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    Analyse

    Agriculture Marrakech-Safi
    Le goutte-à-goutte pour doper la région

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4860 Le 21/09/2016 | Partager
    32.600 agriculteurs devraient en bénéficier en 2022
    L’irrigation permet de décupler les revenus de 5 jusqu’à 13 fois plus
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    Que ce soit la production de lait ou de viande rouge, la région garde sa courbe croissante. Idem pour les céréales, malgré quelques dernières années de stagnation en termes d’hectares plantés, la production est passée de 90.000 tonnes en 2009 à 190.000 en 2015 (Source: DRA)

    Depuis 2008, année de lancement du plan Maroc Vert, le PIB agricole connaît une croissance annuelle moyenne de 7,7%. Force est de constater que son avancement est bien mené. Du côté des contrats-programmes régionaux, c’est la même dynamique en termes d’investissements publics et privés. Pour autant, il y a les effets néfastes du temps. La campagne agricole 2015-2016 a fortement été touchée par le retard des précipitations (en novembre) qui a engendré un déficit pluviométrique de 63% par rapport à une année normale.
    L’impact de ce déficit se fait particulièrement ressentir sur les cultures en zones bour où les emblavements en céréales représentent 62% (3,2 millions d’hectares semés) du programme retenu au titre de l’actuelle campagne agricole. Mais aussi sur l’approvisionnement du cheptel en eau et en aliments en dépit d’une campagne céréalière record (2014-2015) ayant permis de constituer des stocks importants en aliments de bétail et de stabiliser les prix jusqu’au mois de décembre. Ce déficit pluviométrique n’est pas le seul frein à un développement optimal de l’agriculture dans la région. Les statuts et structures foncières étant complexes en raison de la dominance du collectif (39%) et de la micropropriété, et de circuits de commercialisation non organisés  avec la problématique des intermédiaires. Alors dans ce contexte, quel bilan dresser en cette rentrée pour les produits phares locaux sur les 285.000 exploitations agricoles que compte la région? Les dernières données 2016, communiquées par la Direction régionale de l’agriculture, listent à 206.000 hectares de plantations d’oliviers, représentant 20% de la superficie nationale. Même taux pour l’arganier et ses 140.300 ha de superficie. La région cumule

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    Entre 2009 et 2015, les superficies plantées ont été étendues avec des objectifs précis pour 2020. Le bilan de cette rentrée permet de constater que ces objectifs sont réalisés à 61% pour les oliviers, à 85% pour les agrumes et à 52% pour le cactus

    également 34% de la superficie nationale de noyer, 45% pour le câprier, et près de 40% pour le cactus. Du côté des agrumes, ce sont pas moins de 16.500 hectares plantés, 8% de la production en œufs de consommation et 407 millions de litres de lait, dont 209 millions de litres usinés. La filière apicole n’est pas en reste, portée par l’importance et la diversité des ressources mellifères principalement les vergers d’agrumes, de rosacées et des plantes naturelles de montagne. Avec une structure organisationnelle des apiculteurs bien développée, un portefeuille important de projets type pilier 2 et INDH, la prédominance du secteur moderne qui représente 66% et un marché régional demandeur de produits de la ruche, les potentialités sont là. Mêmes belles perspectives pour la viande rouge dans cette région qui abrite un important effectif du cheptel bovin, ovin et caprin, soit 3.326.000 têtes et un berceau de race ovine Sardi.
    Pour porter ces atouts et atténuer les contraintes, un grand programme de reconversion en goutte-à-goutte a été lancé. Découpée en 5 tranches successives, il s’agira à terme de porter la superficie totale de reconversion collective à 57.500 ha. A fin avril 2016, la première tranche de cette reconversion financièrement supportée par la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement, est réalisée à 75% au bénéfice de 5.400 agriculteurs. Quatre autres tranches sont prévues, l’une déjà amorcée, les autres en cours d’étude de faisabilité. Au total, ce sont 32.600 agriculteurs de la région qui devraient bénéficier en 2022 de cette reconversion en goutte-à-goutte. De quoi pallier le déficit important de pluie, qui impacte l’ensemble des secteurs agricoles. La stratégie d’économie d’eau s’impose toujours plus comme incontournable. Considérée comme le principal facteur limitant l’amélioration de la productivité agricole, la contrainte hydrique doit donc être atténuée. C’est ainsi que l’objectif fixé est d’équiper en irrigation localisée près de 50% de la superficie totale aménagée au niveau national. Aujourd’hui, elle n’occupe que 15% des superficies cultivées mais contribue pourtant en moyenne à 45% de la valeur ajoutée agricole et intervient pour 75% des exportations agricoles. En effet, l’avènement de l’irrigation a permis de multiplier par 5 à 13 fois, selon les périmètres, les revenus des agriculteurs.

     

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