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Tribune

Gagner les élections 2021 grâce aux Millénials, c’est possible!

Par Khalid BADDOU | Edition N°:4902 Le 22/11/2016 | Partager

Khalid BADDOU a opéré pendant les 15 dernières années dans plusieurs multinationales dans les domaines de l’industrie, la pharmaceutique et les services financiers, et ce au Maroc et en Afrique. En 2013, il a initié la création de l’Association Marocaine du Marketing et de la Communication, qui a fait de la promotion de la «Marque Maroc» son cheval de bataille. Il a ainsi été membre permanent du groupe d’experts «Think Made in Morocco» de Maroc Export. Il est également membre fondateur du réseau i-Afrika qui regroupe plus de 150 entrepreneurs de 13 pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie (Ph. BK)

L’absence des données chiffrées et publiques sur la nomenclature sociodémographique des électeurs aux dernières élections législatives, selon leur choix de candidat ou de parti, ne permet pas de faire une lecture scientifique des grandes tendances qui ont marqué ce rendez-vous électoral.   
Les prévisions les plus audibles tranchaient en faveur d’un coude-à-coude en tête entre le PJD et le PAM aux environs des 100 sièges chacun. Plusieurs analystes ont parié sur l’usure qu’aurait subie l’image du parti aux commandes après 5 années à la tête du gouvernement. L’absence de moyens scientifiques, et probablement de volonté politique, n’ont pas permis de constater le changement que subit la mentalité du citoyen marocain et de mesurer son impact sur la décision de vote.

Le virage de l'humanité

Les analyses politiques ont souvent tendance à segmenter les grandes orientations des électeurs soit par leur lieu de résidence (urbain, semi-urbain, rural, bidonvilles), ou leur mode de pensée (conservateurs, modernistes, extrémistes), ou alors par leur engagement politique (militants, sympathisants, syndicalistes…). Si ce raisonnement avait été valable jusqu’à la fin du siècle dernier, il serait néanmoins plus judicieux de prendre en compte les bouleversements que connaît le monde, et fatalement le Maroc, depuis le début de la dernière décennie.
La montée en puissance du pouvoir des outils informatiques – appelé génériquement la transformation digitale – et l’influence de plus en plus ressentie des réseaux sociaux sur les habitudes des citoyens, ne doivent laisser les Etats indifférents. Ce virage que l’humanité est en train de prendre a déclenché la création d’une génération jeune, plus connectée à internet et moins connectée du monde réel. Les grandes entreprises multinationales – par soucis de durabilité et de profitabilité – ont capté la tendance et sont en train de s’y adapter pour ne pas être vouées à la disparition.
Si la génération «Peace & Love» des années 60-70 voulait bannir l’autorité de l’Etat, les Millénials, eux, se considèrent libres de tout engagement vis-à-vis de cette autorité, ils la contournent, court-circuitant tant que possible toutes ses représentations (administration, institutions, partis politiques…). Ils sont à la recherche d’une offre différente, évolutive et dynamique.
C’est ainsi qu’arrivent à percer des phénomènes politiques comme Matteo Renzi, Premier ministre d’Italie, et son homologue canadien Justin Trudeau, ou alors Emmanuel Macron, qui aspire à 38 ans à devenir président de la France.

Les Millénials marocains vont basculer la balance!

Au Maroc, cette frange de la population, âgée aujourd’hui entre 15 à 25 ans, compterait en 2021 plus de 6 millions de personnes (17% de la population), soit l’équivalent du nombre des électeurs qui s’est mobilisé pour voter aux législatives 2016.
Ces jeunes ne sont aujourd’hui dans les radars ni de l’Etat ni des partis politiques, pour la simple raison qu’ils ne se mobilisent pas en masse pour faire basculer la balance électorale. Ils sont certainement plus nombreux derrière leurs écrans à commenter, à partager et à s’influencer, car l’offre politique actuelle, avec ses codes et ses coutumes, ne les représente pas. Il serait encore plus difficile d’imaginer leur mobilisation massive en 2021 derrière Abdelilah Benkirane, Ilyas El Omari, Hamid Chabat ou Aziz Akhannouch.
La génération des Millénials cherche des hommes et des femmes politiques qui parlent leur langage et partagent leur vision du monde, qui sont présents sur scène quand il le faut avec des réponses à leurs problématiques de tous les jours. Les Millénials sont intelligents, il ne suffira pas de tourner des vidéos à un mois des législatives 2021 pour les convaincre, alors que le pouvoir passe de plus en plus entre leurs mains.

Refuser d’être mis dans une case

Le jeune Elio Panese (20 ans), sur le blog du quotidien suisse Le Temps, décrit cette nouvelle génération, dite des Millénials, comme «une génération diverse, qui mute, qui veut s’exprimer, et qui refuse d’être mise dans une case». Or, il s’agit de ceux et celles qui vont faire le monde de demain, ceux qui vont aller voter les années à venir en fonction de l’offre politique qui leur est proposée, et en fonction du «produit» électoral qu’ils auront en face. Les mécanismes actuels utilisés par les Etats pour orienter l’opinion publique ne serviront plus à rien. Il deviendra ainsi quasi impossible d’influencer ceux et celles qui vont prendre en charge la gouvernance de leur pays dans quelques années.

 

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