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    Education For All
    Donnons leur chance aux filles aussi

    Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4859 Le 20/09/2016 | Partager
    5 foyers accueillent aujourd’hui 170 filles dans trois zones
    Le suivi rigoureux de la scolarité renforce la confiance des parents et des donateurs
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    Des étudiants volontaires venant de l’étranger ainsi que de l’Université Al Akhawayn, pour donner un coup de main dans le soutien scolaire (Ph. Education for all)

    «Je fais une heure de marche pour aller à l’école du village, et une heure pour rentrer chez moi. Certains de mes camarades qui habitent plus haut dans la montagne font une heure et demie pour arriver à l’école», confie une écolière de 7 ans, croisée sur le chemin, dans le petit village d’Imlil. Ceci est le quotidien de la majorité des enfants qui fréquentent la seule école de toute la vallée d’Imlil, à une soixantaine de kilomètres de Marrakech. Nul besoin de faire le calcul du nombre d’heures de marche que passent les filles pour aller à l’école. Poursuivre les études et rejoindre le seul collège, se trouvant à 10 kilomètres à Asni, est pour ces filles une chose inconcevable. C’est pour cette raison que la déscolarisation des filles dans le haut atlas est monnaie courante. Si on ajoute à cela la pauvreté des familles incapables de payer les frais d’hébergement à l’internat, et qui sont parfois amenées à faire le choix entre envoyer le garçon ou la fille. Cette inégalité des chances a trouvé écho chez Mike McHugo, co-fondateur de l’auberge Kasbah de Toubkal dans la vallée d’Imlil, ainsi que plusieurs de ses amis. Suite à une rencontre avec John Woods, de l’association Room To Read, qui construit des bibliothèques pour les enfants dans les zones éloignées, un projet a pris forme en choisissant l’éducation comme objectif. Mike McHugo, en compagnie de Maryk Stroosnijder et Cees van den Berg, connaissent bien la vallée et la difficulté des fillettes à continuer leurs études loin de leurs foyers. De là est venue l’idée de faire un internat pour filles. C’est ainsi que l’ONG Education For All (EFA) fut créée. Elle est l’aboutissement d’une réflexion, dont le but final est de donner aussi leur chance aux filles de continuer leur scolarité. En 2006 a débuté la recherche des fonds pour le premier foyer pour filles qui allaient rejoindre le collège à Asni. En septembre 2007, la chance allait sourire à 12 filles des villages d’Imlil. Un travail de longue haleine et un suivi continu pour s’assurer de la pérennité et de l’efficacité du projet étaient nécessaires. Mais le plus grand défi était de convaincre les familles d’envoyer leurs filles dans un foyer. Omar Aït Bahmad, plus connu sous le nom de Haj Maurice, a fait partie de ce projet depuis le début à travers l’Association Bassins d’Imlil. Il en sait quelque chose. «Conscient de l’importance d’avoir la confiance des familles des villages de la vallée d’Imlil, j’ai dû au début faire le porte-à-porte pour convaincre les familles de laisser leurs filles rejoindre le foyer», explique Haj Maurice. En effet, dans les villages éloignés du Haut Atlas, les filles n’ont pas les mêmes chances que leurs congénères garçons de continuer leur scolarité. Même avec l’existence de Dar Taliba à Asni, beaucoup de familles sont trop pauvres pour payer les frais d’hébergement. Les parents n’envisagent même pas d’y envoyer leurs filles. «L’approche que nous devions adopter pour motiver les parents de ces filles était prudente et devait prendre en considération tous les paramètres culturels et économiques», explique Maryk Stroosnijder, membre de Education For All. Après la première expérience de Dar Asni, la communauté était satisfaite et la confiance commençait à être établie. EFA a continué le projet en mettant en place un deuxième foyer au centre de Talaat-n-Yacoub, appellée Dar Tinmel, à 50 km de Asni. S’en est suivi le foyer d’Ouirgane. Ce dernier a pu voir le jour grâce surtout au don d’une personne qui a vu le travail fait et l’impact sur la communauté. Néanmoins, le passage des collégiennes au lycée n’était pas prévu au départ du projet. Lorsque le lycée a ouvert ses portes à Asni, il a fallu envisager un autre foyer pour accueillir les nouvelles venues, sans perdre les anciennes. «Le financement de la construction, de l’aménagement et des frais de fonctionnement de chaque foyer, dont le paiement du personnel, provient uniquement de donations. Ce qui limite les opportunités de développer le projet», ajoute Maryk.
    A la question de qu’est ce que tu voudrais devenir quand tu seras grande, la petite écolière de Imlil répondit «maîtresse d’école». Un modeste rêve certes, mais qui représente beaucoup pour une famille, et parfois pour tout un village dans les hautes montagnes de l’Atlas. Ce projet communautaire a permis aux premières filles accueillies au foyer Dar Asni de poursuivre aujourd’hui leurs études à l’Université de Marrakech, avec le soutien de l’association Bassins d’Imlil. Les cinq foyers Education For All continuent leur travail et permettent à 170 filles de continuer leur scolarité, avec l’ambition d’atteindre le plus de filles possible.

    Le foyer, presque une seconde famille

    L’esprit du foyer d’accueil de Education For All est de donner aux filles plus qu’un dortoir, une famille. Chaque foyer est chapeauté par une responsable de maison, qui gère les emplois du temps et le déroulement de la vie au sein du foyer. Lors de la constitution du premier foyer à Asni, c’est Latifa Aliza, l’une des deux seules filles éduquées de son village, qui a été choisie. «Latifa a joué un rôle important dans la réussite de Dar Asni, et par la suite pour les autres foyers», note Maryk Stroosnijder. Le nombre réduit des filles permet un meilleur confort et une meilleure gestion au quotidien. Ce qui n’est pas le cas dans les internats classiques. Les filles qui sont au niveau du lycée sont logées à part pour respecter une même tranche d’âge et les niveaux scolaires. Des étudiants volontaires viennent aussi de l’étranger mais aussi de l’Université Al Akhawayn, pour donner un coup de main, notamment pour le soutien scolaire.

     

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