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International

Yémen: L’impossible cessez-le-feu

Par Walid ROUICHI | Edition N°:4902 Le 22/11/2016 | Partager
La coalition arabe a repris des bombardements contre les rebelles houtis
L’accord américain n’aura duré que 48 heures!

«Au niveau militaire, pour le moment, nous n’avons aucune directive de prolonger le cessez-le-feu. C’est fini voilà». C’est sur un ton martial qu’Ahmed Assiri, général saoudien leader de la coalition arabe, a confirmé hier matin que le répit au Yémen n’allait pas durer.
Le général Assiri affirme que sans les nombreuses violations du cessez-le-feu, l’Arabie Saoudite aurait observé la prolongation automatique de l’accord. John Kerry, chef de la diplomatie américaine, s’était activement efforcé de calmer le jeu la semaine passée. Après plusieurs interventions, il était parvenu à un accord entre les belligérants pour baisser les armes. Le gel des hostilités, enclenché le 18 novembre, n’a pas duré plus de deux jours. L’apaisement diplomatique opéré par la diplomatie américaine n’avait pas de quoi satisfaire les demandes ni des forces gouvernementales du président Mansour Hadi, ni des forces des rebelles houtis. Mansour Hadi, le chef du gouvernement du Yémen, soutenu par l’Arabie Saoudite, souhaite le désarmement des Houtis. Le camp chiite voudrait prendre plus largement part à la direction du pays. Dès le début de la trêve, tout annonçait que l’accord ne tiendrait pas le choc. Les offensives se sont succédées des deux côtés, chacun s’accusant mutuellement de ne pas respecter l’arrêt des combats.

La coalition arabe bombarde depuis 2015

Les tensions ethniques entre un nord à majorité chiite et un sud à majorité sunnite avaient déjà fait leurs preuves dans les années 1990 et lors du printemps arabe. Les heurts entre les Houtis et les forces gouvernementales ont gagné en ampleur depuis l’été 2014. Les forces Houtis sont soutenues par les populations chiites et le président déchu Ali Abdallah Saleh. Elles sont parvenues à conquérir la capitale Sanaa et à marcher vers le Sud où subsistent les forces loyales au président Hadi. Ce dernier a pris refuge chez le voisin saoudien. Soucieuse de ne pas laisser son influence régionale sur le Yémen s’étioler, l’Arabie Saoudite mène une campagne de bombardements depuis 2015. Le Royaume saoudien voit l’implication directe du rival iranien derrière cette rébellion. Les bombardements de la coalition arabe ont désorganisé les infrastructures d’un pays qui avait déjà pour réputation d’être le plus pauvre de la région. Plus de sept Yéménites sur dix n’ont pas accès à l’eau potable. Plus de 600 hôpitaux et 1600 écoles ne sont plus en état de fonctionnement et pas loin de 3 millions de Yéménites sont actuellement en exil.
Le conflit a entrainé la mort de 7.000 personnes et 37.000 blessés. Suite aux bombardements, les États-Unis ont récemment réduit leur soutien à la coalition. L’Arabie Saoudite connaît des difficultés économiques de plus en plus palpables. Cette conjoncture pourrait contraindre à alléger son emprise sur le voisin yéménite.
La hantise de l’Iran motive les bombardements de la coalition arabe qui ont surtout pour résultat la paupérisation des civils. Ils concourent également au renforcement d’Al-Qaïda dans la région. Une énième trêve ne durera pas plus longtemps tant que l’Arabie Saoudite ne lâchera pas du lest vis-à-vis des Houtis, estiment les observateurs.

 

 

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