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Comment faire barrage à la corruption

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4890 Le 03/11/2016 | Partager
148 milliards de dollars se volatilisent chaque année en Afrique
L’OCDE et la BAD publient un guide destiné aux entreprises
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Près de 148 milliards de dollars se volatilisent chaque année en Afrique du fait de la corruption, estime la Banque africaine de développement (BAD). L’évolution des flux d’IDE illustre la confiance croissante des investisseurs privés, mais les malversations et les risques de corruption entravent l’obtention de taux d'investissement plus élevés.
Pour prévenir la corruption dans les affaires, il est essentiel de prendre conscience des risques et de s’assurer que des contrôles adéquats soient mis en place. Des conseils qui s’appliquent aussi bien pour les citoyens que les entreprises. C’est d’ailleurs ce que recommande le guide de conformité et de lutte contre la corruption pour les entreprises africaines publié par l’OCDE et la BAD. Des mesures qui s’adressent aussi au Maroc qui vient de se doter de la stratégie nationale de lutte contre ce fléau. Un programme a été lancé par l’OCDE pour renforcer la coopération entre l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC), le Médiateur et la société civile.
Verser des pots-de-vin est encore perçu comme le «seul moyen de survivre» dans certains pays africains, signalent les auteurs du guide. Offrir des cadeaux et l'hospitalité peut jouer un rôle important dans la création et la facilitation des relations d'affaires. Ces gestes peuvent créer une influence indue et, dans certains cas, être considéré comme des pots-de-vin. Cela peut nuire à la réputation de l’entreprise et constituer potentiellement une infraction à la loi. Certaines firmes ont décidé de les interdire d’autant plus que la distinction entre un véritable cadeau et un de pot-de-vin peut être difficile. Dans une récente analyse sur la corruption transnationale, l’OCDE indique que des pots-de-vin ont été le plus souvent offerts, promis ou octroyés aux salariés d'entreprises publiques (27%). 80% des pots-de-vin au total ont été versés à des fonctionnaires des entreprises publiques.
Le secteur minier et l’industrie pétrolière sont aussi sujets aux malversations et à la corruption. Les risques auxquels les entreprises sont confrontées, y compris les petites et moyennes entreprises (PME), découlent du fait que les licences et les concessions d'extraction de ressources sont souvent octroyées par des agents publics ayant des pouvoirs décisionnels incontrôlés ou mal surveillés. De nombreuses compagnies pétrolières nationales appartiennent également à l'Etat ou sont contrôlées par celui-ci, faisant ainsi des fonctionnaires également des partenaires d’affaires.
L'autre domaine visé est celui du personnel de vente et de marketing, susceptible de se livrer à la corruption sous la pression de l’atteinte des objectifs de vente. Ceux qui sont chargés de présenter des soumissions dans le cadre des marchés publics peuvent également faire face à des risques de corruption plus élevés en raison de leur interaction étroite avec les agents publics
Par ailleurs, dans la plupart des économies africaines, les transactions s’effectuent principalement en espèces. Ce qui rend plus facile la dissimulation du versement de pots-de vin et plus difficile pour les entreprises d'empêcher et de détecter de tels paiements par la tenue de comptes précis. Les lois locales dans un certain nombre de pays exigent aussi que les sociétés utilisent un partenaire national dans la réalisation d'un projet. Outre le fait qu’elle peut ternir la réputation de l’entreprise, la corruption peut causer des pertes d'investissement et de financement et la baisse de la valeur des actions.
En général, les employés doivent être informés des lois anticorruption. Il est recommandé aussi de clarifier les notions de pots-de-vin, de paiements de facilitation et de paiements sous contrainte. Les paiements de facilitation (souvent appelés officieusement bakchichs) sont illégaux dans la plupart des pays.
Les dons des entreprises aux organismes de bienfaisance peuvent également donner lieu à des risques de corruption. C’est le cas aussi pour les dons politiques. Une communication régulière et systématique de la politique de lutte contre la corruption de l’entreprise enverra des signaux forts aux employés.

Les lanceurs d’alerte

Les lanceurs d’alerte ne pourront se manifester que dans des environnements où ils se sentent en sécurité pour faire un signalement et où leurs rapports seront traités avec sérieux et suivis d'action. Certains pays, comme le Rwanda, l'Afrique du Sud et l'Ouganda, offrent aux lanceurs d’alerte du secteur privé une protection juridique contre les représailles. Toutefois, dans l’ensemble, c’est surtout dans le secteur public plutôt que dans le secteur privé qu’il existe des dispositions légales sur le signalement et la protection des lanceurs d’alerte. Globalement, une entreprise peut identifier les parties prenantes, émettre des déclarations, signer des pactes d’intégrité ainsi qu’élaborer une politique/un code de conduite de lutte contre la corruption pour le secteur.

 

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