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Commerce extérieur
Pourquoi ça cale toujours

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4875 Le 13/10/2016 | Partager
Abdellatif Maazouz appelle à l’opérationnalisation des mesures pour dynamiser l’export
Les accords peu exploités
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La structure des exportations  a connu une modification significative en faveur des branches industrielles émergentes (automobile, électrique, électronique,…). En revanche, les secteurs traditionnels reculent. Cette transformation s’explique, notamment, par l’orientation de l’industrie marocaine vers les nouveaux métiers mondiaux

Le recul du déficit commercial et l’amélioration du taux de couverture des deux dernières années risquent de ne pas durer longtemps. En 2016, le déficit pourrait se creuser puisque les exportations ont ralenti au cours des huit premiers mois de l’année alors que les importations sont sur un taux de croissance important. A fin août, les importations  ont pris 6,5% contre 1,7% pour les exportations. Ce qui s’est traduit par le creusement du déficit commercial:  120,3 milliards de dirhams à fin août contre 106,5 milliards une année auparavant.
Invité par la Commission économique et financière de la Chambre française du commerce et de l’industrie au Maroc, Abdellatif Maazouz, ex ministre du Commerce extérieur a dressé le bilan du commerce extérieur. Le creusement du déficit viendrait de la hausse des importations des céréales et du ralentissement des exportations des phosphates. Cela sans oublier que depuis le début de l’année les achats des biens d’équipement sont également en hausse. Ce qui est bon signe puisqu’ils renseignent sur la reprise des investissements. Le tout sachant que le baril du pétrole pourrait renouer avec les hausses. En tout cas, le cours du brut a dépassé le seuil des 50 dollars et pourrait se hisser à 60 dollars d’ici la fin de l’année, selon les dernières déclarations du ministre saoudien de l’Energie.
Epluchant au passage, les différents accords de libre échange en particulier celui noué avec l’Union Européenne et la Chine et qui profitent en particulier à ces deux zones, Maazouz souligne que les plans d’actions pour dynamiser l’export sont mis en place ainsi que les mesures pour accroitre le nombre d’exportateurs. Ceux-ci ne dépassaient pas 5.183 en 2009 et leur effectif est passé à 6.300 en 2015.  En un mot, tout l’arsenal d’aide et de soutien est en place. Mais il faut accélérer le rythme et accroitre la compétitivité des entreprises et donc la valeur ajoutée. «Il faut une diversification de nos exportations. Le secteur traditionnel souffre par manque de compétitivité. Le chiffre d’affaires à l’export de l’automobile a dépassé celui de l’OCP. Sauf que ce dernier crée de la valeur ajoutée alors qu’une grande partie du chiffre d’affaires de l’automobile est importée», souligne Mohamed Berrada, président de la commission économique et financière.
Le challenge aujourd’hui est d’accélérer cette montée de la valeur ajoutée sans laquelle il n’y a pas de compétitivité.  D’ailleurs même au niveau des coûts logistiques, le Maroc a réalisé des gains importants: ils sont passés de 20% du PIB en 2010 à 15% en 2015.
Faisant un clin d’œil au prochain gouvernement, Maazouz affirme que «toutes les études ont été faites, les plans d’élaboration et les moyens sont identifiés. Il appartient à la prochaine équipe de donner de la visibilité aux opérateurs et d’aller vite». Car, le Maroc est surtout confronté à un problème d’opérationnalisation et de manque de synergie entre les différentes stratégies lancées. Pour lui, les accords préférentiels sont peu exploités et ceux en instance avec l’UEMOA et la Cedaq doivent avancer rapidement. Pareil, pour l’accord de libre échange avec le Canada sur lequel les discussions n’ont pas avancé.

 

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