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    Evénement

    L’école buissonnière dès la rentrée!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4875 Le 13/10/2016 | Partager
    De report en report depuis le 19 septembre
    Des enseignants prétextaient l’organisation des élections pour justifier le retard
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    Cette année encore, des records d’élèves par classe sont enregistrés, ce qui a poussé des enseignants à lancer des SOS sur les réseaux sociaux (Ph. Jarfi)

    Dans beaucoup d’écoles publiques, les cours viennent à peine de démarrer cette semaine. Programmée pour le 19 septembre, la rentrée scolaire n’a finalement pas réellement eu lieu. Les élèves passaient leur temps à ne rien faire, recevaient des cours sommaires, notaient la liste des fournitures, et dans certains cas, étaient renvoyés chez eux. Pourquoi donc ce démarrage au ralenti? «Les enseignants disaient à mon fils qu’ils commenceront les cours après les élections», a confié la mère d’un collégien à L’Economiste. Quel rapport avec les cours? Les parents interrogés étaient incapables de répondre à cette question. Serait-ce pour les enseignants, dépassés par les effectifs reçus en classe, une manière de reporter au maximum l’échéance de la rentrée? «Les profs sont effrayés par les classes pléthoriques. Peut-être espéraient-ils gagner du temps en attendant qu’elles soient allégées», explique un expert de l’éducation.
    Cette année encore, le déficit d’enseignants s’est creusé. Les trois cycles d’études (primaire, collège, lycée) ont enregistré des départs. Le recul du nombre d’enseignants varie entre 5,2 et 5,7%, selon les niveaux (voir illustration). Tandis que le nombre d’élèves augmente. Ils ont été plus de 6,9 millions d’enfants à regagner les bancs de l’école le 19 septembre dernier, contre 6,7 millions un an plus tôt (+3,3%).
    Cela se répercute directement sur la moyenne des élèves reçus en classe. Certaines accueillent jusqu’à plus de 70 élèves! Dépassés par cette situation, des profs n’ont pas hésité à lancer des «SOS» sur les réseaux sociaux.

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    Qu’il s’agisse du primaire, du collège ou du lycée, cette année le nombre d’enseignants est en recul. Pour les trois niveaux, la baisse globale est de 5,6%. Le nombre d’élèves, pour sa part, est passé de 6,7 à 6,9 millions. Cela mène automatiquement à ces sureffectifs en classe

    Les départs volontaires de 2005, combinés aux départs à la retraite, y compris anticipée, et à la faiblesse des recrutements ces dernières années ont amené l’école publique à toucher le fond. Dans ces conditions de pénurie au niveau du corps pédagogique peut-on encore parler de réforme… Les profs seront-ils assez motivés pour appliquer les nouvelles méthodes d’apprentissage et les nouveaux cours d’éducation islamique prévus cette année?
    Casablanca, à elle seule, bat des records. L’an dernier, la capitale économique comptait une moyenne de quelque 59,9 élèves par prof au primaire et 40 au collège, évidemment avec de fortes disparités entre ses différentes délégations. Environ 916 départs en retraite anticipée y ont été notés, alors que seuls 270 postes budgétaires y ont été alloués.
    Les chiffres de cette année n’ont pas encore été communiqués, mais la tendance n’est pas près de changer.
    En attendant, ce sont les élèves qui en paient le prix.
    «En 2005 déjà, une étude alarmante avançait que dès 2008 l’on aurait des problèmes si l’on ne double pas les effectifs des enseignants. Le document parlait d’un pic de la crise en 2017-2018, et avançait même qu’il n’y aurait pas du tout de rentrée à l’horizon 2020 si rien n’est fait», relève l’ancien directeur d’une académie régionale d’éducation et de formation. «Le scénario est en train de se réaliser, et même en mode accéléré, puisque la crise des sureffectifs s’accentue depuis maintenant deux ans», poursuit-il.
    Il est vrai que les «DVD» de 2005 ont un peu faussé la donne. Néanmoins, les départs à la retraite étaient parfaitement prévisibles et devaient être préparés en amont. Cela prouve, encore une fois, que le système pèche par son mode de gouvernance.

     

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