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    Economie

    Archives audiovisuelles
    Protéger les droits d’auteurs, un chantier incontournable

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4895 Le 10/11/2016 | Partager
    Le numérique facilite les copies et le piratage
    Appel à une plateforme pour un accès commun aux archives des opérateurs
    Etendre la loi sur les archives aux documents audiovisuels
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    A l’ère du tout numérique, la préservation de l’histoire culturelle et identitaire se pose avec acuité. Les nouvelles technologies de l’information et de communication ont ouvert de larges perspectives en termes d’accès à l’information. Ces nouveaux canaux offrent de grandes possibilités pour mettre en valeur les différents aspects de l’histoire des peuples. Sauf que jusqu’à maintenant, les archives sont rarement exploitées dans cet effort de «faire comprendre». Aujourd’hui, «le problème n’est pas technique, mais plutôt éditorial», souligne Khalid Belyazid, directeur général du groupe Eco-Médias. Il regrette que ce patrimoine ne soit pas utilisé pour expliquer le présent et suggère d’utiliser ce patrimoine pour «donner du sens» à l’actualité. C’est dire l’importance des fonds documentaires construits au fil des années par les opérateurs de l’audiovisuel. Aujourd’hui, les cahiers des charges imposent aux acteurs du secteur audiovisuel, comme les radios et les chaînes télé, de tenir un fonds d’archives. Les professionnels appellent aujourd’hui à restaurer et à préserver ce patrimoine. Surtout que beaucoup de choses ont été perdues. Le siècle dernier a été marqué par des événements majeurs ayant contribué à négliger, occulter ou disperser de nombreux documents audiovisuels. Résultats: des pans de la mémoire collective de l’humanité ont définitivement disparu. D’où la nécessité de procéder à la reconstruction des archives. Ceci est d’autant plus important pour un pays comme le Maroc, caractérisé par la diversité et la richesse de ses composantes. Les responsables de la SNRT, qui détient l’essentiel du patrimoine audiovisuel marocain, ont assuré que tout a été préservé.
    Aujourd’hui, les pouvoirs publics sont interpellés sur deux grands chantiers. D’abord, celui de la législation. La loi sur les archives, adoptée en 2007, ne prévoit aucune disposition spécifique à l’archivage des documents audiovisuels. Surtout qu’il s’agit d’un domaine caractérisé par des particularités et des contraintes spécifiques. Parmi les points soulevés par les opérateurs, on retrouve la question épineuse des droits d’auteur. Aujourd’hui, plusieurs sites web ont recours à des pratiques malsaines,  exploitant illégalement les archives des chaînes télé, diffusées sous forme de web-vidéos. D’où l’appel à la mise en place d’une réglementation dédiée aux archives audiovisuelles, renforçant notamment la protection des droits d’auteur. Les professionnels appellent également à mutualiser les efforts et à éviter l’éparpillement des initiatives, qui limitent l’efficience de la démarche. Des opérateurs ont d’ailleurs proposé la mise en place d’une plateforme d’accès commune aux archives des différents acteurs de l’audiovisuel.  En France, cet effort a été mené par l’Institut national de l’audiovisuel (INA), qui a ouvert l’accès à un grand fonds d’archives, notamment suite à un travail de numérisation. Des professionnels insistent également sur l’importance de l’élaboration d’une réglementation spécifique, prévoyant un organe de pilotage de cet effort de protection et de mutualisation des moyens. Cet organe devrait être chargé de la mise en œuvre des politiques publiques en matière de préservation et de valorisation des archives audiovisuelles nationales.

    Former les RH

    La rareté des ressources humaines spécialisées constitue un autre handicap qui ralentit le processus de préservation des archives audiovisuelles. Des initiatives ont été lancées il y a quelques années, notamment dans le cadre de programmes européens ou méditerranéens, en partenariat avec des opérateurs nationaux comme la SNRT, dans le cadre de la formation continue. Parallèlement, les profils nécessaires à l’accompagnement de ce chantier de préservation du patrimoine audiovisuel sont essentiellement les lauréats de l’école des sciences de l’information. Cet institut forme des spécialistes dans la gestion des archives et de la documentation. Il s’agit d’archivistes, de documentalistes et de bibliothécaires. Parallèlement, les écoles de journalisme sont également appelées à s’impliquer davantage dans ce chantier. L’idée est d’assurer une formation aux futurs journalistes en matière d’exploitation pertinente des ressources archivées.

     

     

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