Propos recueillis par
Hassan EL ARIF

 

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