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    Jeux vidéo, écrans
    Plus l’enfant est jeune, plus c’est dangereux!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4868 Le 04/10/2016 | Partager
    Hyperstimulation visuelle et auditive, corps immobile,… des signaux discordants pour le cerveau
    Les spécialistes préconisent une exposition maximum d’une heure par jour

    Un enfant immobile devant son écran, bouche ouverte, regard figé, presque absent, … L’image vous rappelle peut-être quelque chose. De plus en plus d’enfants sont livrés à eux-mêmes devant des écrans, de télévision, de smartphone ou d’ordinateur, pendant des heures et des heures, sans que cela ne suscite l’inquiétude de leurs parents. Pourtant, les conséquences peuvent être graves. «En restant trop longtemps devant un écran de télévision, l’enfant est en ondes alpha. Il est affalé, son degré de vigilance est réduit et ses muscles sont hypotoniques», explique Suzanne Robert-Ouvray, psychothérapeute de l’enfant depuis trente ans, psychomotricienne. Invitée par la faculté des sciences de la santé de l’université Mundiapolis Casablanca, jeudi dernier, elle est revenue sur les conséquences de la télévision, jeux vidéo et écrans virtuels sur les enfants. «En présence d’une hyperstimulation visuelle et auditive et d’un corps qui ne bouge pas, cela envoie des messages discordants à leur cerveau. Ils rentrent ainsi dans un malaise neurovégétatif», poursuit la spécialiste. Plus l’enfant est jeune, plus l’exposition est dangereuse. Avant l’âge de 5 ans, les tout-petits n’ont pas encore la capacité de prendre du recul par rapport aux informations reçues. Seuls devant leur écran de télévision, par exemple, pendant des heures, sans adulte pour les aider à faire la part des choses, à connaître le vrai du faux, le bon du mauvais, ils peuvent croire à tout ce qu’ils voient ou entendent. «Bombardés de sensations, ils s’auto-génèrent des pensées, qu’ils vivent à leur manière», relève Suzanne Robert-Ouvray. Ils développent également des troubles de l’attention et de l’apprentissage. Sans une présence humaine à leurs côtés, surtout d’un parent qui leur fournit des explications, les informations ne s’enregistrent tout simplement pas.
    Un autre phénomène se produit, celui de l’auto-centration. Les plus jeunes n’arrivent plus à penser et s’éloignent de leur famille. La partie curieuse et créative de leur cerveau, elle, «n’est pas allumée». Selon la psychothérapeute, durant les premières années de leur vie, les enfants sont dans une construction bipolaire. Ils sont contents ou mécontents, ils classent les gens selon qu’ils sont gentils ou méchants. Au fur et à mesure de leur évolution et de leurs expériences, ils envisagent d’autres configurations et se débarrassent de cette bipolarité. Dans les jeux vidéo, le système est souvent binaire, avec un héros et un méchant, un gagnant et un perdant, parfois même avec un seul personnage, peut-être un agresseur, auquel l’enfant peut s’identifier. «Avec ce système binaire primitif des jeux vidéo, le psychique des plus jeunes régresse. C’est pour cela que les parents ont parfois l’impression qu’ils s’abrutissent. Ils sont aussi encouragés à l’exclusion de ceux qui ne sont pas d’accord avec eux», souligne la psychothérapeute. Cela les incite, par ailleurs, à la transgression des règles sur le virtuel. Ils peuvent ainsi ne plus dissocier la réalité de l’imaginaire.
    Les enfants évoluant dans des familles «empathiques» seraient moins touchés par tous ces méfaits. Cependant, cela ne les met pas à l’abri pour autant. Les experts préconisent une exposition maximum aux écrans, qui peuvent aussi être un moyen de vivre avec son temps, de s’ouvrir sur le monde et d’apprendre de nouvelles choses, d’une heure par jour.

    Comprendre la technologie avant de l’utiliser

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    (Ph. Maker Mind)

    L’éducation des enfants dès leur plus jeune âge au numérique est au centre de tous les débats. Les aider à comprendre ce qui se cache derrière les écrans, avant d’apprendre à les utiliser, est nécessaire afin de prévenir toute dérive. A Casablanca, Maker Mind, un «lab» axé sur l’innovation digitale, créé en septembre 2015, s’est donné pour mission de faire des enfants des consommateurs numériques avertis. Le programme phare de la jeune startup, Cod Cod Codet, comprend des cycles pédagogiques de formation et d’initiation à la programmation informatique pour les plus jeunes, à travers l’apprentissage du code de manière ludique. Le programme pédagogique est basé sur le logiciel open source Scratch, développé par des chercheurs du MIT. Un outil pour apprendre les rudiments de la programmation, tout en s’amusant. Ce même «soft» est intégré depuis la rentrée 2016 dans le système éducatif français. Dans un environnement de plus en plus digitalisé, l’apprentissage de la programmation informatique devient désormais obligatoire. L’enseignement est assuré durant les heures de mathématiques et de technologie, dès le primaire.

     

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