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    Evénement

    Délais de paiement
    Un nouveau warning de Coface

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4860 Le 21/09/2016 | Partager
    Le secteur public toujours aussi indiscipliné
    Le BTP très mauvais élève, les services aux entreprises s’améliorent
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    En 2015, plus de 30% des répondants ont affirmé que le temps entre l’émission de la facture et l’encaissement se situait entre 30 et 60 jours. Cette part a décru à 24% des répondants en 2016. Les entreprises ayant déclaré des délais de paiements supérieurs à 90 jours sont en augmentation. Alors que les délais de paiement auraient tendance à se dégrader, une amélioration du nombre de jours de retards sur l’échantillon avec un accroissement de la part des retards inférieurs à 30 jours a été constatée.

    Les délais de paiement continuent d’asphyxier le tissu économique marocain. Les entreprises pour lesquelles ces délais se dégradent le plus sont celles dont le client est dans le secteur public. C’est ce qui ressort de l’enquête 2016 de Coface sur le comportement de paiement des entreprises au Maroc(1) publiée mardi 20 septembre. Les entreprises privées font preuve de résilience puisque pour 48% d’entre elles, les délais de paiement sont constants. Néanmoins, celles qui relèvent une amélioration du comportement de paiement sont en nette diminution y compris les fournisseurs étrangers des entreprises marocaines.
    Sans surprise, c’est dans le secteur du BTP où la situation est la plus dégradée. Les secteurs de la distribution et du BTP se caractérisent par des délais de paiement excédant 90 jours (plus de 57% pour le négoce et la distribution et 55% pour la construction et les BTP). D’autres secteurs tels que le service aux entreprises et l’agroalimentaire présentent des délais de paiement inférieurs à 90 jours voire à 60 jours pour l’agroalimentaire. Cette dégradation des délais de paiement affecte la trésorerie des entreprises. Sur les sociétés du BTP ayant répondu à l’enquête, 30% ont observé une dégradation de leur trésorerie et 50% affirment qu’elle reste stable. Les perspectives des entreprises du BTP restent néanmoins positives et la dégradation des délais de paiement ne semble pas avoir un effet sur l’évolution future de l’activité et des effectifs. Elles sont 30% à anticiper une hausse de leurs ventes futures et 42% une stabilisation de leurs ventes.
    De même, alors que 26% des entreprises affirment avoir observé une réduction de leurs effectifs sur les six derniers mois, 53% d’entre elles envisagent un maintien et 23% une augmentation sur les six prochains mois. Ces observations se reflètent dans l’évolution du secteur telle que relevée par le HCP.
    L’autre secteur ébranlé est celui du commerce et distribution. Cette branche a également observé une dégradation des délais de paiement avec une hausse de plus de 23% des entreprises déclarant plus de 120 jours de délai moyen. 60% des entreprises du secteur affirment subir des retards inférieurs à 60 jours en 2016. Dans l’ensemble, la santé du secteur se détériore: «43% des entreprises ont certes enregistré une augmentation de leurs ventes au cours des six derniers mois, mais 33% affirment constater une baisse de leurs ventes en 2016, contre 20% en 2015». La situation devrait perdurer puisque 57% projettent une stagnation de leurs ventes. De même 62% des entreprises du secteur envisagent de ne pas accroître leurs effectifs et 54% ne comptent pas investir. Les constatations de Coface rejoignent les conclusions de l’enquête sur le secteur tertiaire publié par le HCP où le commerce de gros aurait observé une baisse des ventes selon 35% des chefs d’entreprises interrogés au premier trimestre 2016 (contre une hausse pour 25% d’entre eux).

    Entreprises exportatrices: L’exception qui confirme la règle

    Les entreprises exportatrices subissent des délais de paiement moins longs que les entreprises domestiques, la moyenne se situant entre 30 et 60 jours. Enfin, les destinations pour lesquelles les entreprises observent le plus de retards de paiement sont l’Afrique subsaharienne (21%) et le Moyen-Orient (19%). Ces destinations représentent les nouveaux partenaires commerciaux du Maroc dont la part dans les exportations marocaines a tendance à croître significativement au détriment des destinations traditionnelles comme l’Europe. Les entreprises exportatrices sont plus optimistes sur leurs débouchés par rapport aux entreprises domestiques. Parmi ces dernières, 58% s’attendent à une augmentation de leurs ventes et 36% à une stagnation des ventes futures. 62% d’entre elles ne comptent cependant pas investir parce que le besoin n’est pas présent ou en raison d’un problème de financement.

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    (1) En 2016 Coface a interrogé 208 entreprises marocaines sur leur comportement de paiement et sur l’évolution de la conjoncture. Il en ressort que les entreprises marocaines ressent est un ralentissement de l’économie.

     

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