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Politique

Maroc-Suède: Les femmes, cause commune

Par Amine ATER | Edition N°:4853 Le 08/09/2016 | Partager
Une conférence organisée à Rabat renforce les convergences
La présence des femmes dans les négociations bénéfique pour les accords de paix
Le Maroc va créer un think-tank régional
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En marge de la conférence «Femmes, Paix, Sécurité et Développement», la ministre déléguée des Affaires étrangères de Suède, Margot Wallstrom et son homologue Salaheddine Mezouar ont tenu une réunion restreinte qui augure du réchauffement des relations entre les deux pays (Ph. Bziouat)

La brouille entre le Maroc et la Suède semble bel et bien dépassée. En témoigne, la récente visite de Margot Wallstrom, ministre déléguée des Affaires étrangères de Suède, reçue par Salaheddine Mezouar et Mbarka Bouaida en marge de la Conférence internationale «Femmes, Paix, Sécurité et Développement». Un événement co-organisé par le ministère des Affaires étrangères et l’ONU Femmes. La ministre déléguée des Affaires étrangères a profité de l’événement pour annoncer la création d’un think-tank régional sur le rôle de la femme en matière de sécurité et de développement.
Un espace de réflexion en conformité avec les priorités du Conseil de sécurité de l’ONU en matière de promotion de l’autonomisation des femmes et l’égalité des genres dans l’instauration de la paix et de la sécurité internationale. Durant les 15 dernières années, le Conseil a adopté 7 résolutions portant sur la thématique «Femmes, paix et sécurité» (FPS). Un chantier qui vise à assurer une représentation équitable des femmes et des hommes dans le processus de paix et à améliorer la protection physique et juridique des femmes et des filles. «Actuellement, les femmes n’occupent que 3% des postes d’autorités à travers le monde. Il est donc nécessaire de changer les paradigmes pour influer sur les faits et donner plus de pouvoir à la femme, de manière à bousculer l’ordre établi», précise Mbarka Bouaida, ministre déléguée aux Affaires étrangères. Pour l’ONU, l’implication de la femme dans la consolidation de la paix est non seulement un droit, en particulier en raison de l’impact «disproportionné» des conflits sur leurs vies, mais également pour leur rôle dans l’augmentation des chances de résolution des conflits. Un jugement étayé par les résultats d’une étude d’ONU Femmes (2015) qui indiquent que 35% des accords négociés par les femmes durent 15 ans. Ce qui signifie que la présence des femmes dans les négociations de paix favorise la durabilité des accords de paix.  «Si la gent féminine est partie prenante, il y aura plus d’outils à déployer pour maintenir la stabilité», explique Margot Wallstrom, ministre déléguée des Affaires étrangères de Suède. Il n’empêche que 15 ans après l’adoption de la 1re résolution en la matière, le bilan de son application est loin d’être satisfaisant. En effet, les accords de paix contenant une référence à l’égalité des genres ou aux besoins des femmes ont représenté seulement 27% entre 2000 et 2015.  Par ailleurs, la participation des femmes entre 1992 et 2011, aux processus de négociations reste vraiment dérisoire. Preuve en est, seulement 9% des négociateurs étaient des femmes. Selon l’OCDE, les besoins des femmes et l’égalité des sexes ne sont toujours pas traités comme des priorités lors du relèvement post-conflit. A l’heure actuelle, seuls 2% des fonds étrangers investis pour le relèvement économique des pays après un conflit sont destinés à la promotion de l’égalité entre les sexes, l’autonomisation des femmes ou la satisfaction de leurs besoins spécifiques. «Le monde est marqué par une multitude de crises. Donner aux femmes les moyens d’intervenir en cas de conflit leur permettrait de réduire les exactions commises à leur égard», soutient Inès Bertille Nefer Ingani, ministre de la Promotion de la femme de la République du Congo.  Dans ce contexte, le Maroc et l’Espagne ont lancé conjointement en 2012, une initiative portant sur la «promotion de la médiation en Méditerranée». Un projet qui s’articule autour de 3 thèmes de réflexion, à savoir le rôle de la femme dans les processus de médiation et de prévention de conflits, la radicalisation et la dé-radicalisation des femmes  ou encore les leçons apprises et les bonnes pratiques en matière de prévention et de réponse à la violence sexuelle dans les conflits. «Nous devons reconnaître qu’il y a aussi dans le domaine de la sécurité, le problème de la violence sexuelle», rappelle Wallstrom. La recrudescence de ce genre de pratiques s’explique par l’évolution enregistrée dans les zones de guerre depuis la fin des années 1990. En clair, les parties prenantes des conflits ont connu une sorte de désintégration. Les «professionnels de la guerre» (miliciens, guérilleros…) avec des objectifs et des idéologies préétablies avec lesquels les médiateurs de l’ONU avaient l’habitude de traiter ont disparu. Aujourd’hui, il existe une prolifération d’acteurs qui sont engagés sur les terrains de guerres pour des raisons de subsistance et s’enrichissant grâce au racket aux check-points, aux impôts aux frontières ou encore aux taxes imposées aux civils résidant dans les zones qu’ils contrôlent. Une situation qui engendre l’explosion des crimes sexuels. 

   

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