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Législatives 2016

Gouvernement: Quelles options pour Benkirane?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4872 Le 10/10/2016 | Partager
La reconduction de la majorité sortante risque de buter sur les divergences avec le RNI
L’entrée de l’Istiqlal pourrait favoriser une majorité confortable au prochain exécutif
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En dépit des 125 sièges remportés à l’issue des élections du 7 octobre, le PJD ne dispose pas d’une grande marge de manœuvre. Les tentatives de formation d’une coalition gouvernementale, disposant d’une majorité confortable, s’annoncent difficiles pour le parti de Abdelilah Benkirane. Si cette formation a pu glaner quelques sièges supplémentaires par rapport à 2011, l’exploit du PAM, qui a plus que doublé son effectif à la Chambre des représentants, limite considérablement les options offertes au PJD. Surtout que le parti piloté par Ilyas El Omari, grand gagnant de ce scrutin, en renforçant sa position sur l’échiquier politique, notamment en doublant son effectif à la 1re Chambre, a clairement exclu toute possibilité d’alliance avec le PJD. Idem pour l’USFP qui refuse de rejoindre un gouvernement conduit par le PJD, à cause des «divergences idéologiques». Le parti de la rose a perdu 19 sièges par rapport aux élections de 2011. A l’époque, Driss Lachgar avait justifié sa décision de camper dans l’opposition par la volonté de se concentrer sur la reconstruction interne du parti de la rose. Retour sur les trois scenarii les plus plausibles pour former le prochain gouvernement.

■ Scénario 1: Une reconduction de la majorité sortante?
La première option qui se présente pour le PJD est de reconduire l’alliance avec les partis de la majorité sortante. Ces quatre formations totalisent 201 sièges.  Ce qui offre à cette coalition une majorité confortable à la Chambre des représentants. Néanmoins, l’alliance nouée entre ces partis a été fragilisée durant les derniers mois du gouvernement sortant. Les divergences entre le PJD et ses principaux alliés, notamment le RNI et le MP, sont un secret de polichinelle. Après les attaques dont il avait été victime, le parti de Salaheddine Mezouar acceptera-t-il de s’allier au PJD pour une nouvelle législature? Il faudra attendre cette semaine pour y voir plus clair. Si le RNI ou le MP décident de bouder l’offre du patron du PJD, celui-ci va se retrouver dans une situation délicate. L’alliance scellée avec le PPS quelques semaines avant les élections ne servira pas à grand-chose. Ce parti étant considéré comme l’un des plus grands perdants lors de ce scrutin, avec à peine 12 sièges. Nabil Benabdallah se retrouve face à une salve de critiques suite à ce résultat, interprété par certains comme le résultat d’un vote-sanction, suite à «l’alliance contre-nature» avec un parti islamiste.

■ Scénario 2: Une alliance avec l’Istiqlal
Si les divergences des derniers mois entravent la reconduction de la majorité sortante, le PJD peut opter pour une autre alliance, en sollicitant l’entrée de l’Istiqlal dans le prochain gouvernement. Il s’agirait d’un remake de la configuration de 2011. Lors d’une réunion quelques jours avant le scrutin, Hamid Chabat, patron du PI, avait expliqué que son parti ambitionnait d’arriver premier. Mais «quels que soient les résultats, l’Istiqlal serait au gouvernement», a-t-il dit. Dans cette configuration, Benkirane pourra conduire une majorité disposant de 210 sièges. Au cas où le MP décline la proposition d’intégrer cette coalition, le PJD pourrait faire appel à l’UC, dont la direction n’a pas exclu la possibilité de rejoindre le gouvernement. Cette alliance disposerait de 202 sièges. La possibilité d’une alliance avec l’Istiqlal, le RNI et le PPS donnerait une majorité plus confortable au prochain gouvernement, avec 220 sièges. Là encore, tout dépendra de la position que va adopter le parti de Salaheddine Mezouar.

■ Scénario 3: Blocage
Le mandat du gouvernement sortant a été rythmé par une tension alimentée par les positions de Benkirane et de certains cadres du PJD. Les attaques contre des patrons de l’opposition ou même des ministres de certaines formations de la majorité ont empoisonné les relations du PJD avec ses potentiels alliés. Le parti de la lampe risque de se retrouver face à une situation intenable dans le cas où des partis comme le RNI, le MP ou l’Istiqlal préfèrent rejoindre l’opposition. Il se retrouvera avec son seul allié pour le moment, le PPS, soit seulement 137 sièges. Insuffisants pour former le gouvernement. Même en faisant appel à l’UC, il reste loin du compte, avec à peine 156 sièges. Ce qui risque de conduire vers une situation de blocage, similaire au scénario qui s’est produit en Espagne ces derniers mois. Dans ce cas, le Roi peut intervenir pour débloquer la situation, sur la base de son statut «d’arbitre suprême entre les institutions», consacré par l’article 42 de la Constitution. Si le chef du gouvernement, nommé au sein du parti arrivé premier aux élections, échoue à former une majorité, la Chambre des représentants pourrait être dissoute selon les modalités prévues par les articles 96, 97 et 98 de la loi fondamentale. De nouvelles élections pourraient avoir lieu après deux mois de cette dissolution. Toutefois, ce scénario a peu de chances d’aboutir, dans la mesure où plusieurs observateurs rappellent que «l’institution monarchique est intervenue historiquement pour éviter les situations de blocage».

 

 

 

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