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    International

    Mossoul: «La mère des batailles» est engagée

    Par Reda BENOMAR | Edition N°:4878 Le 18/10/2016 | Partager
    L’armée irakienne et les alliés lancent l’offensive
    Le HCR craint un désastre humanitaire

    «Le temps de la victoire est venu et les opérations pour libérer Mossoul ont débuté.» C’est par ces mots que le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, a annoncé le début de l’offensive sur la deuxième ville irakienne dans une allocution à la télévision officielle. Il assure que seules l'armée et la police irakiennes entreront dans la grande ville du nord de l'Irak occupée par l'Etat islamique depuis juin 2014.
    Le nombre d'acteurs impliqués dans la bataille de Mossoul, dernier bastion de l'Etat islamique en Irak, est vertigineux: l'armée irakienne, le service du contre-terrorisme, les polices fédérale et locale, les milices dominées par les chiites, les peshmergas, la Turquie, les Etats-Unis et les membres de la coalition internationale. Les quelque 30.000 forces fédérales irakiennes pourront compter sur la couverture des avions de la coalition internationale qui compte au total quelque 7.000 militaires en Irak, dont 4.600 dépêchés par Washington.
    Leurs intérêts sont divergents voire diamétralement opposés. Le lancement de l'offensive a été plusieurs fois annoncé puis retardé en raison de dissensions entre les différentes forces en présence. La présence de soldats turcs est un des principaux éléments cités par les experts pour expliquer le retard du lancement de l'opération. Erdogan a affirmé lundi qu'il était «hors de question» que la Turquie reste en dehors de l'opération lancée par Bagdad.
    Les sunnites quant à eux, minoritaires dans un Irak majoritairement chiite, craignent l'entrée dans la ville des puissantes milices paramilitaires chiites du Hachd al-Chaabi, soutenues par l'Iran, et accusées d'exactions contre les civils sunnites dans le passé. De leur côté, environ 4.000 combattants kurdes irakiens progressaient lundi en direction de villages tenus par des jihadistes à l'est de Mossoul.
    L'ONU a immédiatement exprimé son «extrême préoccupation»  pour la sécurité de quelque 1,5 million de personnes vivant à Mossoul, fief historique de Daesh, qui pourraient être touchées par les opérations militaires.  Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés espère pouvoir disposer de onze camps d'ici à la fin de l'année, avec une capacité de 120.000 personnes, tandis que les autorités irakiennes pensent pouvoir en accueillir 150.000 dans d'autres camps. «Dans le pire des cas, nous allons littéralement vers la plus grande opération humanitaire dans le monde en 2016», a admis la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak. Selon l'ONG, un million de personnes pourraient être déplacées en quelques semaines.
    C'est à Mossoul que le leader de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, avait publiquement proclamé un califat sur des territoires conquis avec une relative facilité par les jihadistes en Irak et en Syrie entre 2014 et 2015. Ces derniers qui seraient entre 3.500 et 4.000 au sein et autour de la ville, selon des estimations de la coalition internationale, ont eu des années pour se préparer à cet assaut. Le terrain est miné, des tunnels et des tranchées ont été creusés. L'offensive pourrait prendre «des semaines voire plus», a prévenu le commandant américain de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Cette victoire militaire assurée ne réglera pas les problèmes politiques et les divisions confessionnelles qui minent l'Irak mais elle semble sonner le glas pour Daesh.

     

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