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    Ces idées d’ailleurs: Une forteresse de l’industrie minière devenue une oasis verte!

    Par Franz HUBIK | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
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    La ville sortira du rouge en 2017, pour la première fois en vingt-cinq ans. Certaines des compagnies les plus vertes en Allemagne y sont basées (Ph. C.N.)

    La poussière dans l’air, les rivières polluées et le sol contaminé appartiennent maintenant au passé à Essen. Depuis le déclin de l’industrie du charbon et de l’acier, la métropole de la Ruhr s’est reconvertie en une ville écologique modèle, avec plein de leçons à donner à d’autres régions.

    La perle verte de Simone Raskob s’étend sur vingt-et-un kilomètres, et est maintenant complètement pavée. Le long des anciennes voies du chemin de fer de Rhineland, la femme dirigeant le service de l’environnement dans la ville d’Essen est en train de construire quelque chose qui ressemble à une autoroute pour bicyclettes. Le long d’une voie sans croisements qui, lorsqu’elle serait terminée, ira de Duisbourg jusqu’à Dortmund, en traversant Essen, les passionnés de vélo peuvent pédaler en toute liberté - sans voiture pour les ennuyer. «Chacun devrait pouvoir aller travailler sans nuire à l’environnement», explique Raskob. La politicienne enjouée espère que sa voie rapide pour vélo encouragera ceux qui se rendent au travail à laisser leur voiture à la maison, éliminant ainsi les bouchons sans fin qui surviennent dans la région la plus peuplée d’Allemagne. Il est caractéristique de la ville d’Essen que la piste cyclable soit construite exactement là où les trains, lourdement chargés de charbon et de lourds métaux, s’avançaient autrefois péniblement en direction des fonderies de Phönix ou de la mine de charbon de Zeche Carl.

    Symbole de la capacité de transformation

    «C’est un symbole de la capacité de transformation de notre ville», ajoute Raskob. Les friches industrielles comme les vieilles voies de chemin de fer sont revitalisées avec énergie partout dans la métropole de la Ruhr. La ville a rejeté son image de cheminées fumantes et de mineurs d’il y a longtemps, et est maintenant caractérisée par des immeubles de bureaux et des jardins paysagers. L’ancien pôle industriel peut presque être décrit comme une oasis écologique. Le succès de cette transformation est utilisé comme exemple pour d’autres villes qui sont aux prises avec des bouleversements structurels.
    Pendant 150 ans, Essen a été complètement avalée par l’industrie du charbon et de la métallurgie. Lorsque la crise du charbon est survenue en 1958, et que pour la première fois, le brut bon marché a éjecté le charbon de la Ruhr devenu trop cher, des dizaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi. Tous ceux qui pouvaient quitter Essen le firent. La ville a perdu des habitants pendant cinquante ans, mais au cours des quatre dernières années, plus de personnes sont arrivées dans la ville que celles qui en sont parties. Le cliché selon lequel Essen n’a rien à offrir à part des usines rouillées et des dettes élevées est en train d’être démenti. La ville sortira du rouge en 2017, pour la première fois en vingt-cinq ans. Certaines des compagnies les plus vertes en Allemagne sont basées à Essen. Les géants de l’énergie Eon, RWE et Steag ont leur siège ici, ainsi que le géant industriel Thyssen Krupp, la compagnie chimique Evonik et la chaîne de supermarchés Aldi Nord. Au cours des dernières années, environ 14.000 emplois ont également été créés dans la sphère de la technologie environnementale. «Pour des raisons historiques, il y a une expertise très vaste ici, telle que par exemple comment disposer de vieux déchets contaminés d’une manière bonne pour l’environnement, ou comment l’eau polluée peut être traitée», explique Rudolf Juchelka. Le géographe économiste de l’Université de Duisburg-Essen se rappelle comment à Essen l’industrie du charbon et l’industrie métallurgique déposaient les déchets toxiques provenant des usines dans des gros terrils. Au fil des décennies, les métaux lourds se sont infiltrés dans le sol et ont contaminé l’eau souterraine. Il y a déjà des douzaines de firmes spécialisées dans le nettoyage de ces vieux déchets contaminés. «Ce sont des talents qu’Essen peut utilement exporter», dit Juchelka. Dans cette ville d’environ 600.000 habitants, le passif écologique de la mine et de l’industrie lourde n’est pas vu comme un fardeau, mais comme une opportunité.
    Cette approche a été récemment louée par la Commission européenne. Essen a reçu le titre de «Capitale européenne verte» pour 2017. Les autorités de Bruxelles ont félicité la métropole de la Ruhr pour le travail qu’elle a accompli afin d’améliorer ses normes environnementales depuis de nombreuses années. Aux yeux de la Commission, ce sont les plans d’Essen pour l’avenir qui ont fait la plus forte impression.
    La Emscher, qui est la deuxième rivière la plus importante à Essen après la Ruhr, devrait être rendue à son état d’origine en 2020. Pendant des décennies, la Emscher a été l’égout de la région de la Ruhr, un système d’évacuation à ciel ouvert. «Tout y était déversé - toute la crasse industrielle et les égouts résidentiels», explique Raskob.
    Avec la restauration de l’Emscher, Essen et la région de la Ruhr vont maintenant avoir un système de canalisation moderne. Cela devrait aider à réduire les odeurs et à améliorer la qualité de vie. «Nous rendons aux gens leur ville, morceau par morceau», dit Raskob. La politicienne veut même prouver à quel point la métropole de la Ruhr est devenue verte et propre grâce à un test personnel audacieux, l’an prochain.
    Juste à temps pour le début de la saison 2017 de natation, Raskob a l’intention de plonger dans le Baldeneysee, le plus grand des six bassins de retenue de la Ruhr. Cela fait des dizaines d’années qu’il est interdit d’y nager, car la contamination bactérienne de l’eau est extrêmement élevée. Mais Raskob est convaincue qu’elle peut améliorer la qualité de l’eau suffisamment pour rendre le bassin Baldeneysee propice à la natation à l’avenir. Raskob est tout à fait sérieuse, et il y a un signe qui ne trompe pas - elle a déjà commencé à se préparer pour se mettre en bikini.

    Héritage mondial de l’Unesco

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    Ph. AFP

    La dernière usine de charbon de la ville, le complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein, a fermé ses portes en 1986. Aujourd’hui, ce vestige de l’histoire du charbon a été désigné site de l’héritage mondial par l’Unesco, et accueille des milliers de visiteurs attirés par ses concerts, ses musées et ses restaurants. Mais ce n’est pas seulement l’élan culturel qui fait d’Essen un meilleur endroit pour vivre. Au moins cinquante-quatre pour cent de la ville est vert. Cela fait d’Essen la troisième ville la plus verte en Allemagne, après Magdeburg et Hanovre. Et il y a de nouvelles perspectives économiques également.

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