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Connexion et attractivité portuaires: Ce qu’il reste encore à faire

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4897 Le 14/11/2016 | Partager
Revoir la taille des navires, moderniser les ports et les infrastructures
Les transporteurs maritimes se sont efforcés de réduire leurs frais d’exploitation
L’offre maritime au Maroc accuse un certain retard
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La perte en capacité de la flotte marocaine et celle de certains pays du pourtour méditerranéen revient au déclin du pavillon national. Le secteur a connu la faillite de plusieurs compagnies. Cette situation est due aussi au manque de compétitivité des compagnies qui se sont montrées incapables de surmonter la concurrence structurée des grandes majors de cette activité

Le Maroc recule dans l’Indice 2016 de connectivité des transports maritimes réguliers. Ce dernier est déterminé non seulement par le volume des échanges, mais de plus en plus par sa position au sein du réseau de transport maritime mondial. Ce sont les données concernant le port de Tanger qui ont été examinées dans l’étude sur les transports maritimes de la Cnuced. Les données du Système d’identification automatique ont été visées et l’Agence nationale des ports était sur la sellette (cf. notre édition N°4893 du 08/11/2016).
La flotte marchande marocaine connaît une forte régression. Le pavillon marocain comptait 86 navires en 2015 pour un tonnage de 145 mTPL (mille tonnes poids lourd), qui se compose de 7 porte-conteneurs (53,3% du tonnage total), de 71 autres navires (32,7%), de 6 navires de charges classiques (6%) et d’un pétrolier (3,3%). Cette flotte, dont la capacité avait atteint 593 mTPL en 1992, a connu, au cours des deux dernières décennies, une régression annuelle moyenne de 7%, ainsi qu’un vif changement dans sa structure, selon l’étude de la DEPF «Le transport maritime des marchandises au Maroc: Evolution et perspectives». Du côté de l’offre, deux tendances opposées surgissent. La première concerne le développement et la mise à niveau des infrastructures du transport maritime. Dans ce domaine, le Maroc affiche une forte dynamique, et dispose d’une vision claire du secteur portuaire avec des services de plus en plus performants comme en témoignent les avancées enregistrées par le Maroc dans les classements internationaux. En revanche, l’offre maritime accuse un certain retard du moment où son évolution n’accompagne pas le progrès de l’offre portuaire, et ne reflète pas la progression continue de l’activité commerciale du pays. Dans ce cadre, force est de constater que le nombre réduit des navires battant pavillon national ne comprend pas des vraquiers pour transporter les produits en vrac. En outre, l’industrie navale est quasi inexistante au Maroc

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La part de la flotte nationale dans la flotte mondiale est très faible (0,01%) en raison de la conjonction de plusieurs facteurs faisant que le Maroc est en déphasage avec son contexte international
TPL: Tonne de port en lourd; TJB: Tonneau de jauge brut;
EVP: Equivalent vingt pieds

alors qu’elle affiche, au niveau mondial, un dynamisme soutenu.
Au niveau mondial, et pour la première fois depuis 2015, le commerce maritime a dépassé 10 milliards de tonnes en volume, en hausse de 2,1% par rapport à l’année précédente (9,8 milliards de tonnes), selon la Cnuced. Malgré ce résultat, le secteur connaît un ralentissement depuis 2009 et fait face à un avenir incertain. «La tendance à construire des navires toujours plus grands est la cause fondamentale des problèmes du secteur», selon le secrétaire général de la Cnuced, Mukhisa Kituyi. Actuellement, les marchandises ne sont pas assez nombreuses pour remplir les nouveaux navires acquis, qui sont plus grands.
La baisse de la demande chinoise, la faiblesse des prix des produits de base, l’offre de transport excédentaire et les incertitudes géopolitiques dans certains pays producteurs de pétrole et de gaz sont autant de facteurs qui concourent actuellement aux risques de contraction de l’activité dans les transports maritimes.
L’année dernière, 80% des marchandises mondiales en volume ont été transportées par mer. Si la croissance des transports maritimes s’est ralentie, c’est en raison de l’atonie du commerce mondial. Le secteur a été freiné aussi par la faible augmentation du commerce des produits secs en vrac, en particulier du charbon et du minerai de fer, et par les mauvais résultats du transport par conteneur, qui concerne 95% environ des articles manufacturés. La Cnuced note qu’un secteur sort gagnant. En effet, le transport maritime de pétrole a enregistré son meilleur résultat depuis 2008 en raison de la faiblesse des cours du pétrole, de l’abondance de l’offre et de la stabilité de la demande. Malgré cette faible croissance, les capacités de transport ont continué d’augmenter (+3,5%) pour atteindre 1,8 milliard de tonnes de port en lourd en 2015, faisant tomber les taux de fret à des niveaux historiquement bas.
Les transporteurs maritimes se sont efforcés de réduire leurs frais d’exploitation en construisant et en achetant des navires toujours plus grands. Mais le coût risque d’augmenter dans les pays en développement, où les frais de transport sont déjà plus élevés que dans d’autres régions. Le total des coûts systémiques augmente avec la taille des navires et les petites nations commerçantes font de plus en plus face à des marchés oligopolistiques dans les services de ligne. La part des pays en développement dans les transports maritimes internationaux est de plus en plus grande. En volume, elle a représenté 60% des marchandises chargées sur les navires en 2015. Cette même année, 62% des marchandises déchargées l’ont été dans ces pays, contre 41% en 2006.

Des infrastructures adéquates

A l’exception de quelques pays d’Asie tels que la Chine, la plupart des ports des pays en développement ne possèdent pas les infrastructures adéquates pour accueillir des navires plus grands. Sauf s’ils investissent lourdement dans la modernisation de leurs ports, les pays en développement verront le nombre de ports d’escale diminuer, les marchés devenir moins concurrentiels et les coûts de transport augmenter. Néanmoins, l’accroissement de la population et les débouchés commerciaux et économiques maritimes potentiels découlant des nouveaux projets d’infrastructure de transport tels que l’élargissement du canal de Panama et du canal de Suez permettent de rester confiant dans les perspectives à long terme des transports maritimes. Les pays sont instamment invités à recenser d’éventuels avantages comparatifs dans les secteurs tels que la construction navale, l’enregistrement des navires et le recrutement des équipages, afin d’en tirer parti.

 

 

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