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L’Arabie saoudite découvre l’austérité

Par Walid ROUICHI | Edition N°:4883 Le 25/10/2016 | Partager

LES Saoudiens commencent à réaliser qu’ils ne peuvent plus se reposer éternellement sur leur manne pétrolière. Comme un symbole, l’Arabie saoudite a contracté sur les marchés internationaux un emprunt historique de 17,5 milliards de dollars. Le premier producteur mondial a beaucoup souffert ces derniers mois. Depuis 2015, le faible cours du pétrole, avec un baril entre 30 et 50 dollars, continue à avoir des répercussions sur les finances publiques et l’économie. L’Arabie saoudite encaisse mieux le coup que des Etats rentiers comme l’Algérie grâce à ses 564 milliards de dollars de réserves. Or, celles-ci sont en déclin par rapport aux 732 milliards de dollars en 2014. Les signes d’un malaise économique ne trompent pas. La croissance passerait de 3,4% à moins de 2% cette année selon des prévisions de Coface. Le déficit public de 2015 s’élève à 16,2% du PIB et les prévisions pour l’année suivante ne sont guère meilleures. D’une dette publique quasi nulle en 2014, elle passerait à 17,3% du PIB. Les 87 milliards de déficit budgétaire sont intimement liés à la dépendance au pétrole: 3/4 des recettes issues de l’exportation et de 4/5 des revenus publics viennent du pétrole. L’accord de l’Opep, relevant le baril au-dessus de 50 dollars, donne un court répit à l’exécutif pour réformer l’économie. Ce défi de taille s’impose alors que le pays est embourbé dans un combat interposé face à l’Iran, au Yémen.
L’Arabie saoudite expérimente quelque chose de bien inhabituel pour elle, une réduction substantielle des dépenses publiques. A court terme, le gouvernement saoudien a fait le choix d’emprunter ces 17,5 milliards de dollars pour alléger la pression sur les banques. Une baisse des traitements des ministres de 20% s’est jointe à une réduction des bonus adressés aux fonctionnaires. Les aides compensatoires pour l’énergie et l’eau ont elles aussi été mises à la diète. Même les frais des visas accordés aux étrangers ont été multipliés par sept. Pour lancer la transition, le prince héritier Mohamed Bin Salmane s’est fait le porte-étendard du plan «Vision 2030». Il est question de plafonner les projets d’infrastructures à hauteur de 27 milliards de dollars. Il met l’accent sur l’investissement dans les secteurs des transports, de la santé et de l’immobilier. On prévoit aussi d’alléger les coûts publics en privatisant partiellement des entreprises publiques. Des fonds ont été débloqués pour encourager la création de centaines de milliers d’emplois dans le privé non liés aux hydrocarbures. Enfin, le roi Salmane doit se hâter à entreprendre une réforme de la formation des jeunes. Ils sont largement touchés par le chômage et ils sont de plus en plus représentés parmi la population. 

 

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