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    Economie

    Agences urbaines: Benkirane désavoue son ministre de l’Urbanisme

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4854 Le 09/09/2016 | Partager
    Il suspend les appels à candidatures aux postes de directeur
    Les intérimaires nommés par Driss Merroune restent en fonction
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    Dans un contexte électoral, Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, a préféré suspendre sine die les appels à candidatures lancés par le ministère de l’Urbanisme (Ph. Bziouat)

    La polémique au sujet de la nomination controversée d’intérimaires à la tête de cinq agences urbaines, dont trois sont toujours en poste, n’est pas retombée. Après la publication d’un article dans L’Economiste du 30 août, les appels à candidatures lancés par le ministère de l’Urbanisme pour le recrutement de cinq nouveaux directeurs et d’un inspecteur général ont été reportés sine dine (www.emploi-public.ma). Le chef du gouvernement ayant ordonné la suspension de toute nomination aux hautes fonctions sauf pour des cas «sensibles», sans préciser lesquels. Ce qui constitue un désaveu pour le ministre qui voulait absolument placer quelques responsables avant de quitter ses fonctions.
    Cependant, toute la procédure est loin de respecter les dispositions de la loi. En effet, avant de lancer un appel à candidature, il faut d’abord que le poste à pourvoir soit déclaré vacant suite à la révocation d’un responsable ou son absence. Or, dans le cas de trois agences urbaines (Agadir, Safi et Essaouira) les directeurs titulaires sont toujours en poste et conservent par conséquent tous leurs pouvoirs légaux, notamment celui de signature et donc d’engager ces établissements auprès des tiers. La volonté du ministre de recruter de nouveaux directeurs, dans le cadre d’un vaste mouvement de mutations et de nominations amorcé en février dernier, s’est accompagnée par la désignation d’intérimaires dans cinq agences urbaines.
    Or, sur la forme, l’avis de nomination avait pris quelques libertés avec la loi. Le dahir instituant les agences urbaines, dans son article 3, dispose que le conseil d’administration de ces établissements publics est présidé par le chef du gouvernement ou par le ministre de tutelle, mais à condition qu’il soit délégué à cet effet. Par conséquent, la nomination des intérimaires sans l’aval du chef du gouvernement n’est pas conforme à la loi. Les appels à candidatures ont été reportés, mais le personnel des agences se demande pourquoi la nomination des intérimaires n’a pas été annulée. Cette procédure constitue également une entorse à la loi puisque seuls deux postes de directeurs sur cinq sont vacants. Du coup, depuis le 22 août, elles se retrouvent avec une direction bicéphale. Une situation inédite dans l’histoire des hautes fonctions (Voir ci-dessous les explications du ministre). Dans la vie quotidienne, depuis l’arrivée des intérimaires, les fonctionnaires sont devant une situation surréaliste. Intérimaires et directeurs se disputent le courrier. L’on ne sait plus qui doit utiliser la voiture de fonction, qui reste un avantage nominatif dans le cas d’espèce. Aussi, l’on ne sait pas si l’intérimaire est couvert en cas d’accident grave. Dans le cas d’Essaouira, Tarek Marzak, qui a été nommé intérimaire d’un directeur toujours en poste, provient de l’agence de Settat. Or, c’est une infraction à la loi sur les hautes fonctions qui précise bien qu’un haut fonctionnaire ne peut pas provenir de l’extérieur de l’administration concernée. Dans le cas de ce haut responsable, il faut noter une bizarrerie: il a été révoqué il y a à peine trois mois lorsqu’il occupait les fonctions à Khouribga suite «aux nombreux dysfonctionnements relevés par une commission d’inspection». Comment se fait-il qu’il se retrouve maintenant dans les bonnes grâces du ministre?

    Deux signatures: Qui est responsable?

    L’intérimaire controversé nommé à la tête de l’agence urbaine d’Essaouira a déjà participé à deux commissions provinciales dédiées aux petits projets. Elle sera suivie par une autre consacrée cette fois-ci aux grands projets. Pour sa part, la commission de dérogations et d’investissement de la région de Safi a été reportée. Ce qui risque de bloquer  longtemps les projets. La question qui reste posée de manière générale concerne la responsabilité des deux fonctionnaires à la tête d’une agence urbaine, surtout dans certains projets refusés ou non réglementaires? Un intérimaire pouvant valider un projet recalé par le directeur.
    Sur un autre plan, le ministre de tutelle voulait recruter un directeur pour l’agence d’Ouarzazate. Pourtant, ce poste, qui n’est pas vacant, n’a pas été concerné par la nomination d’un intérimaire. D’où l’incompréhension du personnel.

     

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