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    Evénement

    Radars: Nouveau ratage de Rabbah

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4868 Le 04/10/2016 | Partager
    L’appel d’offres déclaré infructueux pour la sixième fois
    Des vices de forme à l’origine de la décision
    Le consortium Ericsson Maroc-Morpho, seul soumissionnaire
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    Sur les 150 radars installés, le tiers n’a jamais fonctionné faute de branchement au réseau électrique. Et le ministère de tutelle ne s’est rendu compte qu à la fin du contrat de maintenance (Ph. Jarfi)

    Le ministère du Transport collectionne les loupés. L’appel d’offres relatif aux radars lancé il y quelques jours vient d’être déclaré infructueux. Depuis l’arrivée du gouvernement, c’est la sixième fois que le marché des radars fait chou blanc, sans oublier celui qui avait été lancé par Karim Ghellab et qui a été annulé par Aziz Rabbah en 2012. Comme nous l’avions précisé dans notre édition du 31 août 2016, l’une des bizarreries de l’appel d’offres réside dans son allotissement en 13 lots, qui sont tous «à prendre ou à laisser». D’où l’étonnement des opérateurs qui s’interrogent sur le but recherché derrière le fait que le marché soit saucissonné en 13 lots indivisibles, dont un porte sur la maintenance. En principe, l’allotissement d’un appel d’offres a pour objectif soit de réaliser des économies, soit de donner la chance au maximum de PME pour soumissionner. Ce qui n’est pas le cas du marché des radars lancé en août dernier, puisque bien que fractionné, l’éventuel candidat doit soumissionner à l’ensemble des lots.
    L’article 42 du décret sur les marchés publics précise les conditions dans lesquelles un appel d’offres peut être déclaré infructueux: lorsqu’aucune offre n’a été déposée, si aucun concurrent n’a été retenu à l’issue de l’examen des dossiers administratifs et techniques ou de l’offre financière… Mais selon des sources proches du dossier, l’appel d’offres aurait été déclaré infructueux suite à l’intervention du trésorier du ministère de l’Équipement et du Transport en raison de la production de documents scannés au lieu des originaux et d’erreurs dans l’une ou les 26 cautions provisoires. Autant de vices de forme justifiant la décision de la commission de déclarer le marché infructueux.
    L’appel d’offres n’a pas suscité l’engouement des opérateurs, puisque seul le tandem maroco-français Ericsson Maroc-Morpho a déposé une offre. Même Radarlux, filiale de l’allemand Jenoptik, qui avait déjà installé le seul réseau existant au Maroc, n’a pas soumissionné. Les opérateurs sont découragés par le manque de sérieux et de crédibilité, qui se traduit à chaque fois par une annulation. Une attitude qui se comprend puisque répondre à un appel d’offres aussi technique nécessite toujours d’importantes dépenses, sans être sûrs de l’issue du marché.
    Le ministère du Transport a ouvert, mercredi 28 septembre, le dossier technique du soumissionnaire, sans aller plus loin, et a déclaré la consultation infructueuse.
    Un nouvel appel d’offres a été lancé et a été attribué au groupement maroco-allemand Trafitex/Radarlux. Sauf qu’un grain de sable est venu bloquer la machine. L’adjudicataire a proposé de changer de type de câble. Ce qui, aux yeux de la Commission nationale de la commande publique, constitue un motif d’annulation. Sans faire preuve de paranoïa, l’on dirait que le projet d’installation de 500 radars n’est pas pour demain et que le département responsable s’arrange toujours pour que les appels d’offres n’aboutissent pas. En tout cas, les éventuels candidats sont maintenant échaudés et y réfléchiront à deux reprises avant de soumissionner à un nouvel appel d’offres sous le gouvernement actuel. Depuis son arrivée en 2012, le projet d’installation de 1.200 radars est entouré de mystère. Plusieurs appels d’offres sont lancés, mais à chaque fois avec des prescriptions différentes et des motifs d’échec intrinsèques.
    Le marché a déjà été attribué au consortium conduit par l’australien Redflex avant d’être annulé pour «modifications des conditions techniques et financières». S’en est suivi un procès pour «abus de pouvoir». Le dossier est toujours devant la justice.

    Conditions draconiennes

    L’appel d’offres qui vient d’être déclaré infructueux par le ministère du Transport portait sur l’acquisition, l’installation et la maintenance de 500 radars. Un investissement estimé à 210 millions de DH. L’adjudicataire devait installer les radars dans un délai de 11 mois, sous peine d’amendes. Le ministère déclarait vouloir installer à terme 1.200 radars. En plus des conditions draconiennes concernant le marché des radars, un autre obstacle se dresse devant les opérateurs. Il concerne la difficulté de traiter les amendes et les acheminer vers les responsables des infractions. Les opérateurs ayant les capacités d’honorer un tel marché ne courent pas les rues.

     

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