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Législatives 2016

Une journée de campagne à Casa-Anfa
Saïd Naciri: Le président du WAC, carte gagnante du PAM

Par Jaouad MDIDECH | Edition N°:4869 Le 05/10/2016 | Partager
Son statut au club casablancais, un grand atout
Un parcours atypique, mais de fortes chances de l'emporter
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Comme les autres candidats, Saïd Naciri mobilise de nombreuses personnes pour faire sa campagne. Quelque 400 sont à ses services (Ph. JM)

A quelques encablures du siège électoral de Yasmina Baddou, sis bd Bourgogne, celui du Parti authenticité et modernité (PAM) situé au 31, rue Ali Abderrazzak, à quelques mètres du complexe sportif Mohammed V. Un local loué par le parti pour la circonstance, grand de 300 m², dont les murs, peints couleur d'azur, sont tapissés de bout en bout du slogan choisi par le parti pour cette campagne électorale: «La citoyenneté au service de tous», libellé en langue arabe, française et tifinagh.
17 heures, l'équipe du candidat tête de liste du parti du tracteur, Saïd Naciri, se prépare pour une sortie en campagne dans le quartier Bourgogne. Naciri n'a pas la fibre communicatrice de celle  de Baddou, candidate PI dans la même circonscription Casa-Anfa, il n'aime pas trop les feux de la rampe, mais il a accepté, après plusieurs relances, de nous recevoir dans son QG de campagne, avant de l'accompagner dans sa tournée.
Membre fondateur du PAM en 2008, après s'être investi dans l'associatif, Naciri espère, en postulant de nouveau une candidature au Parlement, que son parti obtienne la majorité et puisse gouverner «pour mettre en œuvre, comme il dit, le projet moderniste qu'il prône depuis sa naissance. Un projet porté par des gens de valeur dont plusieurs ont souffert des foudres des années de plomb».  En juin 2014, Naciri est élu président du club casablancais, le Wydad (WAC).  Ce qui lui a valu quelques attaques venues de ses adversaires politiques. Comme quoi, politique et football ne font pas toujours bon ménage, le PAM a tout simplement été accusé de faire main basse sur le football. D'autant que Faouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football, est lui-même estampillé PAM. Naciri botte en touche, estimant que cette question n'a rien à voir dans une campagne électorale. Le PJD ne l'entend pas ainsi, il n'avait pas hésité à récupérer l'affaire d'un match opposant le Wydad de Casablanca au MCO d'Oujda où les supporters avaient dénoncé le mauvais arbitrage, pour pourfendre «l'ingérence dans le football», accusant directement le parti dirigé par Ilyas El Omari. Un président du WAC et un président de la FRMF du même bord politique, cela crée des frictions.
Pour diriger sa campagne lors des législatives 2016, Saïd Naciri, tête de liste du PAM à Casa-Anfa, a puisé du parti lui-même un jeune cadre de 35 ans, Nasser Guertoumy, élu communal et président de la commission des finances et des affaires économiques de l'arrondissement Sidi Belyout. Autant son patron est chiche en paroles et se contente de lancer à nos questions des réponses concises et sans relief, autant Guertoumy possède un sens aigu de la précision et du détail.
Comme les autres candidats, Naciri mobilise de nombreuses personnes pour faire sa campagne. Quelque 400 sont à ses services, elles parcourent, à pied, sur leurs tricycles, en voitures et camionnettes, le long de la journée, depuis le lancement de la campagne, les quartiers de tout Casa-Anfa. Elles sont forcément payées pour faire ce travail, un minimum de 100 DH par personne et par jour, durant les 15 jours de campagne. Faites le calcul. Les tracts du parti du tracteur jonchent plus que tous les autres les rues de la circonscription, et ses affiches sont partout placardées dans les grandes artères. De gros moyens. Pas assez, rétorque Guertoumy, directeur de campagne: «De toute façon, la loi n'autorise pas plus de 500.000 DH de dépenses pour chaque candidat. Nous nous battons pour les 4 sièges à pourvoir dans notre circonscription, et nos dépenses ne doivent pas dépasser les 2 millions de DH. Nous avons des comptes à rendre, n'oubliez pas, à la Cour des comptes à la fin de la campagne». En effet, chaque candidat est tenu, de par la loi, de remettre un rapport détaillé de ses dépenses à la Cour présidée par Jettou, qu’il gagne ou qu'il perde les élections. Chaque jour, le dispositif engagé par Naciri tient un briefing au QG de la campagne. Une équipe part le matin, à 10 heures, «sillonner les quartiers des classes moyennes». A 17 heures, une autre équipe va à la rencontre des gens, chez eux, dans les quartiers populaires. «Des assemblées sont tenues dans les maisons, avec 90% de présence féminine. Le PAM table sur cet électorat, dont le taux de participation dépasse en général celui des hommes», remarque Guertoumy. Les quartiers huppés de la circonscription? «On a des difficultés à approcher leur population. Cette 2e semaine de campagne, nous allons déposer un mailing de sensibilisation dans leurs boîtes postales…», conclut notre interlocuteur.

La marche à Bourgogne, arrondissement Anfa

30 septembre, 17 heures. Quartier Bourgogne, bd Mohamed Meknassi, arrondissement Anfa. Naciri et son équipe de campagne descendent de leurs voitures estampillées tracteur et entament leur tournée. Il y a de toutes les couches sociales dans ce quartier: commerçants, marchands ambulants, habitations de luxe, de fortune, villas, logements sociaux, bidonvilles… L'arrondissement Anfa contient en tout 8 quartiers, où résident en effet toutes sortes de couches sociales: El Hank, Racine, Anfa, Aïn Diab... Interpellé par moments, le candidat s'arrête au milieu de la route pour répondre à la population. Dans certaines rues, le «cortège» passe, les badauds les regardent passer sans broncher. «C'est le tracteur… c'est le tracteur…!», scandent des enfants, sans crier gare, en voyant Naciri, au milieu de ses militants et sympathisants affublés de leurs gilets, mener sa campagne dans leur quartier. 

Bio express

Le parcours du candidat du parti du tracteur dans cette circonscription casablancaise est atypique. Natif de Zagora au sud-ouest Maroc, sa famille émigre, alors qu'il est enfant, à Casablanca où il a fait ses études secondaires, avant d'entamer une formation d'informaticien analyste programmeur. Mais Naciri est avant tout un homme d'affaires dans le domaine de la promotion immobilière, la peinture et l'isolation, avant d'être élu, en juin 2014, président du club du WAC, tout en étant député du PAM dans la région de Zagora. D'emblée, nous lui posons la question du pourquoi, cette fois-ci, il veut rempiler le même siège à Casablanca et non pas dans sa ville natale, comme en 2011. «Parce que j'y réside, et tous mes projets y sont, le PAM a un projet à défendre partout au Maroc, je le fais cette fois-ci à Casablanca», répond-il laconiquement.

                                                          

Extraits du programme électoral

Le PAM préconise une nouvelle génération de réformes qui portent,  entre autres, sur le secteur de l’éducation et de la formation des cadres, les droits de la femme, la résorption de l’informel, le renforcement des PME, la création des institutions et l’adoption des lois prévues par la Constitution. Après avoir fait connaître «le décevant bilan» du gouvernement sortant, il annonce un nouveau modèle de développement.
■ Economie:
- Un taux de croissance durable dépassant les 6%.
- Elargissement de la classe moyenne.
- TVA de 30% applicable aux produits de luxe importés
- Renforcement du contrôle fiscal pour remédier à la fraude et à l’évasion fiscale à travers la vérification sur le terrain et l’élargissement de l’utilisation des outils  du numérique.
■ Industrie
- Augmenter la part de l’industrie dans le PIB à 20% (environ 14% actuellement ).
- Consolider le dynamisme des secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et de l’électronique.
- Etendre la même dynamique aux autres secteurs: le textile, l’agro-industrie, l’agro-alimentaire, l’industrie minière, l’artisanat, l’industrie pharmaceutique.
- Augmenter le  budget  d’investissement gouvernemental durant la législature: une enveloppe de 70 MMDH chaque année, soit une hausse de 10MM DH /an.
- Création d'environ 150.000 emplois annuellement.
Le PAM promet aussi de réaliser pendant les trois premiers mois du gouvernement des projets touchant les domaines de la gouvernance, de la femme, de la jeunesse, des PME et de l'emploi.

 

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