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    Handicap et employabilité
    Qui recrute les marginalisés?

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4864 Le 27/09/2016 | Partager
    Discrimination, non application de la loi, absence de formation...
    Un taux de chômage 6 fois plus élevé, selon le HCP
    Le coût de l’exclusion est estimé à 9 milliards de DH, soit 2% du PIB
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    Sur les 2.000 candidats présents au 1er Forum dédié à l’emploi des personnes à besoins spécifiques, 56% présentaient un handicap moteur, 45% affichaient un niveau d’étude Bac et moins, alors que les Bac+6 et plus ne représentaient que 3%. Logiquement, leurs recherches portaient principalement sur les domaines de l’artisanat, des relations clients, des services généraux, et avec un même taux de 12% pour la gestion, la comptabilité et les finances

    Parler de progrès, c’est surtout constater que la question du handicap est au moins posée. Si les personnes en situation de handicap sont de plus en plus visibles dans les médias, ils n’en demeurent pas moins marginalisés dans notre société. Alors au-delà d’êtres entendus, ils attendent surtout des actions concrètes pour changer leur quotidien. L’emploi et l’intégration sans concession dans la société restent les seuls remparts à une dignité fragilisée. Le conseil du gouvernement a adopté cet été un projet de décret visant l’application du système des quotas dans les administrations, le Maroc ayant ratifié la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées et son protocole facultatif. Des quotas établis à hauteur de 7% dans le secteur public. Ce texte ambitionne également d’améliorer le système juridique qui définit les postes à leur attribuer en priorité. Mais qu’en est-il réellement sur le terrain? Facile. L’accès à l’emploi, à l’auto-emploi et à la formation professionnelle pour les personnes en situation de handicap reste bien compliqué et toujours verrouillé. Les entreprises peinent à se lancer, craignant, d’après la CGEM, d’entraver leurs exigences de rendement et de compétitivité. Dommage. Cette fameuse responsabilité sociale de l’entreprise, quand elle en a vraiment le sens, est un gage d’évolution des mentalités pour toute la société. Dans la réalité, ces personnes sont touchées par un taux de chômage 6 fois plus élevé que celui des

    handicap_et_mobilite_064_064.jpg

    Elles étaient plus d’une vingtaine d’entreprises et d’organismes engagés à avoir pris part à ce 1er forum. Les profils les plus recherchés sont les ingénieurs (24%), les analystes financiers (16 %), les commerciaux (13%) et les informaticiens (11%)

    non-handicapés, estime le HCP. Sachant également que ceux en activité sont nombreux à connaître une instabilité professionnelle. Et puis nous parlons là tout de même, d’après la dernière enquête de 2014 communiquée par le ministère de la famille, d’un taux national de prévalence du handicap qui s’élève à 6,8%. Pour la moitié, il s’agit de femmes et de personnes vivant en milieu urbain. A noter qu’une personne handicapée sur 3 est âgée de 60 ans et plus. Pour celles ayant entre 15 et 59 ans, le taux de prévalence du handicap représente 4,8%. Il reste donc de nombreuses forces vives, qu’il serait bien utile d’intégrer dans l’économie du pays. Lorsqu’en 2010, le projet de loi relative au renforcement des droits des personnes en situation de handicap était annoncé, le coût de l’exclusion des handicapés était estimé à 9 milliards de dirhams, soit 2% du PIB. Un manque à gagner. Arriver à renverser la vapeur en admettant qu’ils sont une ressource plutôt qu’une charge reste donc le grand défi. En ces temps d’élection, le Collectif pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap au Maroc a lancé cet été le projet «Moucharaka». L’objectif étant de mettre au jour l’absence de personnes en situation de handicap dans la politique et leurs difficultés à exercer leur droit de citoyen en allant voter puisque les aménagements nécessaires dans les bureaux de vote manquent cruellement. Du coup, des observateurs seront sur le terrain pour prendre la réelle mesure du phénomène. Des constats déjà dressés pour les dernières élections qui ont montré que 75% des 206 établissements et bureaux de vote observés n’étaient pas accessibles aux handicapés. Sachant que ces bureaux prennent place en majorité dans des écoles, ce sont les élèves handicapés eux-mêmes les premiers pénalisés. Certainement, une des sources du mal.

    La société civile en action

    Comme souvent, c’est la société civile qui prend les choses en main. L’organisation d’un forum dédié à l’emploi des personnes à besoins spécifiques, que l’on doit à l’association Espoir Maroc, sous l’égide du ministère de l’emploi et des affaires sociales et en partenariat avec l’Anapec et l’Entraide Nationale, permet avec sa 1re édition en 2015 de dresser un profil de ceux qui cherchent à travailler. Sur les 2.000 candidats présents, 56% présentaient un handicap moteur. Côté niveau d’étude, les plus représentés (45%) affichaient un niveau Bac et moins, alors que les Bac+6 et plus ne représentaient que 3%. Logiquement, leurs recherches portaient principalement sur les domaines de l’artisanat, des relations clients, des services généraux, et avec un même taux de 12% pour la gestion, la comptabilité et les finances. Plus d’une vingtaine d’entreprises et d’organismes engagés avaient également pris part à ce rendez-vous.

     

     

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