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Législatives 2016

Une journée de campagne à Casa-Anfa
Fatiha Barns: Une voilée aux couleurs du PPS

Par Jaouad MDIDECH | Edition N°:4869 Le 05/10/2016 | Partager
«A Casablanca, on veut de nouveaux visages. Les vieux sont érodés»
Sa casquette de médecin lui procure plus de proximité
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Fatiha Barns: «Je suis devenue en quelque sorte le médecin de famille de centaines de familles, à tel point que je connais de près leur vécu quotidien» (Ph. JM)

Vendredi 30 septembre, 6e jour de la campagne électorale. Lieu, rue Oman, siège régional du PPS appelé «Al Mabadie» (principes) sis quartier Benjdia, relevant de l'arrondissement Sidi Belyout. Des portraits d'Ali Yata, Bouchaïb Riffi et Abdeslam Bourquia, les vétérans du parti communiste marocain, l'ancêtre du Parti de libération et de socialisme (PLS, fondé dans les années 1960),  et du PPS (fondé à la veille de la Marche verte), sont placardés un peu partout. Ils incarnent un pan de l'histoire de ce parti fondé aux années 40 du siècle dernier. Ce local de la rue Oman, nous informe son directeur, «est l'un des plus anciens à la disposition du parti pour les réunions de ses sections locales, mais bientôt il servira exclusivement comme école dédiée à la formation des nouvelles recrues du parti». Avec 185.778 habitants, l'arrondissement de Sidi Belyout est le plus peuplé des trois arrondissements relevant de la circonscription Casa-Anfa, les deux autres, celui du Maârif recèle 165.646 habitants, et celui d'Anfa 91.355. Autant dire que, avec 442.277 habitants (230.379 électeurs inscrits), c'est la circonscription la plus peuplée de la région Casa-Settat après celle d'Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi-Roches Noires. Timide les premiers jours, cette campagne électorale entamée samedi 24 septembre monte d'un cran à partir de la 2e semaine électorale. La bataille entre les partis en lice pour pourvoir les quatre sièges dans cette conscription commence à chauffer, chaque formation politique s'affaire à qui mieux-mieux pour mettre en avant son programme électoral et séduire les électeurs.
C'est Fatiha Barns qui est tête de liste du parti de Benabdellah dans cette circonscription. Depuis le 1er jour, elle est à pied d'œuvre, avec son directeur de campagne, Ahmed Zaki (membre du bureau politique) pour mettre à exécution un planning tracé à l'avance, mobilisant trois équipes qui sillonnent les quartiers, matin et après-midi. Avec des réunions chez l'habitant et du porte-à-porte pour vulgariser le programme. Dévoilé 2 jours avant le lancement de la campagne, ce dernier a consacré l'un de ses axes à la justice sociale, thème que Barns s'efforce de mettre en exergue dans sa campagne: réduction de la déperdition scolaire de moins de 50% en instaurant un soutien scolaire au profit des élèves en difficulté. Réduction, en matière d'habitat, du déficit en logement de 400.000 à 200.000 à l’horizon 2020, et lutte contre les habitations menaçant ruine… Sur cette dernière promesse, force est de reconnaître que le bilan du ministère de l'Habitat, dont le détenteur n'est autre que Nabil Benabdellah, patron du parti du livre, est mi-figue mi-raisin.
Premières impressions de la tête de liste PPS, Barns, après 6 jours de campagne? «Le parti n'est pas un novice en matière électorale, il a 70 ans d'existence, et cela nous facilite amplement la tâche. Les camarades sont connus dans les trois arrondissements de cette circonscription puisqu'ils y habitent et y ont des contacts quotidiens directs avec la population. Une campagne électorale ne se prépare pas le temps des élections, mais toute l'année», tranche la doctoresse. Mme Barns est en effet médecin de profession et exerce depuis 1999 en tant que chef au centre de santé Villon, sis bd Anoual. Autant dire qu'elle est en contact quotidien, depuis bientôt une vingtaine d'années, avec de larges couches de la population. Elle est  quotidiennement informée de leurs ennuis de santé et de leurs problèmes sociaux. «Je suis devenue en quelque sorte le médecin de famille de centaines de familles, à tel point que je connais de près leur vécu quotidien», enchaîne Dr Barns.
Une chose joue certainement à son avantage auprès des milieux modestes, un détail, mais d'importance: le fait d'être voilée. Si c'était une tête de liste du PJD, cela ne nous aurait pas surpris outre mesure. Mais une militante appartenant à la famille communiste qui porte le voile! Nous avons trouvé cela étonnant. L'habit ne fait pas le moine, mais nous n'avons pas résisté à l'envie de lui poser d'emblée la question. «Dans notre parti, nous sommes pour les libertés individuelles et pour la liberté de croyance. C'est le programme du parti et ses idéaux qui nous unissent, au-delà des convictions religieuses et de la manière de s'habiller de chacun. Je porte le voile, oui, je suis musulmane pratiquante, oui, et j'ai fait même mon pèlerinage, cela ne m'empêche pas d'être au service de mon parti», se défend-elle énergiquement et à juste titre. Réponse du berger à la bergère. A-t-elle au moins des chances de l'emporter? Elle, qui n'a adhéré au parti du livre qu'en 2013, face à des pointures, et non des moindres, qui briguent les mêmes sièges dans cette circonscription, fortes de leur expérience comme élus locaux et députés? Un Abdessamad Haikar, tête de liste PJD, élu parlementaire en 2011 dans la même circonscription, et dont la liste a raflé 18 sièges lors des élections communales et régionales de septembre 2015? Face aussi à Yasmina Baddou, tête de liste du Parti de l'Istiqlal, députée sans discontinuer pendant trois législatives (2002, 2007 et 2011) qui brigue, elle, son quatrième mandat dans la même circonscription? Dr Barns ne se départit pas de son optimisme. Sourire aux lèvres, elle répond d'une voix sereine: «Des célébrités, sur le papier, il y en a, mais ils sont usés sur le terrain. Je suis plus proche qu'eux de la population et je connais, de par mon travail quotidien et mon capital associatif, les aspirations des Casablancais. A Casa-Anfa, on veut de nouveaux visages. Les vieux sont érodés».

Parcours

Dr Fatiha Barns vient de fêter ses 50 ans. Elle est mère de trois enfants. Native du quartier Sidi Belyout, elle a fait des études de médecine à la faculté de Casablanca. Elle termine généraliste en 1987. Depuis, elle exerce dans le secteur public. A partir de 2008, elle est médecin chef du centre de santé Villon, sis bd Anoual à Casablanca. Elle adhère au PPS en 2013. Pourquoi un engagement politique sur le tard, alors qu'elle approchait les 50 ans? «Après 20 ans de travail associatif et de pratique de la médecine dans le secteur public, je sentais que quelque chose me manquait pour être plus efficace. Invitée, une fois, en tant que présidente de "l'Association des diabétiques et maladies chroniques", à l'espace cadres du PPS, j'ai senti de la sympathie pour ce parti. J'y ai alors adhéré, je le sens plus proche de mes convictions, une façon d'établir un lien entre le social et le politique», répond-elle. Depuis, elle est la secrétaire générale de sa section Maârif, la coordinatrice préfectorale du Forum parité et égalité du parti à l'arrondissement d'Anfa, elle est aussi membre de l'espace cadres et l'espace santé du PPS.

                                                                  

Extraits du programme électoral

Annoncé le 22 septembre avec comme slogan "Al maaqoul" (le sérieux), le programme électoral du PPS s'articule autour de quelques axes dont: l'humain au cœur des politiques publiques pour un Maroc juste et solidaire, concilier efficacité économique et justice sociale, approfondir la dimension écologique des politiques publiques.
■ Enseignement: Réduire la déperdition scolaire de moins de 50%, avec enseignement généralisé, gratuit et obligatoire de 3 à 15 ans. L’acquisition des capacités d’analyse, de synthèse, de résolution de problèmes, pour donner plus d’autonomie aux apprenants, en plus de l’éveil critique et de l’auto-apprentissage.
■ Réduction du déficit de logement de 400.000 à 200.000 à l'horizon 2020. Diversification de l’offre en logement par la mise sur le marché d’un nouveau produit, similaire au logement social (à 250.000 DH), et destiné à la classe moyenne.
■ Une meilleure représentation féminine: pour atteindre le tiers dans les assemblées élues, puis la parité et l’intégration économique des femmes en renforçant leur taux d’activité.
■ Un taux de croissance de 6% à l’horizon 2020: Le parti compte accentuer la croissance en vue d’atteindre un taux durable de 6% à l’horizon 2020. Pour cela, il compte faciliter l’accès au foncier, au crédit, aux marchés publics et alléger les procédures administratives afin d’écarter tous les obstacles entravant l’investissement.
 Encourager l’investissement dans le domaine de l’écologie, à travers les initiatives privées et associatives, et l’investissement dans les secteurs des énergies renouvelables, de l’eau, de l’efficacité énergétique, de l’aménagement urbain.

 

 

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