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    Economie

    Archives audiovisuelles
    Une mémoire mal protégée

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4895 Le 10/11/2016 | Partager
    Le Maroc a négligé pendant des décennies la préservation de ces archives
    Un patrimoine très fragile
    La Haca appelle à faire de cette question une priorité
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    La Haca se mobilise pour tenter de sauvegarder un patrimoine menacé. La préservation des archives audiovisuelles bute tout particulièrement sur le déficit en RH spécialisées (Ph. Bziouat)

    C’est connu. Les archives constituent une véritable richesse nationale. Elles portent un «témoignage unique sur nos sociétés et sur la diversité des cultures du monde», selon l’Unesco. Au Maroc, plusieurs années après l’indépendance, l’Etat a «omis d’une façon irrationnelle l’organisation des archives, qui constituent pourtant, incontestablement, un pilier essentiel d’un Etat moderne», déplore Jamaâ Baida, directeur des Archives du Maroc, sur le site officiel de cette institution. Pendant des décennies, «les gouvernements successifs se sont contentés de se référer à une loi obsolète de 1926, promulguée sous le régime colonial français», a-t-il ajouté.
    Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé, notamment l’adoption de la loi 69-99 sur les Archives du Maroc, ayant permis la mise en place de cette institution, chargée de la préservation de la mémoire collective des Marocains. Les choses sont plus compliquées pour les archives audiovisuelles, qui sont «aussi vivantes que vulnérables et fragiles», selon l’Unesco.
    Cette organisation internationale rappelle qu’une grande partie de ce patrimoine audiovisuel mondial a été déjà irrévocablement perdue par la négligence, la destruction, la malchance ou le manque de ressources, de compétences et de structures adaptées. Au Maroc, les initiatives sont encore éparpillées. D’où l’importance de mener des réflexions autour des moyens de préservation des documents audiovisuels. La Haca se positionne en tant que porte-étendard de cette dynamique.
    Cette institution vient d’organiser un séminaire international autour de cette problématique. Cet intérêt s’explique par «nos propres constats relatifs à l’état des lieux et par les enjeux à la fois politiques, économiques, techniques et pédagogiques des archives audiovisuelles dans notre pays», avait annoncé la présidente de la Haca, Amina Lemrini El Ouahabi. A travers ces rencontres, les responsables de la Haca ambitionnent de mener un «plaidoyer auprès des décideurs, pour faire que cette question figure en tant que priorité».
    L’idée est de favoriser la mise en place de programmes de renforcement des capacités, via l’identification des meilleures méthodes de sauvegarde des archives audiovisuelles. Aujourd’hui, le principal handicap, qui risque de plomber les efforts de préservation de la mémoire audiovisuelle, est lié à la faiblesse des ressources humaines qualifiées. Des patrons d’institutions publiques, ayant participé à cette rencontre, ont confié qu’ils disposent d’importants moyens techniques, mais souffrent d’un manque flagrant en ressources humaines spécialisées. Au-delà de l’élément humain, les conclusions de cette rencontre insistent sur la nécessité d’une approche globale pour faire face à ces défis. Cela concerne le renforcement du capital humain, mais aussi la mobilisation des ressources financières et techniques, afin d’assurer «une protection optimale et durable de ces archives». L’objectif est d’assurer leur diffusion auprès du grand public. La protection et la restauration des archives audiovisuelles pourraient constituer un véritable appui à la consécration des droits des citoyens à l’accès à l’information. Certains professionnels plaident aussi pour l’identification des moyens de monétiser ce patrimoine.

    Initiatives éparpillées

    En l’absence d’une approche centralisée de préservation des archives audiovisuelles, certains organismes ont mené des initiatives pour la protection de leurs propres documents. Leurs responsables sont conscients de la valeur de ce patrimoine, mais également des risques de sa perte, à cause de sa fragilité. Aujourd’hui, les nouvelles technologies, notamment le numérique, offrent des solutions techniques favorisant ce travail de restauration. C’est dans ce sens que s’inscrit la démarche du Centre cinématographique marocain. Ses responsables ont décidé de ne plus exploiter les archives jusqu’à leur numérisation, dont l’achèvement est prévu avant fin 2017. D’autres initiatives privées ont également accompagné cette dynamique. Elles s’inscrivent dans une logique de préservation de la mémoire collective des Marocains, mettant l’accent sur la diversité des composantes de la société. L’une des plus importantes est celle menée par la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain, à travers le projet «Khoya». Il s’agit d’un travail d’archivage de bandes sonores du Maroc juif, qui devra aboutir à la création d’une sonothèque, répertoriant l’héritage hébraïque marocain, en vue de permettre l’accès au grand public. 

     

     

     

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